{"id":33061,"date":"2025-06-20T17:00:00","date_gmt":"2025-06-20T15:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=33061"},"modified":"2025-07-02T10:12:47","modified_gmt":"2025-07-02T08:12:47","slug":"phosphates-ouest-africains-developper-la-production-et-anticiper-les-risques-sanitaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/phosphates-ouest-africains-developper-la-production-et-anticiper-les-risques-sanitaires\/","title":{"rendered":"West African phosphates: developing production and anticipating health risks"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Le phosphore, symbolis\u00e9 par le \u00ab P \u00bb dans la formulation NPK des engrais min\u00e9raux, est essentiel pour la production agricole, en particulier pour le d\u00e9veloppement racinaire et la maturation des plantes. <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/4\/y5053f\/y5053f05.htm\">Il est principalement absorb\u00e9 pendant la croissance v\u00e9g\u00e9tative et est impliqu\u00e9 dans la formation des graines et des fruits<\/a>, ce qui en fait un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 pour optimiser les rendements agricoles et garantir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, tant en Afrique de l\u2019Ouest qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. FARM livre une premi\u00e8re analyse sur la situation des flux commerciaux de phosphates entre l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et le reste du monde.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-33068\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/v2-Carte-Phosphate-GIF-Anime.gif\" alt=\"\" width=\"1440\" height=\"1080\" \/><\/p>\n<p><strong>M\u00e9thodologie<\/strong><\/p>\n<p>Cette analyse explore l\u2019\u00e9volution des \u00e9changes et de la consommation annuels moyens de phosphore, exprim\u00e9s en \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux purs (P) pour leur usage agricole entre l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et sept grands ensembles g\u00e9ographiques sur trois d\u00e9cennies (1990-2022). Les donn\u00e9es, issues de FAOSTAT (2024), sont repr\u00e9sent\u00e9es par des cartes illustrant trois p\u00e9riodes distinctes : 1990-2000, 2001-2011 et 2012-2022. Les importations sont visualis\u00e9es par des histogrammes, les exportations par des fl\u00e8ches proportionnelles aux volumes et la consommation par des aplats de couleur refl\u00e9tant l\u2019intensit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019Afrique de l\u2019Ouest, un acteur mineur du march\u00e9 mondial des phosphates<\/strong><\/p>\n<p>La fabrication des phosphates et des engrais phosphat\u00e9s industriels comprend plusieurs \u00e9tapes, depuis l\u2019extraction mini\u00e8re et la pr\u00e9paration de la roche phosphat\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la transformation chimique en acide phosphorique et la fabrication des engrais. Une fois extraite, la roche phosphat\u00e9e est transport\u00e9e vers des sites de transformation. <a href=\"https:\/\/unctad.org\/system\/files\/official-document\/ditccom2023d4_fr.pdf\">Selon les estimations, en 2021, plus de 85 % de l&rsquo;acide phosphorique obtenu \u00e0 partir de la transformation de la roche phosphat\u00e9e \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;industrie des engrais<\/a>. Apr\u00e8s enrichissement, le minerai de phosphate est trait\u00e9 avec de l&rsquo;acide sulfurique pour produire de l&rsquo;acide phosphorique, utilis\u00e9 dans les engrais synth\u00e9tiques. La nature du phosphate \u00e9chang\u00e9 est importante car une fois export\u00e9e elle peut \u00eatre soumise \u00e0 des transformations qui n\u00e9cessitent des infrastructures couteuses avant d\u2019\u00eatre utilisable par les agriculteurs.<\/p>\n<p>Les \u00e9changes commerciaux de phosphates se font sous diff\u00e9rentes formes, principalement 6 dont les taux de phosphore purs sont variables\u00a0:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-33063\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Forme-de-P-2000x1358.png\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"679\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Forme-de-P-2000x1358.png 2000w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Forme-de-P-300x204.