{"id":34876,"date":"2025-06-04T20:54:00","date_gmt":"2025-06-04T18:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=34876"},"modified":"2026-01-16T16:19:30","modified_gmt":"2026-01-16T15:19:30","slug":"la-mesure-dimpact-un-enjeu-partage-avec-les-producteurs-ou-un-standard-impose","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/la-mesure-dimpact-un-enjeu-partage-avec-les-producteurs-ou-un-standard-impose\/","title":{"rendered":"La mesure d\u2019impact : un enjeu partag\u00e9 avec les producteurs ou un standard impos\u00e9 ?\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>La troisi\u00e8me table ronde de la Conf\u00e9rence internationale de la Fondation FARM, organis\u00e9e le 28 janvier 2025 \u00e0 la Cit\u00e9 internationale universitaire de Paris, a explor\u00e9 la question centrale de l\u2019inclusion<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> des producteurs agricoles dans la mesure de l\u2019impact des investissements. Sous la mod\u00e9ration de Fran\u00e7ois Doligez, agro\u00e9conomiste et membre du Conseil scientifique de la Fondation, des repr\u00e9sentants du monde agricole, financier et de la recherche ont crois\u00e9 leurs regards sur les d\u00e9fis, risques et opportunit\u00e9s qui entourent la construction d\u2019outils de mesure d\u2019impact. Un enjeu de fond\u202f: comment garantir que l\u2019\u00e9valuation des impacts r\u00e9ponde en particulier aux attentes des producteurs, et pas seulement aux exigences des bailleurs\u202fde fonds ?<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9changes ont soulign\u00e9 que la mesure d\u2019impact ne saurait \u00eatre ni neutre ni universelle\u202f: elle ne gagne en pertinence que lorsqu\u2019elle devient un outil partag\u00e9 d\u2019\u00e9coute, d\u2019apprentissage et d\u2019am\u00e9lioration. \u00c0 condition d\u2019associer toutes les parties prenantes et de reconna\u00eetre la diversit\u00e9 des attentes, elle peut transformer une obligation formelle en v\u00e9ritable levier pour une transition agricole et alimentaire qui profite \u00e0 tous.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" title=\"FARM 2025 - Vers une mesure d\u2019impact inclusive : d\u00e9fis, risques et opportunit\u00e9s pour les producteurs\" width=\"1200\" height=\"675\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/AdoiGe-zPZE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<h3><span style=\"color: #00514c;\"><strong>Petit producteur, grand oubli\u00e9 du financement agricole <\/strong><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avant m\u00eame de parler de la prise en compte des producteurs dans la mesure d\u2019impact, l\u2019enjeu d\u2019inclusion<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> financi\u00e8re, notamment pour l\u2019agriculture familiale, fut d\u2019embl\u00e9e plac\u00e9e au centre des \u00e9changes. Ces agricultures demeurent le socle des syst\u00e8mes alimentaires mondiaux et g\u00e9n\u00e8rent la majorit\u00e9 des emplois, assure la gestion durable des ressources naturelles et nourrit l\u2019essentiel de la population. Pourtant, en Afrique subsaharienne par exemple, moins de 10% des petits producteurs b\u00e9n\u00e9ficient de l&rsquo;acc\u00e8s aux cr\u00e9dits bancaires. Les financements sont dirig\u00e9s le plus souvent vers de grandes entreprises ou des projets de dimension plus importante, laissant les exploitations familiales en marge d\u2019une transformation majeure. Ce d\u00e9ficit structurel de financement, d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 lors des pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9ditions de la conf\u00e9rence internationale de FARM, persiste.<\/p>\n<p>L\u2019inclusion financi\u00e8re, qui vise \u00e0 faciliter l\u2019acc\u00e8s des petits producteurs \u00e0 des services financiers adapt\u00e9s, demeure donc un enjeu central. Or, la mesure d\u2019impact devient un pilier de la mobilisation, de l\u2019orientation et du suivi des financements agricoles, conditionnant l\u2019acc\u00e8s aux ressources et la transformation durable du secteur, <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/investissements-agricoles-comment-transformer-les-pratiques-pour-un-impact-positif\/\">comme nous l\u2019avons rappel\u00e9 dans le deuxi\u00e8me volet de ces synth\u00e8ses.<\/a> Elle influence le financement de l\u2019agriculture <em>via <\/em>les crit\u00e8res d\u2019acc\u00e8s au financement (conditionnalit\u00e9 en fonction des r\u00e9sultats) ou encore l\u2019am\u00e9lioration des produits financiers (microcr\u00e9dit, assurance, services digitaux, etc.). Le choix des indicateurs retenus pour l\u2019octroi des financements est donc cl\u00e9 pour favoriser l\u2019inclusion financi\u00e8re des producteurs.