{"id":3836,"date":"2019-06-14T12:15:00","date_gmt":"2019-06-14T10:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=3836"},"modified":"2023-01-05T14:58:58","modified_gmt":"2023-01-05T13:58:58","slug":"le-libre-echange-est-il-compatible-avec-la-securite-alimentaire-mondiale-quelques-lecons-de-la-crise-de-2008","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/le-libre-echange-est-il-compatible-avec-la-securite-alimentaire-mondiale-quelques-lecons-de-la-crise-de-2008\/","title":{"rendered":"Is Free Trade Compatible with Global Food Security? Some Lessons from the 2008 Crisis"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Pour l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des \u00e9conomistes, la question ne se pose pas. Le libre-\u00e9change est cens\u00e9 g\u00e9n\u00e9rer la prosp\u00e9rit\u00e9 maximale parce qu\u2019il est suppos\u00e9 allouer de mani\u00e8re optimale les ressources rares de la plan\u00e8te : localiser la production l\u00e0 o\u00f9 les co\u00fbts sont les plus bas et stabiliser l\u2019offre en permettant des compensations entre les exc\u00e9dents et d\u00e9ficits des pays.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3845\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierre-bamin-LdilhDx3sk-unsplash.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"533\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierre-bamin-LdilhDx3sk-unsplash.jpg 1920w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierre-bamin-LdilhDx3sk-unsplash-300x200.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierre-bamin-LdilhDx3sk-unsplash-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierre-bamin-LdilhDx3sk-unsplash-768x512.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierre-bamin-LdilhDx3sk-unsplash-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pierre-bamin-LdilhDx3sk-unsplash-1500x1000.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p>Ce jugement semble \u00eatre confirm\u00e9 par la crise qui s\u2019est produite en 2008 sur les march\u00e9s internationaux : les prix des c\u00e9r\u00e9ales et des huiles v\u00e9g\u00e9tales ont plus que doubl\u00e9, provoquant des \u00e9meutes urbaines dans une quarantaine de pays en d\u00e9veloppement. Or, cette crise est au moins en partie li\u00e9e \u00e0 des politiques ayant perturb\u00e9 les \u00e9changes internationaux.<\/p>\n<p><strong>En 2008, des entorses au libre-\u00e9change ont exacerb\u00e9 la crise<\/strong><\/p>\n<p>D\u2019une part, les politiques de restriction des exportations. Devant l\u2019augmentation des prix internationaux des c\u00e9r\u00e9ales, certains pays exportateurs ont choisi de freiner ou bloquer leurs exportations afin de maintenir les prix \u00e0 un niveau raisonnable sur leur march\u00e9 int\u00e9rieur. En r\u00e9duisant l\u2019offre, ces mesures ont contribu\u00e9 \u00e0 exacerber la hausse des prix sur les march\u00e9s internationaux. Ce qui a incit\u00e9 d\u2019autres pays \u00e0 bloquer \u00e0 leur tour leurs exportations. On a ainsi assist\u00e9 \u00e0 une v\u00e9ritable \u00ab bulle \u00bb de prohibitions d\u2019exporter sur les march\u00e9s du riz (cf. fig. 1) et du bl\u00e9. Apr\u00e8s la crise, de nombreux experts et organisations internationales ont point\u00e9 la responsabilit\u00e9 des mesures de restriction des exportations dans la crise de 2008. Et ont logiquement propos\u00e9 de renforcer les disciplines de l\u2019OMC sur ce type de mesure (les disciplines actuelles \u00e9tant extr\u00eamement faibles).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3837\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F1_Crise-de-2008-sur-le-marche-international-du-riz.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F1_Crise-de-2008-sur-le-marche-international-du-riz.jpg 981w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F1_Crise-de-2008-sur-le-marche-international-du-riz-300x225.