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Forme-de-P-768x522.png 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Forme-de-P-1536x1043.png 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Forme-de-P-2048x1391.png 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Forme-de-P-1500x1019.png 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p>Les principales formes d\u2019engrais phosphat\u00e9s \u00e9chang\u00e9es sur le march\u00e9 mondial sont les DAP, MAP et NPK, qui repr\u00e9sentent \u00e0 eux seuls 72 % des \u00e9changes mondiaux en 2019-2020.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-33065\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Part-dans-le-commerce-2000x1248.png\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"749\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Part-dans-le-commerce-2000x1248.png 2000w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Part-dans-le-commerce-300x187.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Part-dans-le-commerce-768x479.png 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Part-dans-le-commerce-1536x959.png 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Part-dans-le-commerce-2048x1278.png 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Part-dans-le-commerce-1500x936.png 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p>Les exportations mondiales d\u2019engrais phosphat\u00e9s sont domin\u00e9es par quelques grands producteurs disposant de ressources min\u00e9rales abondantes et d\u2019une industrie de transformation performante. La Chine reste le premier pays exportateur suivie de pr\u00e8s par le Maroc et la Russie. Le Br\u00e9sil et l\u2019Inde sont des importateurs majeurs, avec en 2019-2020 respectivement 14 et 12 % des importations mondiales d\u2019engrais phosphat\u00e9s. Les deux pays sont aussi les premiers importateurs de DAP et MAP. Globalement l\u2019Asie-Pacifique domine la demande mondiale avec l\u2019Inde, la Chine, le Bengladesh et le Vietnam m\u00eame si le Br\u00e9sil est, de loin, le plus important march\u00e9 du monde. L\u2019Afrique de l\u2019Ouest, quant \u00e0 elle, en 2022, ne concentre que 1,3 % des importations pour 0,58 % de la consommation mondiale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En Afrique de l&rsquo;ouest, des flux de phosphate qui refl\u00e8tent des strat\u00e9gies commerciales variables<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;analyse des donn\u00e9es de 1990 \u00e0 2022 montre une augmentation g\u00e9n\u00e9rale des importations et des exportations en Afrique de l\u2019Ouest. En revanche, la production a fortement diminu\u00e9, surtout entre 1990 et 2011. La consommation a \u00e9galement baiss\u00e9 durant cette p\u00e9riode, passant d&rsquo;une moyenne annuelle de 130 000 tonnes \u00e0 113 000 tonnes. Cependant, sur la derni\u00e8re p\u00e9riode, la consommation a augment\u00e9, atteignant une moyenne annuelle de plus de 260 000 tonnes de phosphate.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, le Nig\u00e9ria produisait des phosphates, mais \u00e0 petite \u00e9chelle et principalement via des gisements de nodules phosphat\u00e9s. Ces gisements, souvent associ\u00e9s \u00e0 des min\u00e9ralisations d\u2019uranium n\u2019ont jamais atteint une exploitation industrielle significative (<a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https:\/\/core.ac.uk\/download\/pdf\/234663276.pdf&amp;ved=2ahUKEwjqsZmh5c2MAxXHSaQEHZjwHoEQFnoECBkQAQ&amp;usg=AOvVaw1Mygkw-LQ6z3UzuyFkkMYr\">notamment d\u00fb \u00e0 la difficult\u00e9 d\u2019identifier pr\u00e9cis\u00e9ment les r\u00e9serves r\u00e9elles du pays).<\/a> Contrairement \u00e0 des pays comme le Togo ou le S\u00e9n\u00e9gal, le Nig\u00e9ria n\u2019a pas d\u00e9velopp\u00e9 de fili\u00e8re de production de phosphate structur\u00e9e le poussant donc \u00e0 se tourner vers l\u2019importation de phosphates venant principalement d\u2019Europe sur la p\u00e9riode 2000-2011 puis du Maroc sur la p\u00e9riode 2012-2022.