<\/p>\n<p>Mais pour que la transition agricole et alimentaire soit effective, il faut aussi que la mesure de l\u2019impact des investissements prenne en compte les r\u00e9alit\u00e9s de terrain et soit accessible \u00e0 tous les acteurs, notamment les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00514c;\"><strong>Voix du terrain : la coop\u00e9rative et la diversification comme leviers d\u2019adaptation<\/strong><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Assata Doumbia, pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative ECAM \u00e0 M\u00e9agui (C\u00f4te d\u2019Ivoire), a partag\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience de sa structure, pass\u00e9e de 89 \u00e0 3\u202f500 producteurs (dont 546 femmes), et g\u00e9rant aujourd\u2019hui plus de 14\u202f000 hectares de cacao. La coop\u00e9rative s\u2019est organis\u00e9e pour r\u00e9pondre aux d\u00e9fis de la productivit\u00e9, du changement climatique, de la lutte contre les maladies des cultures et de la gestion de la volatilit\u00e9 des prix. Pour cela, elle a mis\u00e9 sur la certification (Fair Trade, Rainforest Alliance, bio), la g\u00e9olocalisation des parcelles, la formation continue et la diversification des cultures (h\u00e9v\u00e9a, mara\u00eechage). Cependant, les producteurs doivent surmonter de nombreux obstacles comme le faible acc\u00e8s au cr\u00e9dit, la difficult\u00e9 de mobiliser des financements ad hoc ou efficaces et celle de s\u2019adapter aux exigences des march\u00e9s et des partenaires. Les producteurs souffrent aussi du manque de reconnaissance du r\u00f4le des organisations de producteurs par les bailleurs internationaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00514c;\"><strong>Le r\u00f4le des institutions financi\u00e8res<\/strong><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mathieu Soglonou, directeur de la <a href=\"https:\/\/www.cif-ao.org\/\">Conf\u00e9d\u00e9ration des institutions financi\u00e8res en Afrique de l\u2019Ouest (CIF-AO),<\/a> a rappel\u00e9 la vocation du mutualisme financier dans cinq pays ouest-africains (5,5\u202fmillions de clients, impact estim\u00e9 sur 30\u202fmillions de personnes). Les coop\u00e9ratives financi\u00e8res mobilisent l\u2019\u00e9pargne locale et r\u00e9investissent dans la petite agriculture, favorisant la cr\u00e9ation de valeur au niveau local, l\u2019emploi et l\u2019autonomisation des femmes. La structure a d\u00e9velopp\u00e9 une approche int\u00e9gr\u00e9e, combinant cr\u00e9dit, \u00e9ducation financi\u00e8re, accompagnement technique et contractualisation tripartite (producteur, acheteur, transformateur) pour r\u00e9pondre aux besoins des producteurs.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>Nous avons observ\u00e9 qu&rsquo;avec la d\u00e9gradation des sols dans un environnement d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, il fallait revoir notre approche du financement. Nous avons donc introduit dans notre strat\u00e9gie la digitalisation des services financiers. Nous avons \u00e9galement introduit une \u00e9ducation au choix de culture \u00e0 mettre en place par les petits producteurs. C\u2019est pourquoi, aujourd&rsquo;hui, nous ne finan\u00e7ons plus certaines cultures, mais nous avons mis beaucoup plus l&rsquo;accent sur des cultures qui prot\u00e8gent l&rsquo;environnement, qui apportent une plus forte valeur ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie locale, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, port\u00e9es par les jeunes et par les femmes notamment<\/em>.\u00a0\u00bb a indiqu\u00e9 l\u2019intervenant.<\/p><\/blockquote>\n<p>Soucieuse d\u2019impacts sociaux, la CIF s\u2019est dot\u00e9e d\u2019outils : selon une enqu\u00eate ind\u00e9pendante men\u00e9e en 2024, 87 % des b\u00e9n\u00e9ficiaires ont observ\u00e9 une am\u00e9lioration de leurs conditions de vie, 95 % ont vu leur production cro\u00eetre, et 58 % des femmes ont investi davantage. Toutefois, Mathieu Soglonou reconna\u00eet que la pression sur les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat reste \u00e9lev\u00e9e et que la co-construction avec les membres s\u2019av\u00e8re essentielle. La mesure d\u2019impact, pour la CIF-AO, ne se limite pas \u00e0 des indicateurs financiers. Elle inclut la cr\u00e9ation d\u2019emplois, la contribution \u00e0 l\u2019\u00e9conomie locale et le paiement des imp\u00f4ts. L\u2019enjeu est de d\u00e9montrer que les investissements profitent r\u00e9ellement aux communaut\u00e9s rurales et soutiennent un d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Normes, outils, dialogue\u202f: que peut la mesure d\u2019impact\u202f?