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F1_Crise-de-2008-sur-le-marche-international-du-riz-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, les politiques publiques de soutien aux biocarburants. Ces politiques ont \u00e9t\u00e9 point\u00e9es du doigt, notamment la politique des Etats-Unis qui s\u2019est traduite par le fait que des quantit\u00e9s colossales de ma\u00efs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9es vers la fili\u00e8re bio\u00e9thanol, contribuant ainsi de mani\u00e8re tr\u00e8s significative \u00e0 la r\u00e9duction des exportations am\u00e9ricaines et \u00e0 l\u2019augmentation des prix internationaux. La communaut\u00e9 internationale s\u2019est \u00e9mue qu\u2019on \u00ab\u00a0nourrisse\u00a0\u00bb des voitures au d\u00e9triment d\u2019\u00eatres humains. Le soutien aux biocarburants prend des formes multiples : mandats d\u2019incorporation (fixant un pourcentage minimum de biocarburants dans l\u2019essence vendue \u00e0 la pompe) mais aussi incitations fiscales, pr\u00eats et subventions. Les mandats d\u2019incorporation rigidifient la demande : m\u00eame en cas de forte hausse du prix du ma\u00efs, des quantit\u00e9s importantes de ma\u00efs doivent \u00eatre utilis\u00e9es pour produire des biocarburants. Par ailleurs, il arrive que, compte tenu des soutiens dont elle b\u00e9n\u00e9ficie, l\u2019utilisation du ma\u00efs pour fabriquer de l\u2019\u00e9thanol soit une activit\u00e9 rentable aux Etats-Unis. Toute augmentation des prix de l\u2019\u00e9nergie induit alors automatiquement une augmentation de la quantit\u00e9 de ma\u00efs utilis\u00e9 par la fili\u00e8re bio\u00e9thanol, ce qui tire le prix du ma\u00efs vers le haut, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il atteigne le seuil au-del\u00e0 duquel son utilisation pour fabriquer de l\u2019\u00e9thanol n\u2019est plus rentable (cf. fig. 2). La solution semble donc \u00eatre de supprimer les soutiens \u00e0 la fili\u00e8re biocarburant, afin de couper le lien entre prix de l\u2019\u00e9nergie et prix du ma\u00efs.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3842\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F2_Prix-international-du-mais-pilote-par-les-prix-de-lenergie.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"583\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F2_Prix-international-du-mais-pilote-par-les-prix-de-lenergie.jpg 984w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F2_Prix-international-du-mais-pilote-par-les-prix-de-lenergie-300x219.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/BLOG_F2_Prix-international-du-mais-pilote-par-les-prix-de-lenergie-768x560.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p>Deux politiques donc, les mesures de restriction des exportations et la subvention de la fili\u00e8re ma\u00efs-bio\u00e9thanol aux Etats-Unis. Deux politiques qui, l\u2019une et l\u2019autre, ont fortement contribu\u00e9 \u00e0 la crise de 2008 sur les march\u00e9s internationaux. Le dysfonctionnement tr\u00e8s marqu\u00e9 des march\u00e9s observ\u00e9 en 2008 semble donc s\u2019expliquer par des politiques inappropri\u00e9es. Interdire ces politiques devrait donc supprimer les distorsions aux \u00e9changes et restaurer l\u2019efficience des march\u00e9s.<\/p>\n<p>Sauf que la r\u00e9alit\u00e9 semble un peu plus complexe\u2026<\/p>\n<p><strong>Pour autant le libre-\u00e9change ne peut pas \u00eatre la solution<\/strong><\/p>\n<p>Prenons le cas des mesures de restriction des exportations. A n\u2019en pas douter, ces mesures ont contribu\u00e9 \u00e0 exacerber la crise sur les march\u00e9s internationaux. Mais, dans le m\u00eame temps, elles ont permis aux pays qui les ont mises en \u0153uvre de se prot\u00e9ger de l\u2019augmentation des prix internationaux : par exemple, l&rsquo;interdiction d&rsquo;exporter du riz non basmati, instaur\u00e9e en Inde pendant la crise de 2008, a permis de maintenir la stabilit\u00e9 du prix du bl\u00e9 sur le march\u00e9 int\u00e9rieur indien, malgr\u00e9 la forte hausse du prix international du bl\u00e9. Ce n&rsquo;est pas n\u00e9gligeable puisque 25 % des personnes sous-aliment\u00e9es dans le monde vivent en Inde. A l\u2019\u00e9chelle globale, l\u2019effet des mesures de restriction des exportations sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire est donc ambigu.