{"id":38313,"date":"2026-07-16T15:35:59","date_gmt":"2026-07-16T13:35:59","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=38313"},"modified":"2026-07-16T15:54:40","modified_gmt":"2026-07-16T13:54:40","slug":"fertilite-des-sols-au-nord-benin-de-lagriculture-cotonniere-productiviste-a-lagroecologie-traditionnelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/fertilite-des-sols-au-nord-benin-de-lagriculture-cotonniere-productiviste-a-lagroecologie-traditionnelle\/","title":{"rendered":"Fertilit\u00e9 des sols au Nord-B\u00e9nin : de l\u2019agriculture cotonni\u00e8re productiviste \u00e0 l\u2019agro\u00e9cologie traditionnelle"},"content":{"rendered":"\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>Le secteur agricole est un pilier de l\u2019\u00e9conomie b\u00e9ninoise, <a href=\"https:\/\/leconomistebenin.com\/projet-de-budget-gestion-2025-les-08-filieres-agricoles-dinvestissement-massif-en-2025\/\">g\u00e9n\u00e9rant 70 % de l\u2019emploi et 23 % du PIB<\/a>. Toutefois, les crises \u00e9conomiques et politiques ont raviv\u00e9 les enjeux de souverainet\u00e9 alimentaire alors que la demande nationale s\u2019accro\u00eet et que les terres agricoles se rar\u00e9fient. Parall\u00e8lement, <a href=\"https:\/\/www.undp.org\/fr\/benin\/communiques\/pour-une-meilleure-gestion-des-terres-et-des-ecosystemes-forestiers-degrades-au-benin\">l\u2019\u00e9puisement rapide<\/a> des ressources foresti\u00e8res, de la biodiversit\u00e9 et des ressources en eau, renforce la n\u00e9cessit\u00e9 de renouveler efficacement la fertilit\u00e9 des sols pour atteindre les objectifs de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Dans le cadre d\u2019un partenariat avec l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement, No\u00e9mie Bollecker, stagiaire \u00e0 la Fondation FARM, a conduit une \u00e9tude sur la zone cotonni\u00e8re Nord-B\u00e9nin, faisant le bilan sur la fertilit\u00e9 des sols et mettant en avant des recommandations pour accompagner les producteurs dans la gestion durable des terres.<\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized wp-duotone-unset-1\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"780\" height=\"405\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-01.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38331\" style=\"width:1100px\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-01.jpg 780w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-01-300x156.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-01-768x399.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-01-18x9.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>\u00a9 Issouf Sanogo\/AFP<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les fondements du renouvellement de la fertilit\u00e9 des sols\u00a0au B\u00e9nin<\/h3>\n\n\n\n<p>Avant les profondes transformations agraires mises en \u0153uvre au cours de la colonisation, la fertilit\u00e9 des sols du Nord-B\u00e9nin reposait sur une combinaison de pratiques agricoles traditionnelles, qui permettait son renouvellement efficace et durable. On pouvait alors observer une mosa\u00efque de champs cultiv\u00e9s en cultures associ\u00e9es, certains en bordure de fleuves, d\u2019autres parcelles en jach\u00e8res longues et des p\u00e2turages communautaires. L\u2019agriculture sur br\u00fblis, qui consiste \u00e0 d\u00e9fricher des champs temporaires dans les for\u00eats en coupant et en br\u00fblant la v\u00e9g\u00e9tation naturelle, en plantant des cultures pendant une courte p\u00e9riode, puis en laissant ces champs retourner \u00e0 la for\u00eat, constituait une des pratiques tr\u00e8s utilis\u00e9es permettant le renouvellement de la fertilit\u00e9 des sols.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1488\" height=\"635\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-02.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38320\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-02.jpg 1488w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-02-300x128.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-02-768x328.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-02-18x8.