{"id":3551,"date":"2020-02-24T16:05:00","date_gmt":"2020-02-24T15:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=3551"},"modified":"2023-01-10T15:46:28","modified_gmt":"2023-01-10T14:46:28","slug":"prospective-2050-forte-pression-sur-les-terres-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/prospective-2050-forte-pression-sur-les-terres-en-afrique\/","title":{"rendered":"2050 Outlook: Strong pressure on land in Africa"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>L\u2019Institut national de recherche pour l\u2019agriculture, l\u2019alimentation et l\u2019environnement (INRAe) vient de publier une \u00e9tude, r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la demande de l\u2019association Pluriagri, qui offre un panorama de diff\u00e9rents futurs possibles pour les agricultures du monde \u00e0 l\u2019horizon 2050. Les projections int\u00e8grent, de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, l\u2019impact pr\u00e9visible du changement climatique sur la productivit\u00e9 agricole<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5742\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/sharafat-raheb-ksDnVkDAgxw-unsplash-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"533\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/sharafat-raheb-ksDnVkDAgxw-unsplash-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/sharafat-raheb-ksDnVkDAgxw-unsplash-300x200.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/sharafat-raheb-ksDnVkDAgxw-unsplash-768x512.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/sharafat-raheb-ksDnVkDAgxw-unsplash-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/sharafat-raheb-ksDnVkDAgxw-unsplash-1500x1000.jpg 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/sharafat-raheb-ksDnVkDAgxw-unsplash.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude explore plusieurs sc\u00e9narios, fond\u00e9s sur deux jeux de simulations, relatifs respectivement aux rendements des cultures et aux r\u00e9gimes alimentaires des populations. Les rendements \u00ab hauts \u00bb sont permis par un rythme soutenu des \u00e9volutions techniques et la pleine valorisation de l\u2019effet fertilisant du CO2 par les plantes. Les rendements \u00ab bas \u00bb r\u00e9sultent d\u2019\u00e9volutions techniques plus mod\u00e9r\u00e9es et d\u2019une absence de valorisation de l\u2019effet CO2 par les plantes. Les r\u00e9gimes dits \u00ab tendanciels \u00bb correspondent au prolongement des tendances r\u00e9gionales pass\u00e9es ; ils se traduisent par la stabilisation des apports caloriques individuels dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s et leur augmentation dans les r\u00e9gions \u00e9mergentes et en d\u00e9veloppement. Enfin, les r\u00e9gimes \u00ab sains \u00bb illustrent une transition radicale et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de la di\u00e8te alimentaire, suivant les recommandations de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) : la consommation de produits animaux diminuerait en Europe et dans les autres r\u00e9gions d\u00e9velopp\u00e9es, tandis qu\u2019elle progresserait en Afrique et en Asie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Compte tenu de l\u2019expansion de la population, l\u2019\u00e9tude projette, entre \u00ab 2010 \u00bb (moyenne ses ann\u00e9es 2009 \u00e0 2011) et 2050, une hausse de la consommation alimentaire mondiale, exprim\u00e9e en calories, de 47 % sous l\u2019hypoth\u00e8se de r\u00e9gimes tendanciels. Cet accroissement serait ramen\u00e9 \u00e0 38 % en cas de rupture vers des r\u00e9gimes sains.<\/p>\n<p>Le cas de l\u2019Afrique subsaharienne est particuli\u00e8rement \u00e9difiant<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. L\u2019augmentation de la consommation dans la sous-r\u00e9gion repr\u00e9senterait pr\u00e8s de 30 % de la hausse de la demande mondiale sous r\u00e9gimes tendanciels et jusqu\u2019\u00e0 50 % sous r\u00e9gimes sains. Quel que soit le type de r\u00e9gime, en effet, l\u2019explosion d\u00e9mographique induirait un quasi triplement de la consommation alimentaire dans les pays au sud du Sahara<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>Les importations nettes (importations moins exportations) seraient multipli\u00e9es par 3,5 \u00e0 3,7, selon les sc\u00e9narios<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. En 2050, elles fourniraient environ 17 % des calories consomm\u00e9es dans la sous-r\u00e9gion.