<\/p>\n<p>Des experts ont simul\u00e9 ce qu\u2019aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019impact de la crise de 2008 sur la pauvret\u00e9 mondiale si aucun pays n\u2019avait restreint ses exportations ou stimul\u00e9 ses importations<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Ils ont trouv\u00e9 que l\u2019impact sur la pauvret\u00e9 n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 significativement diff\u00e9rent de ce qu\u2019il a effectivement \u00e9t\u00e9 en 2008. R\u00e9sultat \u00e9tonnant, sid\u00e9rant m\u00eame : le statu quo dans les politiques commerciales aurait g\u00e9n\u00e9r\u00e9 autant de pauvret\u00e9 que la bulle de prohibitions d\u2019exporter et d\u2019importations paniques d\u00e9crite sur la figure 1 ! Ce r\u00e9sultat s\u2019explique pourtant assez bien si on consid\u00e8re qu\u2019une m\u00eame augmentation des prix des c\u00e9r\u00e9ales g\u00e9n\u00e8re beaucoup plus de pauvret\u00e9 dans les pays pauvres que dans les pays riches : d\u2019une part parce qu\u2019un plus grand nombre de m\u00e9nages s\u2019y trouvent \u00e0 peine au-dessus de la ligne de pauvret\u00e9 ; d\u2019autre part parce que le pouvoir d\u2019achat de ces m\u00e9nages diminue davantage, les c\u00e9r\u00e9ales repr\u00e9sentant une part plus importante de leurs d\u00e9penses. Or, dans une situation de libre \u00e9change (et plus g\u00e9n\u00e9ralement de stabilit\u00e9 des politiques commerciales), lorsque le prix international augmente, le prix augmente dans la m\u00eame proportion dans tous les pays (aux co\u00fbts de transport pr\u00e8s). Ce qui, du point de vue de la pauvret\u00e9 mondiale, n\u2019est pas une situation optimale. Des mesures commerciales prises en r\u00e9ponse \u00e0 la crise sont donc susceptibles d\u2019avoir un effet b\u00e9n\u00e9fique sur la pauvret\u00e9 si elles se traduisent par des hausses de prix plus faibles dans les pays pauvres, m\u00eame si cela implique des hausses de prix plus \u00e9lev\u00e9es dans les pays riches.<\/p>\n<p>Le m\u00eame raisonnement vaut si on l\u2019applique non plus \u00e0 la pauvret\u00e9 mais \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Dans les pays \u00e0 faible revenu, de nombreux m\u00e9nages qui ont une consommation alimentaire \u00e0 peu pr\u00e8s satisfaisante sont susceptibles de tomber dans l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire si leur pouvoir d\u2019achat diminue. Ce qui se produit en cas de forte hausse du prix des c\u00e9r\u00e9ales, compte tenu du poids de ces produits dans leurs d\u00e9penses. Comme le libre \u00e9change (ou plus g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019absence de mesures commerciales d\u2019urgence) induit une transmission uniforme de l\u2019augmentation des prix dans tous les pays, ce n\u2019est pas un sc\u00e9nario optimal du point de vue de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rons \u00e0 pr\u00e9sent le cas des biocarburants. Nous avons vu que dans les situations de tension sur les march\u00e9s c\u00e9r\u00e9aliers, l\u2019utilisation de ma\u00efs pour produire des biocarburants peut \u00eatre tr\u00e8s dommageable pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. La solution habituellement propos\u00e9e consiste \u00e0 supprimer les soutiens \u00e0 la fili\u00e8re des biocarburants. Imaginons cependant que la production d\u2019\u00e9thanol \u00e0 partir de ma\u00efs devienne rentable sans aucun soutien (ce n\u2019est pas une hypoth\u00e8se irr\u00e9aliste mais, selon certaines \u00e9tudes, un sc\u00e9nario probable<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>). Dira-t-on dans ce cas que la production de biocarburant n\u2019est plus dommageable pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire puisque qu\u2019elle est guid\u00e9e par les seuls signaux du march\u00e9 ? Bien s\u00fbr que non. Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas li\u00e9 \u00e0 l\u2019existence de soutiens publics mais au fait que le libre jeu des march\u00e9s peut conduire \u00e0 ce qu\u2019une part importante des c\u00e9r\u00e9ales soit utilis\u00e9e pour fabriquer du carburant, m\u00eame dans les situations de flamb\u00e9es de prix dommageables \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. La solution ne peut donc pas se limiter \u00e0 laisser les march\u00e9s r\u00e9guler la production de biocarburants. Une certaine forme de r\u00e9gulation publique est n\u00e9cessaire. Elle pourrait prendre diff\u00e9rentes formes : plafonnement de la quantit\u00e9 de ma\u00efs pouvant \u00eatre utilis\u00e9e pour fabriquer des biocarburants ou droit de pr\u00e9emption des gouvernements sur tous les achats de ma\u00efs par l\u2019industrie des biocarburants<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Ces mesures ne seraient activ\u00e9es que pendant les p\u00e9riodes de crise, c\u2019est-\u00e0-dire lorsque le prix international du ma\u00efs d\u00e9passerait un seuil d\u00e9fini \u00e0 l\u2019avance (et r\u00e9guli\u00e8rement actualis\u00e9).