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 1488px) 100vw, 1488px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La diversit\u00e9 des cultures du syst\u00e8me de production (sorgho, mil, ni\u00e9b\u00e9, igname) assurait la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire tout en maintenant un \u00e9quilibre dans le pr\u00e9l\u00e8vement des nutriments du sol. Gr\u00e2ce \u00e0 la restitution des r\u00e9sidus de culture<a><\/a><a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> une partie de la mati\u00e8re organique et des \u00e9l\u00e9ments chimiques \u00e9tait retourn\u00e9e au sol. Les parcelles situ\u00e9es en bordure de fleuve b\u00e9n\u00e9ficiaient de d\u00e9p\u00f4ts r\u00e9guliers d\u2019alluvions fertiles, contribuant au renouvellement naturel de la fertilit\u00e9. La jach\u00e8re longue, pouvant atteindre 30 ans, <a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers09-03\/010024633.pdf&amp;ved=2ahUKEwjJ3_DbhcGOAxU3TKQEHcyiAZwQFnoECBgQAQ&amp;usg=AOvVaw3_SiwMdIhtE4ZscSTO1Elk\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">permettait de restaurer la fertilit\u00e9 chimique et biologique des sols<\/a>, dans un syst\u00e8me reposant sur l\u2019<a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/profile\/Anne-Floquet\/publication\/304038396_Dynamique_de_l'intensification_des_exploitations_au_sud_du_Benin_et_innovations_endogenes_-_Un_defi_pour_la_recherche_agronomique\/links\/5764277c08ae1658e2ede53f\/Dynamique-de-lintensification-des-exploitations-au-sud-du-Benin-et-innovations-endogenes-Un-defi-pour-la-recherche-agronomique.pdf?_tp=eyJjb250ZXh0Ijp7ImZpcnN0UGFnZSI6InB1YmxpY2F0aW9uIiwicGFnZSI6InB1YmxpY2F0aW9uIn19\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00e9quilibre entre p\u00e9riodes de culture et de repos du sol<\/a>, caract\u00e9ris\u00e9 par une faible densit\u00e9 de population. La fertilit\u00e9 des sols \u00e9tait \u00e9galement soutenue par une forte compl\u00e9mentarit\u00e9 entre agriculture et \u00e9levage : le b\u00e9tail fertilisait les terres cultiv\u00e9es via <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/kart.dufu.2004.01\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">les contrats de parcage entre agriculteurs et \u00e9leveurs<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette combinaison de pratiques agricoles, propre au contexte pr\u00e9colonial, assurait un renouvellement durable des composantes chimiques, physiques et biologiques de la fertilit\u00e9 des sols. Cependant, plusieurs bouleversements majeurs viendront fragiliser cet \u00e9quilibre auparavant stable.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les moteurs de la d\u00e9gradation de la fertilit\u00e9 des sols<\/h3>\n\n\n\n<p>Quatre principaux facteurs ont transform\u00e9 les syst\u00e8mes agricoles au B\u00e9nin entra\u00eenant des cons\u00e9quences majeures sur les sols et leur fertilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Des trajectoires agricoles verrouill\u00e9es par le d\u00e9veloppement de la culture du coton<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019introduction de la culture du coton au XIX\u1d49 si\u00e8cle par les colons europ\u00e9ens a profond\u00e9ment modifi\u00e9 les syst\u00e8mes agricoles traditionnels. Sous la contrainte de l\u2019imp\u00f4t de capitation, un imp\u00f4t de l\u2019Etat colonial fran\u00e7ais appliqu\u00e9 uniform\u00e9ment \u00e0 chaque individu, ind\u00e9pendamment de ses revenus, et \u00e0 la faveur de politiques incitatives visant \u00e0 d\u00e9velopper les cultures d\u2019exportation, les paysans ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s \u00e0 <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/eps.8083\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00e9tendre leurs surfaces cultiv\u00e9es, au d\u00e9triment des p\u00e9riodes de jach\u00e8re<\/a>. La fili\u00e8re coton, structur\u00e9e autour d\u2019une logique d\u2019exportation, s\u2019impose d\u00e8s lors comme un levier majeur de l\u2019\u00e9conomie nationale. Cette orientation a entra\u00een\u00e9, apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du B\u00e9nin, <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fenvs.2022.926350\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">une intensification des pratiques agricoles, centr\u00e9e sur la production cotonni\u00e8re<\/a>. Elle s\u2019est faite au d\u00e9triment d\u2019autres cultures et de leur rotation, avec des effets durables sur les dynamiques d\u2019usage des sols et sur les \u00e9quilibres agro\u00e9cologiques. Cela a entra\u00een\u00e9 une surexploitation des ressources p\u00e9dologiques r\u00e9duisant le temps de jach\u00e8re. Cette orientation vers une agriculture intensive a rompu la dynamique entre restitution et pr\u00e9l\u00e8vement des \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux et de la mati\u00e8re organique dans les sols. Elle s\u2019est op\u00e9r\u00e9e au d\u00e9triment des assolements traditionnels. Cette intensification a \u00e9t\u00e9 rendue techniquement possible par les engrais min\u00e9raux, la simplification des itin\u00e9raires techniques et la petite motorisation.