<\/p>\n<p>On peut identifier plusieurs strat\u00e9gies parmi les pays de la r\u00e9gion. Une strat\u00e9gie d&rsquo;exportation, notamment pour le S\u00e9n\u00e9gal, qui maintient des niveaux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;exportation vers les Am\u00e9riques malgr\u00e9 une consommation interne relativement faible. Une strat\u00e9gie de r\u00e9exportation se manifeste dans des pays comme le Mali, qui importent des quantit\u00e9s importantes de phosphates pour les r\u00e9exporter ensuite, agissant ainsi comme des plateformes commerciales intrar\u00e9gionales. Par ailleurs, une strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement agricole est illustr\u00e9e par l&rsquo;augmentation de la consommation dans des pays comme le Ghana et la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, ce qui pourrait refl\u00e9ter des efforts visant \u00e0 intensifier la production agricole. Une strat\u00e9gie de diversification des sources d&rsquo;approvisionnement appara\u00eet \u00e9galement, marqu\u00e9e par un changement clair au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, o\u00f9 l\u2019Europe devient un partenaire secondaire au profit du reste de l\u2019Afrique, et particuli\u00e8rement du Maroc.<\/p>\n<p>Ces strat\u00e9gies d\u00e9pendent de nombreux facteurs, <a href=\"https:\/\/unctad.org\/system\/files\/official-document\/ditccom2023d4_fr.pdf\">notamment logistiques, r\u00e9glementaires et financiers<\/a>. L&rsquo;insuffisance des infrastructures de transport, en particulier maritimes, n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;importation des engrais phosphat\u00e9s, cr\u00e9e une in\u00e9galit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s au march\u00e9 selon que le pays ait acc\u00e8s \u00e0 la mer. De plus, les r\u00e9glementations divergentes entre les pays compliquent la coordination des \u00c9tats, notamment dans le contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des engrais.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le Maroc et l\u2019OCP<\/strong><strong>, des phosphates (aussi) tourn\u00e9s vers l\u2019Afrique<\/strong><\/p>\n<p>Depuis le milieu des ann\u00e9es 1980, <a href=\"https:\/\/unctad.org\/system\/files\/official-document\/ditccom2023d4_fr.pdf\">le Maroc qui d\u00e9tient plus de 70% des r\u00e9serves mondiales de roches phosphat\u00e9es,<\/a> a d\u00e9velopp\u00e9 une strat\u00e9gie ambitieuse pour accro\u00eetre sa production et ses exportations d\u2019engrais phosphat\u00e9s. Au Maroc, le site de Jorf Lasfar lanc\u00e9 en 1984 est aujourd\u2019hui la premi\u00e8re plateforme mondiale de production d\u2019engrais phosphat\u00e9 au monde. Avec les investissements consentis par le groupe public OCP (Office ch\u00e9rifien des phosphates), la part de march\u00e9 du Maroc sur les engrais phosphat\u00e9s est ainsi pass\u00e9e de moins de 5 % en 2004-2005 \u00e0 15 % en 2019-2020. Bien que le royaume ch\u00e9rifien ait les plus importantes r\u00e9serves, la Chine reste cependant le premier producteur et exportateur mondial.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement des capacit\u00e9s de transformation de la roche phosphat\u00e9e au Maroc pour peser sur le march\u00e9 mondial n\u2019a pas laiss\u00e9 le continent africain en marge. Le pays est devenu en 2000 le premier partenaire de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest pour les importations de phosphates. En 2016, le groupe a lanc\u00e9 <em>OCP Africa<\/em>, une filiale d\u00e9di\u00e9e au d\u00e9veloppement de ses activit\u00e9s sur le continent africain. Cette initiative visait \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/307568\/economie-entreprises\/groupe-ocp-revoit-strategie-afrique-subsaharienne\/\">multiplier par cinq les ventes du groupe en Afrique d&rsquo;ici 2025<\/a> (en r\u00e9alit\u00e9 multipli\u00e9 par 2 entre 2018 et 2024 selon leurs rapports financiers). Cependant en Afrique de l&rsquo;Ouest, l\u2019OCP a particuli\u00e8rement intensifi\u00e9 ses efforts en mettant en place des programmes sp\u00e9cifiques comme <em>Agribooster<\/em>, lanc\u00e9 en 2015, qui vise \u00e0 cr\u00e9er un<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/549143\/economie-entreprises\/engrais-ocp-quelle-strategie-en-afrique\/\"> \u00e9cosyst\u00e8me pour faciliter aux producteurs l&rsquo;acc\u00e8s aux intrants<\/a>, et cherche \u00e0 \u00e9tablir des partenariats avec divers pays ouest-africains : par exemple, en 2024, le groupe a entam\u00e9 des discussions avec le Mali visant \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.agenceecofin.com\/intrants\/0310-122138-le-mali-veut-cooperer-avec-ocp-africa-dans-le-secteur-agricole\">renforcer