<\/p>\n<p>La production agricole en Afrique subsaharienne cro\u00eetrait un peu moins vite, d\u2019un facteur 2,6 \u00e0 2,9. La question est de savoir quelle combinaison de surfaces cultiv\u00e9es et de rendements permettrait d\u2019atteindre cette augmentation de la production.<\/p>\n<p>Si les rendements progressaient faiblement \u2013 soit en moyenne, d\u2019apr\u00e8s nos estimations, de 30 \u00e0 40 %, en calories par hectare, compar\u00e9s \u00e0 2010 \u2013, il faudrait cultiver dans la sous-r\u00e9gion 196 \u00e0 264 millions d\u2019hectares suppl\u00e9mentaires, selon les r\u00e9gimes alimentaires<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Si la croissance des rendements \u00e9tait plus marqu\u00e9e &#8211; soit + 90 \u00e0 + 100 % d\u2019ici \u00e0 2050 -, les besoins en superficies additionnelles seraient moins \u00e9lev\u00e9s, entre 75 et 122 millions d\u2019hectares, mais exigeraient n\u00e9anmoins une extension substantielle, du tiers \u00e0 la moiti\u00e9, des surfaces cultiv\u00e9es en 2010 (tableau).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3606\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/BLOG_Augmentation-surfaces-cultivees-en-ASS-entre-2010-et-2050.jpg\" alt=\"\" width=\"798\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/BLOG_Augmentation-surfaces-cultivees-en-ASS-entre-2010-et-2050.jpg 1157w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/BLOG_Augmentation-surfaces-cultivees-en-ASS-entre-2010-et-2050-300x113.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/BLOG_Augmentation-surfaces-cultivees-en-ASS-entre-2010-et-2050-1024x385.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/BLOG_Augmentation-surfaces-cultivees-en-ASS-entre-2010-et-2050-768x289.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 798px) 100vw, 798px\" \/><\/p>\n<p>Selon l\u2019INRAe, cette forte hausse de la sole cultiv\u00e9e pourrait s\u2019op\u00e9rer \u00ab aux d\u00e9triments de milieux naturels et\/ou de surfaces actuellement bois\u00e9es \u00bb et \u00ab induire un accroissement des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre et\/ou porter atteinte \u00e0 la biodiversit\u00e9 \u00bb. De fait, dans un dossier r\u00e9cemment publi\u00e9 par WillAgri, Pierre Jacquemot estime \u00e0 environ \u00e0 environ 100 millions d\u2019hectares les superficies encore inexploit\u00e9es en Afrique subsaharienne, th\u00e9oriquement disponibles pour l\u2019agriculture, apr\u00e8s d\u00e9duction des for\u00eats et des aires prot\u00e9g\u00e9es<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Compte tenu de la d\u00e9gradation des sols, caus\u00e9e notamment par des pratiques agricoles inad\u00e9quates, \u00ab les disponibilit\u00e9s r\u00e9elles encore inexploit\u00e9es, et susceptibles de l\u2019\u00eatre dans des conditions soutenables pour l\u2019environnement (\u2026) et avec des rendements sup\u00e9rieurs \u00e0 un minimum acceptable, (\u2026) seraient approximativement de l\u2019ordre de 50 millions d\u2019hectares \u00bb. Ce chiffre pourrait \u00eatre encore surestim\u00e9, car \u00ab les donn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes int\u00e8grent p\u00eale-m\u00eale des terres en jach\u00e8res, (\u2026) mais aussi des terres qui sont utilis\u00e9es par les populations pour leur survie (cueillette, r\u00e9colte du bois de chauffe, chasse), des for\u00eats communautaires ou encore des zones r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 des rites aux anc\u00eatres qui doivent \u00e0 l\u2019\u00e9vidence \u00eatre exclues sous peine de mettre en situation critique l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral des territoires concern\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude prospective de l\u2019Inrae met ainsi en \u00e9vidence l\u2019ampleur du d\u00e9fi pos\u00e9 aux gouvernements africains : cr\u00e9er les conditions propices \u00e0 un