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1488\" height=\"585\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-03.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38321\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-03.jpg 1488w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-03-300x118.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-03-768x302.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-03-18x7.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 1488px) 100vw, 1488px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Des contraintes \u00e9conomiques qui p\u00e8sent sur les producteurs<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Toutefois, des crises \u00e9conomiques, des r\u00e9formes structurelles et des chocs climatiques sont venues d\u00e9stabiliser le mod\u00e8le agricole du pays : s\u00e9cheresses des ann\u00e9es 1970, politiques d\u2019ajustement structurel impos\u00e9es par les institutions financi\u00e8res internationales favorisant une lib\u00e9ralisation des march\u00e9s<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, crise de l\u2019endettement, d\u00e9valuation du Franc CFA, puis, plus tard, la <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/fertilisation-sols-afrique-organique-mineral\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">crise \u00e9conomique de 2008, la pand\u00e9mie de COVID-19 et la guerre russo-ukrainienne<\/a>. Ces \u00e9v\u00e9nements ont fortement perturb\u00e9 l\u2019\u00e9conomie b\u00e9ninoise, r\u00e9duisant le soutien au secteur agricole. <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/etude-hausse-prix-agricultures-africaines\/\">Les derniers \u00e9v\u00e9nements ont par exemple entra\u00een\u00e9 une hausse des prix des engrais et une disponibilit\u00e9 in\u00e9gale selon les revenus des exploitations<\/a>. Aujourd\u2019hui encore, ces contraintes limitent la capacit\u00e9 des producteurs \u00e0 maintenir la fertilit\u00e9 des sols par un apport suffisant d\u2019\u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Croissance d\u00e9mographique et pression sur les ressources<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La population du Nord-B\u00e9nin a connu une croissance d\u00e9mographique importante, multipli\u00e9e par cinq entre 1960 et 2008, perturbant les syst\u00e8mes traditionnels de production agricole, notamment le cycle des jach\u00e8res. Cette croissance d\u00e9mographique a eu pour cons\u00e9quence une r\u00e9duction des surfaces agricoles disponibles par habitant. Face \u00e0 cette pression fonci\u00e8re, les agriculteurs sont contraints d\u2019allonger la dur\u00e9e de mise en culture des parcelles, r\u00e9duisant ainsi significativement le temps consacr\u00e9 \u00e0 la jach\u00e8re, tout en \u00e9tendant les terres cultiv\u00e9es au d\u00e9triment des ressources foresti\u00e8res. En cons\u00e9quence, les fonctions historiquement assur\u00e9es par la jach\u00e8re et les zones foresti\u00e8res, telles que la gestion de la fertilit\u00e9 des sols, la conservation de la biodiversit\u00e9 et la production de bois, ne sont plus remplies. Ces carences conduisent \u00e0 <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.irdeditions.3318\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">un appauvrissement progressif des sols, une baisse des rendements agricoles et une intensification des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019\u00e9rosion<\/a>, mena\u00e7ant la durabilit\u00e9 des syst\u00e8mes agricoles locaux.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Conflits intercommunautaires<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019expansion des surfaces cultiv\u00e9es s\u2019est op\u00e9r\u00e9e, dans certaines zones, au d\u00e9triment des aires de p\u00e2turage et des couloirs de transhumance, provoquant d\u2019importants conflits entre les agriculteurs et les \u00e9leveurs. Cette dynamique a entra\u00een\u00e9 une forte diminution des contrats de parcage<sup>1<\/sup>, lesquels constituaient pourtant une source essentielle d\u2019apports en mati\u00e8re organique pour la fertilisation des sols.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces modifications ont conduit \u00e0 une d\u00e9gradation progressive de la fertilit\u00e9 des sols dans la zone cotonni\u00e8re Nord-B\u00e9nin. Cette d\u00e9gradation et les diff\u00e9rents facteurs qui y ont contribu\u00e9 sont r\u00e9sum\u00e9s sur la frise chrono-syst\u00e9mique ci-dessous.