<\/p>\n<p><strong>En guise de conclusion\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Revenons \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 notre question de d\u00e9part. Se rapprocher du libre-\u00e9change (par des n\u00e9gociations commerciales) serait-il b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale ? A la lumi\u00e8re des le\u00e7ons de la crise de 2008, il est permis d\u2019en douter. Une certaine r\u00e9gulation semble donc n\u00e9cessaire. Une option int\u00e9ressante serait d\u2019emp\u00eacher ou limiter l\u2019utilisation de ma\u00efs pour produire des biocarburants lorsque le prix international du ma\u00efs d\u00e9passe un certain seuil. Une autre option (non exclusive de la pr\u00e9c\u00e9dente) repose sur les politiques commerciales. Nous avons vu que, tant le libre\u2013\u00e9change que l\u2019utilisation anarchique de mesures de prohibition des exportations (comme en 2008), conduisent \u00e0 des r\u00e9sultats assez mauvais en terme de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Mais entre ces deux extr\u00eames, il existe une multitude de politiques commerciales plus mesur\u00e9es qui pourraient peut-\u00eatre permettre d\u2019am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale. Il pourrait par exemple s\u2019agir de n\u2019autoriser la restriction des exportations que dans certaines conditions (par exemple lorsque le prix domestique du pays a augment\u00e9 d\u2019un certain pourcentage). En tout \u00e9tat de cause, le libre-\u00e9change ne devrait plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un horizon d\u00e9sirable lors des n\u00e9gociations commerciales \u00e0 l\u2019OMC ou ailleurs, au moins s\u2019agissant des c\u00e9r\u00e9ales et autres aliments de base.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Headey D (2011). Rethinking the Global Food Crisis: The Role of Trade Shocks. Food Policy 36, 136-146.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Anderson K, Ivanic M, Martin W (2014). Food Price Spikes, Price Insulation and Poverty. In The Economics of Food Price Volatility, Jean-Paul Chavas, David Hummels, and Brian Wright, University of Chicago Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> HLPE (2013). Biofuels and food security. A report by the High Level Panel of Experts on Food Security and Nutrition of the Committee on World Food Security, Rome 2013.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Wright B (2009). International Grain Reserves and Other Instruments to Address Volatility in Grain Markets. Policy Research Working Paper 5028, World Bank, Washington, DC.<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>For the overwhelming majority of economists, the question does not arise.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":3845,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"thematique":[27],"annee":[30],"class_list":["post-3836","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers","thematique-securite-alimentaire-et-nutritionnelle","annee-30"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3836","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3836"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3836\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3852,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3836\/revisions\/3852"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3845"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3836"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3836"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3836"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=3836"},{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=3836"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}