Baromètre 2025 des agricultures africaines : La chaîne de valeur laitière

Publié le 19 octobre 2025
par Fondation FARM
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La Fondation FARM, en partenariat avec Afdi (Agriculteurs français et développement international) et l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO), publie le premier Baromètre des agricultures africaines consacré à la chaîne de valeur laitière.

Cet outil stratégique d’analyse, de dialogue et d’aide à la décision propose une lecture documentée des dynamiques de production, de consommation, de commerce, d’investissement et de politiques publiques sur le continent.


🧭 Pourquoi avoir créé ce Baromètre ?

Les crises sanitaires, géopolitiques et climatiques de ces dernières années ont mis en lumière la vulnérabilité des systèmes alimentaires mondiaux et ravivé les débats autour de la souveraineté alimentaire.

Face à ce constat, les organisations représentatives des producteurs africains ont exprimé un besoin critique :

  • accéder à des données fiables, actualisées et comparables,
  • pour orienter leur stratégie et peser sur les politiques agricoles locales.

Conçu avec et pour elles, le Baromètre des agricultures africaines a vocation à couvrir plusieurs filières du continent. Il répond aux Objectifs de développement durable (ODD 1, 2, 8, 9, 12 et 13), en cohérence avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Point de départ de cette série, la première édition est consacrée à la chaîne de valeur laitière en Afrique.

Pour prolonger ces travaux, les partenaires préparent une plateforme en ligne dédiée au Baromètre.


🎯 Concrètement, à quoi sert le Baromètre ?

Il s’appuie sur des données robustes et des analyses croisées pour éclairer les choix de trois publics :

  1. Les organisations paysannes y puisent des preuves solides et des données comparables pour nourrir leur plaidoyer.
  2. Les institutions et décideurs publics y trouvent une base factuelle pour calibrer les politiques publiques (subventions, régulation, investissements).
  3. Les acteurs économiques s’appuient sur sa cartographie des dépendances et des opportunités pour s’orienter vers des co-investissements durables, construits avec les acteurs locaux.

Partenaires techniques et financiers, chercheurs et médias y trouvent également des données de référence sur les agricultures africaines.


Le lait, produit essentiel à la nutrition et à la vitalité des territoires, met en évidence trois enjeux :

  • dépendance aux importations ;
  • potentiel de production locale ;
  • et aspirations à une autonomie agroalimentaire.

Cette première édition se veut aussi un appel à l’engagement : faire du lait un levier de souveraineté, de justice sociale et de prospérité pour le continent africain.

L’analyse de la filière laitière révèle un potentiel considérable, encore insuffisamment exploité, ainsi que de fortes disparités continentales :

À l’échelle mondiale, l’Afrique abrite 20 % du cheptel bovin, mais ne produit que 5 % du lait mondial. Bien que la production soit en hausse de 17 % en dix ans, la disponibilité moyenne (45,6 kg/hab/an) reste inférieure aux recommandations de l’OMS (70 à 90 kg/an). L’autosuffisance globale du continent se dégrade légèrement, passant de 82 % en 2012 à 80 % en 2022.

À l’échelle mondiale, l’Afrique abrite 20 % du cheptel bovin, mais ne produit que 5 % du lait mondial. Bien que la production soit en hausse de 17 % en dix ans, la disponibilité moyenne (45,6 kg/hab/an) reste inférieure aux recommandations de l’OMS (70 à 90 kg/an). L’autosuffisance globale du continent se dégrade légèrement, passant de 82 % en 2012 à 80 % en 2022.

Le continent présente un déficit commercial laitière de 6,4 milliards de dollars en 2023. Les importations de poudres ré-engraissées aux matières grasses végétales (MGV) ont progressé de 41,2 % depuis 2013. Deux tiers de ces produits bas de gamme sont destinés à l’Afrique de l’Ouest, où ils sont généralement vendus 50 % moins cher que le lait local, concurrençant directement les producteurs familiaux.

Le dépassement des obstacles (accès au foncier, financement, changement climatique) est indispensable pour assurer la relève agricole et renforcer l’autonomie des femmes, qui occupent une position centrale dans la transformation traditionnelle. Sans capacité de représentation collective et de structuration des organisations paysannes, aucune stratégie de filière ne peut être efficace.

La souveraineté laitière exige des politiques publiques cohérentes et durables. Des dynamiques régionales encourageantes existent : l’Afrique de l’Est affiche un taux d’autosuffisance de 99,5 %. Des pays comme l’Ouganda (devenu exportateur via une planification axée sur l’agro-industrialisation) ou le Kenya (2e producteur africain protégeant son marché local) tracent la voie d’un partenariat public-privé réussi.


📊 Chiffres clés à retenir sur les filières laitières en Afrique

  • 7,5 milliards $ : valeur totale des importations africaines de produits laitiers en 2023.
  • 67 % : la part de la production laitière africaine concentrée dans seulement 8 pays (Égypte, Kenya, Éthiopie, Soudan, Tanzanie, Afrique du Sud, Soudan du Sud, Algérie).
  • 57 % : la part des importations d’équipements de laiterie captée par le top 5 des pays acheteurs (Algérie, Angola, Kenya, Égypte, Afrique du Sud).
  • 2,6 millions : le nombre d’animaux d’élevage morts au Kenya lors de la sécheresse 2020-2023, illustrant la vulnérabilité face au réchauffement climatique.

🎬 Témoignages et regards croisés

« Le manque de données fiables et consolidées est un handicap pour orienter nos activités et peser sur les politiques agricoles locales (…) nous y remédions en partie aujourd’hui avec ce premier baromètre. »

— Ibrahima Coulibaly, agriculteur et ancien Président de la PAFO.

« Les jeunes rencontrent beaucoup de difficultés pour s’y engager : l’accès au foncier, les facteurs de production et le financement de l’agriculture. Ces obstacles freinent la relève agricole. Leur dépassement est indispensable pour bâtir une filière laitière autonome et renforcer l’autonomie des femmes. »

— Modeste Dayato, exploitant agricole au Bénin.


🎤 Invitez les partenaires du Baromètre à intervenir dans vos événements !

Les partenaires du Baromètre se déplacent pour présenter et discuter de ses enseignements lors de vos conférences, tables rondes, webinaires ou rencontres institutionnelles, en français comme en anglais.


(autosuffisance, importations, demande croissante, transformation locale)

(un des constats centraux du Baromètre)

(Population growth, urbanisation and the future of dairy production)

(Investment, value addition and dairy sector development)


Partagez également le rapport, disponible en français et en anglais, au sein de vos réseaux pour nourrir les échanges sur l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation en Afrique.


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