<\/p>\n\n\n\n<p>Le faible renouvellement de la fertilit\u00e9 des sols constitue, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019autres facteurs tels que le changement climatique ou la simplification des itin\u00e9raires techniques, un \u00e9l\u00e9ment aggravant de leur d\u00e9gradation globale. L\u2019action combin\u00e9e de ces ph\u00e9nom\u00e8nes accro\u00eet la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des sols face aux diff\u00e9rentes formes d\u2019\u00e9rosion (\u00e9olienne et hydrique) et contribue ainsi \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le processus de d\u00e9sertification.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"722\" height=\"841\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-04.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38322\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-04.jpg 722w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-04-258x300.jpg 258w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-04-10x12.jpg 10w\" sizes=\"auto, (max-width: 722px) 100vw, 722px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Comment se manifeste en 2025 la d\u00e9gradation des sols\u00a0?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Plafonnement des rendements<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La d\u00e9gradation de la fertilit\u00e9 des sols dans le Nord-B\u00e9nin est aujourd\u2019hui largement document\u00e9e et reconnue comme <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/fileadmin\/user_upload\/GSP\/docs\/West_africa_partner\/Benin_Igue.pdf\">un frein majeur au d\u00e9veloppement d\u2019une agriculture productive et durable<\/a>. Elle se caract\u00e9rise par un <a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https:\/\/www.ajol.info\/index.php\/ijbcs\/article\/view\/189717\/178939&amp;ved=2ahUKEwi6gYfJm9WOAxX6TaQEHfupEt0QFnoECCEQAQ&amp;usg=AOvVaw0Rt91c9Gz3-BB8KSmVjbN0\">appauvrissement progressif en mati\u00e8re organique<\/a>, en \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux et une \u00e9rosion accrue qui est aggrav\u00e9e par le changement climatique. Elle se manifeste par le plafonnement des rendements agricoles <a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.4314\/ijbcs.v6i3.13\">notamment dans les zones cotonni\u00e8res<\/a> sur les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies (figure ci-dessous).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1488\" height=\"836\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-05.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38325\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-05.jpg 1488w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-05-300x169.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-05-768x431.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-05-18x10.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 1488px) 100vw, 1488px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Inefficacit\u00e9 des engrais min\u00e9raux<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le plafonnement des rendements en coton s\u2019accompagne paradoxalement d\u2019une intensification de l\u2019usage des engrais min\u00e9raux NPK (azote, phosphore, potassium), sur la p\u00e9riode 2017 \u2013 2022, presque exclusivement appliqu\u00e9s sur les parcelles de coton <a href=\"https:\/\/instad.bj\/images\/docs\/insae-publications\/autres\/DT\/MonographieFiliereCotonauBenin_20201025_Finale.pdf\">(94 % sur la campagne 2019-2020),<\/a> souvent au d\u00e9triment des cultures vivri\u00e8res comme le ma\u00efs, igname ou le sorgho. Ces derni\u00e8res b\u00e9n\u00e9ficient de mani\u00e8re ponctuelle des reliquats d\u2019engrais non consomm\u00e9s sur le coton et connaissent une tendance similaires de plafonnement des rendements.<\/p>\n\n\n\n<p>On observe ainsi, depuis 2017, un d\u00e9couplage marqu\u00e9 entre l\u2019\u00e9volution des rendements de coton et l\u2019augmentation de l\u2019usage des engrais min\u00e9raux. Cette efficacit\u00e9 d\u00e9croissante<a href=\"https:\/\/www.boostae.net\/fr\/7_102\/65d75bad2736c77b0f8ce5c4\/MEMENTO%20DE%20LA%20TRANSITION%20AGROECOLOGIQUE%20EN%20ZONE%20COTONNIERE%20-%20projet%20Tazco%202.html\"> s\u2019explique par la d\u00e9gradation physique, chimique et biologique des sols, accentu\u00e9e par la r\u00e9duction de la restitution de la mati\u00e8re organique et la simplification des rotations culturales<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1385\" height=\"758\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-06.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38326\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-06.jpg 1385w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-06-300x164.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-06-768x420.