l\u2019utilisation des engrais dans le secteur agricole<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1450249\/economie-entreprises\/le-togo-se-tourne-vers-ocp-pour-transformer-son-phosphate-en-engrais\/\">le Togo a quant \u00e0 lui, sign\u00e9 un accord en 2023 pour construire une usine de production d\u2019engrais phosphat\u00e9s<\/a> et ainsi exploiter ses r\u00e9serves de phosphate. En 2019, le g\u00e9ant des phosphates a sign\u00e9 un accord avec le Ghana pour la construction (<a href=\"https:\/\/leseco.ma\/maroc\/fertilisants-locp-accroit-ses-investissements-au-ghana.html\">pr\u00e9vue en 2026<\/a>) d\u2019une usine de production d\u2019engrais phosphat\u00e9s d\u2019une capacit\u00e9 de production d\u2019un million de tonnes par an. <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/engrais-l-office-cherifien-des-phosphates-joue-sa-partition-au-nigeria-22-10-2022-2494822_3826.php#11\">Au Nig\u00e9ria, l\u2019OCP a inaugur\u00e9 en 2022<\/a> une usine permettant la fabrication d\u2019engrais phosphat\u00e9s, important l\u2019acide phosphorique du Maroc et en transformant le gaz Nig\u00e9rian, abondant, en ammoniac pour fabriquer du MAP\/DAP. L\u2019OCP se positionne plus globalement comme un partenaire majeur des pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest dans le secteur agricole, stimulant ainsi la demande pour des engrais. En t\u00e9moigne par exemple, <a href=\"https:\/\/www.agenceecofin.com\/actualites-finance\/2502-126141-maroc-innovx-lance-un-fonds-dedie-a-la-transformation-de-lagriculture-africaine\">l\u2019annonce r\u00e9cente<\/a> du lancement d\u2019un fonds d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la transformation de l\u2019agriculture africaine, par Innovx, filiale de l\u2019Universit\u00e9 Mohamed VI polytechnique, fond\u00e9e et financ\u00e9e par le groupe OCP. Enfin, pour consolider sa position de leader mondial et sa pr\u00e9sence en Afrique, l&rsquo;OCP pr\u00e9voit de continuer \u00e0 investir massivement dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Un plan <a href=\"https:\/\/www.agenceecofin.com\/actualites-agro\/2810-122897-maroc-le-groupe-ocp-injectera-14-milliards-dans-ses-activites-d-ici-a-2027\">d&rsquo;investissement de 14 milliards de dollars est pr\u00e9vu pour la p\u00e9riode 2025-2027<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Des r\u00e9serves de phosphate en Afrique de l\u2019Ouest mais peu exploit\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;analyse des donn\u00e9es de production de phosphate en Afrique de l&rsquo;Ouest r\u00e9v\u00e8le plusieurs tendances. On observe une diminution significative de la production de phosphates dans la r\u00e9gion, malgr\u00e9 un pic en 2017-2018 pour le S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 60\u00a0000 tonnes. La production totale est pass\u00e9e de 119 956 tonnes en 1992 \u00e0 des niveaux tr\u00e8s bas, dans les ann\u00e9es r\u00e9centes. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, quatre pays (Burkina Faso, C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, Nigeria et S\u00e9n\u00e9gal) produisaient des phosphates. Cependant, vers la fin de la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, la plupart ont cess\u00e9 leur production. La production de chaque pays montre des fluctuations significatives d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre, soulignant une instabilit\u00e9 dans le secteur, exacerb\u00e9 par des d\u00e9fis structurels et g\u00e9opolitiques.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-33067\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Pro-P-b-2000x1048.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"629\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Pro-P-b-2000x1048.jpg 2000w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Pro-P-b-300x157.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Pro-P-b-768x403.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Pro-P-b-1536x805.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Pro-P-b-2048x1073.jpg 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Pro-P-b-1500x786.