<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>C\u00e9cile Lapenu, directrice de Cerise, a pr\u00e9sent\u00e9 le travail de <a href=\"https:\/\/cerise-sptf.org\/fr\/\">Cerise-SPTF<\/a>, coalition internationale d\u2019acteurs de la finance inclusive depuis 20 ans. Leur objectif est d\u2019am\u00e9liorer les pratiques pour prot\u00e9ger les petits producteurs et emprunteurs, en d\u00e9veloppant des outils d\u2019\u00e9valuation et d\u2019accompagnement adapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s du terrain. Cerise-SPTF travaille notamment sur la performance sociale et environnementale des institutions financi\u00e8res.<\/p>\n<p>L\u2019approche de Cerise-SPTF vise \u00e0 garantir la redevabilit\u00e9 des financeurs, tout en facilitant l\u2019acc\u00e8s au financement pour les partenaires locaux. L\u2019organisation insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019indicateurs pertinents, d\u2019algorithmes v\u00e9rifiables et d\u2019outils de mesure accessibles et faciles \u00e0 utiliser pour les producteurs. L\u2019accent est mis sur la formation, le partage des connaissances et le renforcement des capacit\u00e9s locales. La finalit\u00e9 est que la mesure d\u2019impact ne soit pas un simple exercice de communication, mais un v\u00e9ritable levier d\u2019am\u00e9lioration des pratiques.<\/p>\n<p>C\u00e9line Lapenu a d\u2019ailleurs rappel\u00e9 l\u2019importance des <a href=\"https:\/\/www.un.org\/sustainabledevelopment\/fr\/objectifs-de-developpement-durable\/\">Objectifs de d\u00e9veloppement durable<\/a> qui ont servi de feuille de route et de langage commun pour mesurer l\u2019impact et orienter l\u2019action, notamment dans la finance inclusive responsable (RIF) et l\u2019agriculture\/alimentation responsable (RAF). Ils aident \u00e0 structurer les strat\u00e9gies sociales et environnementales, \u00e0 mesurer les progr\u00e8s et \u00e0 accompagner les acteurs face \u00e0 des d\u00e9fis comme le changement climatique. Elle met l\u2019accent sur l\u2019importance d\u2019aller au-del\u00e0 du simple <em>reporting <\/em>r\u00e9glementaire (comme le r\u00e8glement sur la publication d&rsquo;informations de durabilit\u00e9 dans le secteur des services financiers &#8211; <a href=\"https:\/\/bigmedia.bpifrance.fr\/nos-dossiers\/sfdr-la-reglementation-europeenne-en-finance-durable\">SFDR<\/a> ). \u00a0Il s\u2019agit d\u2019utiliser ces cadres pour prendre des d\u00e9cisions, g\u00e9rer les risques sociaux et environnementaux, et travailler en coalition avec divers acteurs (producteurs, investisseurs, ONG, etc.). Les normes internationales (IFC, FAO, commerce \u00e9quitable) servent \u00e0 ce titre de rep\u00e8res pour \u00e9valuer les pratiques et renforcer la redevabilit\u00e9. Pour cela, des outils sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s, comme l\u2019agri CP tool pour la protection des petits producteurs, permettant d\u2019\u00e9valuer et d\u2019am\u00e9liorer les pratiques sociales et environnementales dans le secteur agricole, \u00e0 l\u2019image des \u00e9tats financiers pour la gestion \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Enfin, C\u00e9cile Lapenu souligne l\u2019importance des groupes de travail, des audits, des formations et des r\u00e9seaux d\u2019experts pour tester ces outils sur le terrain, accompagner les utilisateurs pour am\u00e9liorer collectivement les pratiques, et garantir des contrats \u00e9quitables pour les producteurs.<\/p>\n<p>Mamadou Go\u00efta, directeur de l\u2019Institut de recherche et de promotion des alternatives en d\u00e9veloppement en Afrique (<a href=\"https:\/\/irpadafrique.org\/\">IRPAD<\/a>) et membre du panel IPES-Food pose, en fin de discussion, une question cl\u00e9 sur les standards et les objectifs de la mesure d\u2019impact\u00a0: comment garantir que l\u2019impact r\u00e9ponde aux attentes r\u00e9elles des communaut\u00e9s, et pas seulement aux exigences des bailleurs\u202f? Cela suppose d\u2019\u00e9viter l\u2019imposition de standards venus du Nord, de donner la parole aux acteurs locaux dans la dur\u00e9e, et de penser la valorisation et l\u2019appropriation des r\u00e9sultats