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-06-18x10.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 1385px) 100vw, 1385px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>D\u00e9gradation des bilans nutritifs<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Enfin, l\u2019\u00e9tat de d\u00e9gradation des sols se manifeste \u00e9galement par <a href=\"https:\/\/openknowledge.fao.org\/handle\/20.500.14283\/y5066f\">des bilans min\u00e9raux<\/a> (entr\u00e9es\/sorties d\u2019\u00e9l\u00e9ments nutritifs) qui se d\u00e9t\u00e9riorent (figure ci-dessous). Les exportations de biomasse et d\u2019\u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux tir\u00e9s des sols ne sont pas compens\u00e9es par des apports suffisants en NPK. Cela se manifeste par le d\u00e9stockage progressif des \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux du sol.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1488\" height=\"750\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-07-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38327\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-07-1.jpg 1488w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-07-1-300x151.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-07-1-768x387.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-07-1-18x9.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 1488px) 100vw, 1488px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 une volont\u00e9 apparente de reconstituer les stocks d\u2019\u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux depuis 2017, perceptible \u00e0 travers la lecture des bilans nutritifs et la hausse des apports en engrais min\u00e9raux, les rendements stagnent ou diminuent, ce qui sugg\u00e8re un \u00e9tat avanc\u00e9 de d\u00e9gradation des sols. Un d\u00e9ficit de mati\u00e8re organique, limitant la r\u00e9tention et la valorisation des nutriments par les sols, est probablement \u00e0 l\u2019origine de cette situation. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre entre apports min\u00e9raux et organiques constitue un obstacle majeur \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 des fertilisations et \u00e0 la durabilit\u00e9 des syst\u00e8mes de production. Face \u00e0 ces constats, restaurer la fertilit\u00e9 des sols appara\u00eet comme une priorit\u00e9 pour r\u00e9pondre \u00e0 ces probl\u00e8mes. Plusieurs initiatives ont \u00e9merg\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour r\u00e9pondre \u00e0 ce d\u00e9fi. Ces actions visent \u00e0 restaurer les sols appauvris, \u00e0 travers des pratiques agricoles plus durables, une meilleure valorisation des ressources organiques et un accompagnement renforc\u00e9 des producteurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Restaurer la fertilit\u00e9 : des initiatives prometteuses face \u00e0 des d\u00e9fis structurels<\/h3>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ces constats, plusieurs actions locales, nationales et internationales ont vu le jour au B\u00e9nin. Parmi elles :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/www.boostae.net\/fr\/7_102\/65d75bad2736c77b0f8ce5c4\/MEMENTO%20DE%20LA%20TRANSITION%20AGROECOLOGIQUE%20EN%20ZONE%20COTONNIERE%20-%20projet%20Tazco%202.html\"><strong>Le projet Tazco<\/strong><\/a> (Transition agro\u00e9cologique en zone cotonni\u00e8re), financ\u00e9 par l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD) depuis 2017. Il favorise la d\u00e9mocratisation des pratiques agricoles permettant la restauration et l\u2019am\u00e9lioration de la fertilit\u00e9 des sols des exploitations cotonni\u00e8res du B\u00e9nin. On peut citer par exemple la production de compost, la restitution des r\u00e9sidus de culture au sol, la diversification des rotations culturales.<\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"https:\/\/www.inter-reseaux.org\/resource\/%EF%81%B6-catalogue-de-fiches-techniques-des-mesures-damelioration-de-la-fertilite-des-sols\/\"><strong>Le<\/strong> <strong>projet Pro-Sol<\/strong><\/a> <a>(Promotion et diffusion des techniques de protection et r\u00e9habilitation des sols<\/a> au B\u00e9nin), financ\u00e9 par l\u2019agence de coop\u00e9ration internationale allemande (GIZ) depuis 2014. Il promeut <a>la diffusion des techniques innovantes de gestion int\u00e9gr\u00e9e de la fertilit\u00e9 des sols. Par exemple, les associations de l\u00e9gumineuses dans les rotations, l\u2019utilisation de la mati\u00e8re organique et de l\u2019ur\u00e9e super <\/a>granul\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li><a>Des initiatives publiques comme celles d\u00e9velopp\u00e9es par<\/a><a href=\"https:\/\/www.sonama.bj\/\"><strong>l\u2019entreprise nationale SoNaMA<\/strong><\/a>(Soci\u00e9t\u00e9 nationale de m\u00e9canisation agricole)<a>. Elle propose une offre de produits de m\u00e9canisation agricole, subventionn\u00e9s \u00e0 50 % par le gouvernement b\u00e9ninois.