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p>Plusieurs raisons peuvent venir expliquer la r\u00e9duction de la production d\u2019engrais phosphat\u00e9s dans la r\u00e9gion. Tout d\u2019abord, les gisements de phosphates peuvent s\u2019\u00eatre \u00e9puis\u00e9s ou bien sont devenus \u00e9conomiquement non viables \u00e0 exploiter. Ensuite, une d\u00e9t\u00e9rioration des conditions de march\u00e9, telle que la baisse des prix mondiaux des phosphates ou l&rsquo;augmentation des co\u00fbts d&rsquo;extraction, peut rendre la production non rentable<a href=\"https:\/\/unctad.org\/system\/files\/official-document\/ditccom2023d4_fr.pdf\">. Le manque d&rsquo;investissement dans les infrastructures<\/a> n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;extraction et au transport, peuvent \u00e9galement entraver la production. Les instabilit\u00e9s politiques, notamment les changements de r\u00e9gime ou les conflits, peuvent aussi perturber les op\u00e9rations mini\u00e8res. Par ailleurs, une concurrence internationale accrue, avec l\u2019\u00e9mergence de producteurs plus comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 mondial, peut marginaliser ces pays. Enfin, des changements de politiques, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de modifications dans les politiques gouvernementales concernant l&rsquo;exploitation mini\u00e8re ou l&rsquo;environnement, peuvent affecter la production. Il ne faut pas non plus sous-estimer le c\u00f4t\u00e9 de la demande qui fait face \u00e0 des contraintes \u00e9conomiques et d\u2019accessibilit\u00e9 physique et qui n\u2019est pas suffisamment stimul\u00e9e par les politiques ou les soutiens publics.<\/p>\n<p>Le principal frein \u00e0 l\u2019utilisation des engrais phosphat\u00e9s en Afrique de l\u2019Ouest reste leur co\u00fbt \u00e9lev\u00e9. Les prix des phosphates et plus particuli\u00e8rement du DAP (qui repr\u00e9sente plus de 25 % des \u00e9changes commerciaux mondiaux) ont beaucoup augment\u00e9 et connu une forte volatilit\u00e9. Ils ont \u00e9t\u00e9 largement impact\u00e9s par les diff\u00e9rentes crises des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, aggravant ainsi la difficult\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s aux engrais phosphat\u00e9s pour les pays et les producteurs de la r\u00e9gion ouest-africaine. Ainsi, au cours de la crise sur les prix agricoles en 2008, les prix du DAP ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par 4,3 avant de baisser et de conna\u00eetre une nouvelle hausse avec la crise du COVID 19 et l\u2019agression de l\u2019Ukraine par la Russie, les multipliant \u00e0 nouveau par 4 entre 2019 et 2022.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-33066\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-P-2000x1193.png\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"716\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-P-2000x1193.png 2000w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-P-300x179.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-P-768x458.png 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-P-1536x916.png 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-P-2048x1221.png 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-P-1500x895.png 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p><strong>Pollution au cadmium des phosphates, une \u00ab\u00a0bombe sanitaire\u00a0\u00bb pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La question des taux de cadmium dans l\u2019organisme humain et dans les sols a fait l\u2019objet d\u2019une attention renouvel\u00e9e dans le d\u00e9bat public en France au <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/planete\/article\/2025\/06\/05\/la-france-malade-du-cadmium-une-bombe-sanitaire-alertent-les-medecins-liberaux_6610597_3244.html\">printemps 2025<\/a> en raison <a href=\"https:\/\/www.anses.fr\/fr\/content\/cadmium-reduire-exposition\">de sa toxicit\u00e9 av\u00e9r\u00e9e<\/a>. Dans les pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, des \u00e9tudes et travaux d\u00e9montrent \u00e9galement une pr\u00e9occupation croissante concernant l\u2019accumulation de m\u00e9taux lourds, dont le cadmium, dans les cultures.