accroissement consid\u00e9rable de la productivit\u00e9 agricole, de mani\u00e8re \u00e9cologiquement et socialement acceptable pour les populations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> INRAe, \u00ab Place des agricultures europ\u00e9ennes dans le monde \u00e0 l\u2019horizon 2050. Entre enjeux climatiques et d\u00e9fis de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale \u00bb, f\u00e9vrier 2019. Documents disponibles sur <a href=\"https:\/\/www.inrae.fr\/actualites\/agricultures-europeennes-horizon-2050#anchor1_4\">https:\/\/www.inrae.fr\/actualites\/agricultures-europeennes-horizon-2050#anchor1_4<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> L\u2019\u00e9tude distingue l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, d\u2019une part, et l\u2019Afrique de l\u2019Est, centrale et du Sud, d\u2019autre part. Nous pr\u00e9sentons ici les r\u00e9sultats pour l\u2019ensemble de l\u2019Afrique subsaharienne, calcul\u00e9s par FARM d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es publi\u00e9es par l\u2019INRAe.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> On notera que l\u2019adoption, en Afrique subsaharienne, des r\u00e9gimes pr\u00e9conis\u00e9s par l\u2019OMS entra\u00eenerait en 2050 une hausse de la demande de 8 % par rapport aux r\u00e9gimes tendanciels, \u00e0 cause de plus grands besoins en produits animaux.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Le mod\u00e8le GlobAgri-AE2050, utilis\u00e9 par l\u2019INRAe pour les simulations, repose sur l\u2019hypoth\u00e8se que pour chaque production agricole, dans chaque pays, la part de la consommation qui est import\u00e9e et la part de la production dans les exportations mondiales resteraient constantes entre 2010 et 2050. Ces parts sont ajust\u00e9es par le mod\u00e8le si l\u2019accroissement anticip\u00e9 de la production agricole, dans une r\u00e9gion donn\u00e9e, se heurte \u00e0 un manque de terres cultivables.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Les pourcentages d\u2019augmentation des rendements pr\u00e9sent\u00e9s ici n\u2019ont qu\u2019une valeur indicative. Ils correspondent \u00e0 la hausse de la production agricole totale, exprim\u00e9e en calories, divis\u00e9e par la surface cultiv\u00e9e, compte tenu de l\u2019intensit\u00e9 culturale, c\u2019est-\u00e0-dire du nombre de r\u00e9coltes r\u00e9alis\u00e9 chaque ann\u00e9e sur les m\u00eames parcelles. Les hypoth\u00e8ses de croissance des rendements des cultures envisag\u00e9es dans l\u2019\u00e9tude varient sensiblement par culture et par pays.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Pierre Jacquemot, \u00ab Des terres agricoles disponibles en Afrique subsaharienne ? \u00bb, WillAgri, 3 janvier 2020. Dossier disponible sur <a href=\"https:\/\/www.willagri.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Dossier-Willagri-01-20-FR.pdf\">https:\/\/www.willagri.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Dossier-Willagri-01-20-FR.pdf<\/a><\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The French National Institute for Agricultural, Food and Environmental Research (INRAe) has just published a study, commissioned by the Pluriagri association, which offers an overview of different possible futures for global agriculture by 2050.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":5742,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"thematique":[28],"annee":[31],"class_list":["post-3551","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers","thematique-filieres-des-producteurs-aux-marches","annee-31"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3551"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5745,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551\/revisions\/5745"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5742"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3551"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3551"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3551"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=3551"},{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=3551"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}