<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Des initiatives priv\u00e9es autour de l\u2019acc\u00e8s aux engrais organiques locaux \u00e0 base d&rsquo;agro-ressources et de sous-produits d&rsquo;exploitation agricole.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les pratiques promues par les initiatives pr\u00e9c\u00e9dentes sont compil\u00e9es au sein de la figure suivante ainsi que les taux d\u2019adoption associ\u00e9s par les agriculteurs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"644\" height=\"811\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-08.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38329\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-08.jpg 644w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-08-238x300.jpg 238w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-08-10x12.jpg 10w\" sizes=\"auto, (max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Cependant, le taux d\u2019adoption des pratiques favorables au renouvellement de la fertilit\u00e9 des sols, demeure globalement faible. Seules certaines pratiques, telles que l\u2019utilisation d\u2019engrais min\u00e9raux et organiques, pr\u00e9sentent des niveaux d\u2019adoption relativement \u00e9lev\u00e9s, respectivement \u00e0 51 % et 28 %. En revanche, d\u2019autres pratiques pourtant essentielles, comme le compostage (6 %), la mise en place de jach\u00e8res am\u00e9lior\u00e9es (4 %) ou encore l\u2019agroforesterie (9 %), sont nettement moins adopt\u00e9es. Cette faible appropriation s\u2019explique principalement par l\u2019existence de freins structurels significatifs :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1140\" height=\"872\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-09.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38330\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-09.jpg 1140w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-09-300x229.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-09-768x587.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-09-16x12.jpg 16w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une difficile <strong>s\u00e9curisation du droit foncier<\/strong>, qui limite les investissements sur le long terme dans les syst\u00e8mes de production (comme l\u2019agroforesterie) et ne favorise pas l\u2019int\u00e9gration des jach\u00e8res longue dur\u00e9e dans les rotations.<\/li>\n\n\n\n<li>Un <strong>acc\u00e8s restreint au cr\u00e9dit des financeurs priv\u00e9s<\/strong> par l\u2019absence de titres fonciers. Ce cr\u00e9dit permet l\u2019achat de petits mat\u00e9riels agricoles essentiel pour r\u00e9aliser certaines t\u00e2ches et r\u00e9duire la p\u00e9nibilit\u00e9 du travail.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Acc\u00e8s difficile au cr\u00e9dit engrais<\/strong> pour les petits exploitants ne cultivant pas le coton. Dans les communes de Kandi et Banikoara par exemple, <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.5281\/zenodo.8063785\">39,6 % des producteurs indiquent que l\u2019acquisition des intrants est une contrainte majeure pour la production agricole et 43 % des producteurs s\u2019approvisionnent sur le march\u00e9 noir<\/a>.<\/li>\n\n\n\n<li>Une <strong>faible m\u00e9canisation<\/strong>, alors que seulement <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.5281\/zenodo.8063785\">6 % des producteurs utilisent de la machinerie<\/a> agricole. D\u2019o\u00f9 la cr\u00e9ation de la SoNaMA en 2019, qui a pour objectif la mise en \u0153uvre de la politique nationale de d\u00e9veloppement de la m\u00e9canisation agricole (PNDMA).<\/li>\n\n\n\n<li>Une rar\u00e9faction de la <strong>main-d&rsquo;\u0153uvre agricole <\/strong><a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=2ahUKEwjZm-mloeaJAxX0SaQEHdqXBSYQFnoECBkQAQ&amp;url=https%3A%2F%2Fireda.ceped.org%2Finventaire%2Fressources%2Fguingnido-gaye-1992-etudes_cpd_05.pdf&amp;usg=AOvVaw1AXiS22dPf3XIPdnnz2MFJ&amp;opi=89978449\">sous l&rsquo;effet de l&rsquo;exode rural<\/a>, avec une population rural en fort recul, <a href=\"https:\/\/donnees.banquemondiale.org\/indicateur\/SP.RUR.TOTL.ZS?end=2024&amp;locations=BJ&amp;start=1960&amp;view=chart\">passant de 91 % en 1960, \u00e0 49 % en 2024<\/a>.