<\/p>\n<p>Hormis le tabac, qui concentre particuli\u00e8rement ce m\u00e9tal, l\u2019alimentation repr\u00e9sente la voie principale d\u2019exposition des populations au cadmium, notamment \u00e0 travers la consommation de c\u00e9r\u00e9ales, de l\u00e9gumes, de racines et de tubercules. Dans ces denr\u00e9es v\u00e9g\u00e9tales, le cadmium est absorb\u00e9 \u00e0 partir du sol, lui-m\u00eame contamin\u00e9 par les d\u00e9p\u00f4ts issus de la pollution atmosph\u00e9rique et par certaines pratiques agricoles, en particulier l\u2019utilisation d\u2019engrais phosphat\u00e9s. En France, ils seraient responsables de <a href=\"https:\/\/factuel.univ-lorraine.fr\/node\/9061\">75 % des entr\u00e9es de cadmium dans le sol<\/a>.<\/p>\n<p>Le cadmium est un \u00e9l\u00e9ment naturellement pr\u00e9sent dans les sols et dans les roches phosphat\u00e9es. Sa concentration est g\u00e9n\u00e9ralement plus \u00e9lev\u00e9e dans les gisements s\u00e9dimentaires, qui repr\u00e9sentent la majorit\u00e9 des gisements (en particulier au Maroc). Les gisements de roches ign\u00e9es o\u00f9 l\u2019on trouve aussi du phosphate, comme ceux de Russie, en contiennent significativement moins.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la toxicit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e du cadmium, des r\u00e8glementations ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre d\u00e9finissant un seuil maximum de cadmium dans les sols. Au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne, le seuil maximal est fix\u00e9 \u00e0 60 mg de cadmium (Cd) par kg de P\u2082O\u2085 dans les engrais phosphat\u00e9s, avec une tendance \u00e0 l\u2019abaissement progressif vers 20 mg Cd\/kg de P\u2082O\u2085. Les pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest disposent d\u2019un cadre r\u00e8glementaire harmonis\u00e9 \u00e0 travers la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) qui fixe les limites sp\u00e9cifiques pour les m\u00e9taux lourds dont le cadmium (R\u00e8glement C\/REG.13\/12\/12 et r\u00e8glement d\u2019ex\u00e9cution ECW\/PEC\/IR\/02\/03\/2016). La concentration maximale de cadmium tol\u00e9r\u00e9e dans les engrais est exprim\u00e9e <a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https:\/\/faolex.fao.org\/docs\/pdf\/eco218275.pdf&amp;ved=2ahUKEwjL1dumu4eOAxXVRaQEHSXvA8QQFnoECBsQAQ&amp;usg=AOvVaw3KovD9h1KbAwkuZFRzM6m1\">en ppm par 1% de P\u2082O\u2085<\/a>, ce qui rend la comparaison directe complexe. Selon nos calculs, ces seuils apparaissent n\u00e9anmoins nettement plus \u00e9lev\u00e9s que ceux de l\u2019Union europ\u00e9enne, pouvant atteindre environ 1\u202f000\u202fmg de Cd\/kg de P\u2082O\u2085.<\/p>\n<p>Les risques de pollutions au cadmium peuvent \u00eatre aggrav\u00e9s par plusieurs facteurs\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Le caract\u00e8re acide des sols ouest africains<\/strong>. Les sols d\u2019Afrique de l\u2019Ouest pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement un <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/engrais-et-fertilite-des-sols-en-afrique-de-louest-tout-comprendre\/\">pH acide \u00e0 faiblement acide<\/a>, compris entre 5 et 7. Or, la <a href=\"https:\/\/www.anses.fr\/fr\/system\/files\/VSR2015SA0140Ra-3.pdf\">disponibilit\u00e9 et la mobilit\u00e9 du cadmium augmentent nettement lorsque le pH du sol est acide<\/a>, suivant une courbe logarithmique d\u00e9croissante \u00e0 mesure que le pH s\u2019\u00e9l\u00e8ve. \u00c0 l\u2019inverse, des sols au pH neutre ou alcalin favorisent l\u2019adsorption du cadmium sur les particules du sol, ce qui r\u00e9duit sa biodisponibilit\u00e9 pour les plantes et limite sa mobilit\u00e9 dans l\u2019environnement.<\/p>\n<p><strong>La <\/strong><strong><a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/engrais-et-fertilite-des-sols-en-afrique-de-louest-tout-comprendre\/\">faible teneur en mati\u00e8re organique<\/a><\/strong><strong> des sols ouest-africains<\/strong>.<a href=\"https:\/\/comifer.asso.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/Resume-Laurence-DENAIX.pdf\"> La mati\u00e8re organique joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019adsorption du cadmium<\/a>. Plus un sol en est riche, plus elle limite la biodisponibilit\u00e9 du cadmium pour les plantes, r\u00e9duisant ainsi les risques de pollution pour l\u2019environnement et la sant\u00e9 humaine.<\/p>\n<p><strong>La teneur en cadmium des gisement s\u00e9dimentaires ouest-africains<\/strong> notamment ceux du Togo et du S\u00e9n\u00e9gal, pr\u00e9sentent des teneurs en cadmium particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es par rapport \u00e0 d&rsquo;autres fournisseurs mondiaux. Les concentrations y varient g\u00e9n\u00e9ralement entre <a href=\"https:\/\/www.anses.fr\/fr\/system\/files\/VSR2015SA0140Ra-3.pdf\">58 et 87 mg de cadmium par kilogramme de P\u2082O\u2085<\/a>.