d\u2019\u00e9valuation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00514c;\"><strong>Recherche, m\u00e9thodes et \u00ab\u202fmalentendus\u202f\u00bb sur l\u2019impact<\/strong><\/span><\/h3>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cv.hal.science\/florent-bedecarrats\">Florent B\u00e9d\u00e9carrats<\/a>, chercheur \u00e0 l\u2019Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement (IRD), a mis en perspective la divergence des r\u00e9f\u00e9rentiels\u202f: la recherche acad\u00e9mique focalis\u00e9e sur la causalit\u00e9 et la robustesse m\u00e9thodologique, les acteurs financiers sur des jeux d\u2019indicateurs multiples et les organisations paysannes sur la transformation concr\u00e8te, souvent qualitative et de long terme. Ces \u00ab\u202ftrois mondes\u202f\u00bb ne parlent pas toujours la m\u00eame langue : la finance recherche des impacts \u00ab\u202fprouv\u00e9s\u202f\u00bb\u202f; les producteurs veulent des outils pour \u00ab\u202fam\u00e9liorer\u202f\u00bb. Il existe ainsi un besoin de r\u00e9f\u00e9rentiels partag\u00e9s, de donn\u00e9es publiques (statistiques agricoles de qualit\u00e9), de voix paysannes mieux repr\u00e9sent\u00e9es dans la d\u00e9finition et l\u2019\u00e9valuation de l\u2019impact.<\/p>\n<p>En agriculture, et particuli\u00e8rement en Afrique, les \u00e9valuations d\u2019impact sont g\u00e9n\u00e9ralement peu nombreuses et difficiles \u00e0 interpr\u00e9ter. L\u2019absence de dialogue entre recherche, acteurs financiers, associations paysannes et \u00c9tat freine l\u2019\u00e9dification d\u2019un r\u00e9f\u00e9rentiel commun. Alors que dans d\u2019autres secteurs, comme la sant\u00e9 publique, des alignements plus efficaces entre science, soci\u00e9t\u00e9 civile et acteurs \u00e9conomiques existent, l\u2019\u00c9tat peine parfois \u00e0 jouer ce r\u00f4le d\u2019arbitre en agriculture. Florent B\u00e9d\u00e9carrats appelle donc \u00e0 une implication plus forte de ce dernier pour cr\u00e9er des politiques publiques concert\u00e9es et des donn\u00e9es partag\u00e9es, afin d\u2019harmoniser les approches et am\u00e9liorer la mesure de l\u2019impact dans le financement agricole.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" title=\"Mamadou Go\u00efta, Directeur de l&#039;IRPAD et membre du panel IPES-Food (Mali)  -  FARM 2025\" width=\"1200\" height=\"675\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/WtcRubnOC_A?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Mamadou Go\u00efta (IRPAD), insiste lui aussi sur les malentendus relatifs \u00e0 la mesure de l\u2019impact, en particulier sur le foss\u00e9 entre savoirs scientifiques et connaissances locales. Il met en garde contre la volont\u00e9 de tout justifier scientifiquement, au d\u00e9triment des faits et savoirs issus de l\u2019exp\u00e9rience paysanne. Cette approche peut biaiser l\u2019identification de changements impactants et gaspiller temps et ressources. Le chercheur insiste aussi sur la n\u00e9cessit\u00e9 de reconna\u00eetre l\u2019histoire, les dynamiques du terrain et de prendre en compte les acquis existants. Trop souvent, chaque nouvel intervenant agit comme si rien n\u2019avait \u00e9t\u00e9 fait auparavant, <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/anthropodev\/1682\">ignorant l\u2019histoire et les dynamiques sociales, \u00e9conomiques et politiques<\/a> du milieu. Il critique la tendance \u00e0 multiplier les projets pilotes pour tester outils ou financements, sans tenir compte des dynamiques d\u00e9j\u00e0 en place. Selon lui, il faut partir des exp\u00e9riences pertinentes de terrain\u00a0et prolonger les transformations, plut\u00f4t que de toujours vouloir \u201cr\u00e9soudre un probl\u00e8me\u201d de z\u00e9ro.<\/p>\n<p>Enfin, Mamadou Go\u00efta d\u00e9nonce le fait que beaucoup de projets sont b\u00e2tis sur des objectifs irr\u00e9alistes, menant \u00e0 une forme de \u201cmensonge collectif\u201d sur les r\u00e9sultats attendus. Il appelle \u00e0 changer d\u2019approche, \u00e0 partir des acquis existants et \u00e0 reconna\u00eetre les limites des instruments de financement actuels, souvent inadapt\u00e9s (cr\u00e9dits trop courts, taux \u00e9lev\u00e9s, montants insuffisants), en particulier pour les femmes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00514c;\"><strong>Propositions et voies d\u2019avenir <\/strong><\/span><\/h3>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\u00c9viter les pi\u00e8ges et les d\u00e9rives d\u2019une financiarisation excessive, o\u00f9 la rentabilit\u00e9 \u00e9conomique prendrait le pas sur l\u2019impact social, en particulier sur les revenus et les conditions de vie des producteurs, et sur l\u2019impact environnemental.