<\/li>\n\n\n\n<li>Des <strong>relations agriculteurs-\u00e9leveurs en forte d\u00e9gradation<\/strong>, ce qui r\u00e9duit les possibilit\u00e9s de coop\u00e9ration gr\u00e2ce au parcage rotatif et donc d\u2019apport de mati\u00e8re organique aux champs.<\/li>\n\n\n\n<li>Une <strong>faible formation technique des producteurs<\/strong>, avec seulement <a href=\"https:\/\/instad.bj\/images\/docs\/insae-statistiques\/enquetes-recensements\/RNA\/Resultats-Module-base\/VOLUME%204%20SYNTHESE%20DES%20PRINCIPAUX%20RESULTATS%20.pdf\">2,4 % des chefs d&rsquo;exploitation ayant re\u00e7u une formation agricole professionnelle<\/a> et un <strong>conseil agricole faible et segment\u00e9<\/strong>, concentr\u00e9 sur la fili\u00e8re coton, <a href=\"https:\/\/www.boostae.net\/fr\/7_102\/65d75bad2736c77b0f8ce5c4\/MEMENTO%20DE%20LA%20TRANSITION%20AGROECOLOGIQUE%20EN%20ZONE%20COTONNIERE%20-%20projet%20Tazco%202.html\">insuffisant pour une transition syst\u00e9mique<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vers un nouveau pacte entre sols, paysans et politiques publiques<\/h3>\n\n\n\n<p>La d\u00e9gradation progressive de la fertilit\u00e9 des sols dans le Nord-B\u00e9nin, li\u00e9e \u00e0 l\u2019intensification agricole, \u00e0 la r\u00e9duction des jach\u00e8res et \u00e0 la rupture des \u00e9quilibres agro\u00e9cologiques traditionnels, appelle une transformation profonde des syst\u00e8mes de production. Restaurer la fertilit\u00e9 ne peut se limiter \u00e0 une augmentation des apports min\u00e9raux\u202f: cela n\u00e9cessite une approche int\u00e9gr\u00e9e, combinant savoirs locaux, innovations techniques et gestion durable des ressources.<\/p>\n\n\n\n<p>Les projets comme TAZCO et ProSol montrent qu\u2019il est possible de promouvoir des pratiques plus r\u00e9silientes, fond\u00e9es sur la fertilisation organo-min\u00e9rale, la diversification des rotations et une meilleure valorisation de la mati\u00e8re organique. Toutefois, leur diffusion reste frein\u00e9e par des obstacles structurels tels que l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 au cr\u00e9dit, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re ou le manque de formation.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu majeur est donc d\u2019accompagner une transition syst\u00e9mique vers une agriculture durable, capable de restaurer les \u00e9quilibres biologiques, organiques et chimiques du sol, tout en maintenant des rendements permettant aux producteurs de d\u00e9gager des revenus suffisants et de r\u00e9pondre aux besoins alimentaires croissants. Cette d\u00e9marche implique une concertation entre producteurs, politiques publiques et acteurs de la recherche.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Dufumier, M. (2004). <em>Agricultures et paysanneries des Tiers mondes. <\/em>Karthala. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/kart.dufu.2004.01\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/kart.dufu.2004.01<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0 Adegbidi, A., Dedehouanou, H., Kpenavoun, S., &amp; Lutz, C.\u00a0(2003).\u00a0Dix Ans de Lib\u00e9ralisation du March\u00e9 de Mais au B\u00e9nin. University of Groningen.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le secteur agricole est un pilier de l\u2019\u00e9conomie b\u00e9ninoise, g\u00e9n\u00e9rant 70 % de l\u2019emploi et 23 % du PIB. Toutefois, les crises \u00e9conomiques et politiques ont raviv\u00e9 les enjeux de souverainet\u00e9 alimentaire alors que la demande nationale s\u2019accro\u00eet et que les terres agricoles se rar\u00e9fient.<\/p>","protected":false},"author":11329,"featured_media":38331,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[81,99,89],"thematique":[117],"annee":[181],"class_list":["post-38313","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politiques-publiques","tag-agriculture","tag-economie","tag-financement","thematique-fertilite-des-sols","annee-181"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38313","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11329"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=38313"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38313\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":38340,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38313\/revisions\/38340"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/38331"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=38313"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=38313"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=38313"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=38313"},{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=38313"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}