<\/p>\n<p>Si les teneurs en cadmium des gisements ouest-africains, sont sup\u00e9rieures \u00e0 celles des phosphates marocains \u2013 qui repr\u00e9sentent 58\u202f% de la consommation r\u00e9gionale en 2022 selon la FAO -, les quantit\u00e9s d\u2019engrais appliqu\u00e9es dans la r\u00e9gion restent relativement faibles. Selon la FAO (2022), elles sont dix fois inf\u00e9rieures \u00e0 celles observ\u00e9es en France, pays qui a par ailleurs <a href=\"https:\/\/www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr\/edition-numerique\/bilan-environnemental\/partie1-vue-ensemble\">r\u00e9duit de 70\u202f% sa consommation d\u2019engrais phosphat\u00e9s depuis 1972<\/a>. Ces niveaux de consommation limite pour l\u2019instant le risque de d\u00e9passement des seuils agricoles, comme le souligne une <a href=\"https:\/\/www.science.org\/doi\/10.1126\/science.adr5214\">\u00e9tude r\u00e9cente publi\u00e9e en 2025 dans la revue Science<\/a>. Il faut consid\u00e9rer ces niveaux de consommation comme des moyennes qui ne prennent pas en compte l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des volumes appliqu\u00e9s selon les fili\u00e8res et les territoires.\u00a0 N\u00e9anmoins, ces \u00e9l\u00e9ments appellent \u00e0 la vigilance quant \u00e0 l\u2019exploitation des gisements togolais et s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n<p>Dans le contexte ouest-africain, o\u00f9 les sols subissent une <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/engrais-et-fertilite-des-sols-en-afrique-de-louest-tout-comprendre\/\">d\u00e9gradation progressive et une diminution de leur teneur en \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux<\/a>, renoncer \u00e0 la fertilisation phosphat\u00e9e ne ferait qu\u2019accentuer la d\u00e9gradation et la baisse de productivit\u00e9 des sols. L\u2019apport de phosphates demeure donc indispensable, <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/engrais-et-fertilite-des-sols-en-afrique-de-louest-tout-comprendre\/\">au regard des bilans nutritifs des sols,<\/a> pour compenser ce d\u00e9ficit de fertilit\u00e9 des sols et garantir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans la r\u00e9gion tout en privil\u00e9giant l\u2019utilisation des ressources locales afin de renforcer la souverainet\u00e9 alimentaire de la r\u00e9gion. Un enjeu cl\u00e9 r\u00e9side dans la mise en place de pr\u00e9cautions et de bonnes pratiques lors de l\u2019utilisation des engrais phosphat\u00e9s (voir encadr\u00e9 ci-apr\u00e8s), plut\u00f4t que dans la remise en cause de la fertilisation min\u00e9rale elle-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9cadmiation\u00a0<\/strong>consiste \u00e0 r\u00e9duire la teneur en cadmium des engrais phosphat\u00e9s par des traitements chimiques pour un co\u00fbt d\u2019environ <a href=\"https:\/\/factuel.univ-lorraine.fr\/node\/9061\">100\u202fUS$ par tonne de P\u2082O<sub>5<\/sub><\/a><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> Si l\u2019exploitation de gisements de phosphates en Afrique de l\u2019Ouest se d\u00e9veloppait, la mise en place de tels proc\u00e9d\u00e9s seraient recommand\u00e9s afin de limiter au maximum leur teneur en cadmium. Un accompagnement via des partenariats publics priv\u00e9s avec d\u2019autres industriels comme l\u2019OCP et des centres de recherches nationaux ouest-africains serait n\u00e9cessaire. L\u2019OCP et les entreprises de transformation europ\u00e9ennes sont d\u00e9j\u00e0 <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/societe\/emballement-mediatique-interets-russes-les-dessous-consternants-du-dossier-cadmium-18-06-2025-2592343_23.php\">engag\u00e9s dans ce processus<\/a>.