<\/li>\n<li>Aller au-del\u00e0 des malentendus sur les indicateurs, en privil\u00e9giant des d\u00e9marches de progr\u00e8s continu et l\u2019accompagnement plut\u00f4t que la mise en conformit\u00e9.<\/li>\n<li>Renforcer la formation, l\u2019autonomisation et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information pour les organisations de producteurs, en les associant d\u00e8s la conception des dispositifs d\u2019\u00e9valuation.<\/li>\n<li>Impliquer l\u2019\u00c9tat comme garant d\u2019un r\u00e9f\u00e9rentiel commun et s\u2019appuyer sur des politiques publiques concert\u00e9es et la production de statistiques agricoles fiables.<\/li>\n<li>Favoriser la cr\u00e9ation d\u2019espaces multi acteurs, d\u2019outils partag\u00e9s et de coalitions de parties prenantes, pour que les donn\u00e9es, les normes et les d\u00e9cisions puissent faire l\u2019objet d\u2019une appropriation par les producteurs et leurs organisations.<\/li>\n<li>Valoriser les dispositifs d\u2019utilisation des r\u00e9sultats d\u2019impact et de retour d\u2019exp\u00e9rience dans les communaut\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me table ronde de la conf\u00e9rence internationale a permis de souligner que la mesure de l\u2019impact des investissements agricoles, loin d\u2019\u00eatre un simple exercice technique, constitue un enjeu politique et social majeur pour la r\u00e9ussite de la transition agricole dans les pays du Sud. Ce constat peut d\u2019ailleurs \u00eatre \u00e9largi aux pays du Nord, <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/outils-mrv-impact-transition-agroecologique\/\">comme nous l\u2019avions rappel\u00e9 lors d\u2019un s\u00e9minaire en 2023 avec l\u2019Initiative internationale \u00ab\u00a04 pour 1000\u00a0\u00bb.<\/a><\/p>\n<p>L\u2019inclusivit\u00e9, la simplicit\u00e9, la transparence et la co-construction sont les cl\u00e9s pour transformer la mesure d\u2019impact en un v\u00e9ritable levier de d\u00e9veloppement durable, au service des producteurs et de l\u2019ensemble des territoires ruraux.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> L\u2019inclusion\u00a0d\u00e9signe l\u2019action d\u2019int\u00e9grer activement des personnes ou des groupes qui \u00e9taient jusque-l\u00e0 en marge ou exclus. C\u2019est donc un\u00a0processus\u202fo\u00f9 des dispositifs sont mis en \u0153uvre pour que chacun ait acc\u00e8s aux m\u00eames droits, aux m\u00eames ressources et soit reconnu dans la soci\u00e9t\u00e9 ou dans un environnement donn\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn1\">[2]<\/a> L\u2019inclusion financi\u00e8re d\u00e9signe quant \u00e0 elle la capacit\u00e9, pour tous les individus et entreprises \u2013 notamment les populations pauvres, vuln\u00e9rables ou rurales \u2013 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une gamme compl\u00e8te de produits et services financiers adapt\u00e9s \u00e0 leurs besoins, tels que le cr\u00e9dit, l\u2019\u00e9pargne, l\u2019assurance ou les moyens de paiement.<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La troisi\u00e8me table ronde de la Conf\u00e9rence internationale de la Fondation FARM, organis\u00e9e le 28 janvier 2025 \u00e0 la Cit\u00e9 internationale universitaire de Paris, a explor\u00e9 la question centrale de l\u2019inclusion des producteurs agricoles dans la mesure de l\u2019impact des investissements<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":34565,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[81],"thematique":[134],"annee":[139],"class_list":["post-34876","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers","tag-agriculture","thematique-conference-internationale","annee-139"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34876","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34876"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34876\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":36550,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34876\/revisions\/36550"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34565"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34876"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34876"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34876"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=34876"},{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=34876"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}