<\/p>\n<p><strong>La phytorem\u00e9diation<\/strong> est une technologie qui <a href=\"https:\/\/www.fondationbiodiversite.fr\/sciencedurable-restaurer-et-recycler-grace-aux-plantes\/\">utilise des plantes dites \u00ab\u00a0hyperaccumulateurs\u00a0\u00bb pour absorber les m\u00e9taux lourds<\/a>. Ce proc\u00e9d\u00e9, bien que complexe \u00e0 mettre en place dans un contexte de pression fonci\u00e8re reste pertinent s\u2019il s\u2019int\u00e8gre dans une rotation culturale \u00e0 plus ou moins long terme. Plusieurs esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales ont fait leurs preuves notamment dans les syst\u00e8mes agricoles fran\u00e7ais. On peut citer <a href=\"https:\/\/www.fondationbiodiversite.fr\/sciencedurable-restaurer-et-recycler-grace-aux-plantes\/\"><em>Salix viminalis, Arabidopsis halleri<\/em><\/a> ou encore <a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s11104-017-3311-0\"><em>Noccaea caerulescens<\/em><\/a>. <em>Se pose toutefois la question de la gestion des d\u00e9chets v\u00e9g\u00e9taux riches en cadmium, question encore en d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019heure actuelle et qui n\u00e9cessite des investissements dans des infrastructures de traitement.<\/em><\/p>\n<p><strong>La fertilisation organique <\/strong>par des apports de compost, de fumier ou de r\u00e9sidus v\u00e9g\u00e9taux, pourrait contribuer \u00e0 pi\u00e9ger davantage le cadmium, limitant ainsi son absorption par les cultures et r\u00e9duisant les risques de pollution environnementale et alimentaire. Ce constat vient confirmer encore davantage l\u2019importance d\u2019une fertilisation organo-min\u00e9rale.<\/p>\n<p><strong>La fertilisation min\u00e9rale raisonn\u00e9e et optimis\u00e9e<\/strong>\u00a0permet d\u2019ajuster pr\u00e9cis\u00e9ment les apports de phosphore en fonction des besoins r\u00e9els des cultures et des sols et d\u2019\u00e9viter toute sur-fertilisation. L\u2019utilisation de <a href=\"https:\/\/www.mdpi.com\/2223-7747\/12\/20\/3630\">biostimulants<\/a>, qui optimisent l\u2019absorption des engrais phosphor\u00e9 par la plante et rendent biodisponible le phosphore insoluble du sol pourrait aussi \u00eatre favoris\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>L\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique des vari\u00e9t\u00e9s<\/strong>, qui\u00a0peut suivre deux axes compl\u00e9mentaires\u00a0: d\u2019une part, s\u00e9lectionner ou d\u00e9velopper des cultures alimentaires qui absorbent moins de cadmium (<a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC9862080\/\">notamment le riz<\/a>)\u00a0; d\u2019autre part, optimiser <a href=\"https:\/\/difusion.ulb.ac.be\/vufind\/Record\/ULB-DIPOT:oai:dipot.ulb.ac.be:2013\/277908\/TOC\">les esp\u00e8ces intercalaires<\/a> d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la phytorem\u00e9diation afin qu\u2019elles captent davantage de cadmium dans les sols.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Ce qui repr\u00e9sente un cout de 2\u20ac par hectare de bl\u00e9 en France en 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong><span style=\"color: #00514c;\">Conclusion<\/span> <\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, bien que dot\u00e9e de r\u00e9serves de phosphates limit\u00e9es mais non n\u00e9gligeables, manque de moyens techniques et financiers pour les exploiter pleinement. Cette situation entra\u00eene une d\u00e9pendance aux importations de phosphates, un produit dont le prix est tr\u00e8s volatil et dont la disponibilit\u00e9 est menac\u00e9e par des crises financi\u00e8res et g\u00e9opolitiques internationales. Cette d\u00e9pendance rend la r\u00e9gion vuln\u00e9rable et menace sa souverainet\u00e9 agricole. Il est pourtant capital d\u2019augmenter l\u2019apport de phosphates aux sols ouest-africains qui connaissent <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/engrais-et-fertilite-des-sols-en-afrique-de-louest-tout-comprendre\/\">une baisse de fertilit\u00e9 et une diminution de la disponibilit\u00e9 en min\u00e9raux essentiels<\/a>. Ces apports seront durables s\u2019ils s\u2019inscrivent aussi dans une fertilisation organo-min\u00e9rale et dans un process efficace de gestion de la pollution au cadmium.<\/p>\n<p>En guise de comparaison, la consommation d&rsquo;engrais phosphat\u00e9s en Asie a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par cinq entre 1970 et 2019, une augmentation corr\u00e9l\u00e9e au d\u00e9veloppement de sa production et de sa productivit\u00e9 agricole. Cette \u00e9volution, avec toutes les limites qu&rsquo;elle sous-tend sur le plan de l\u2019impact environnementale de la R\u00e9volution verte, questionne la trajectoire de consommation de phosphate que l&rsquo;Afrique de l\u2019Ouest pourrait conna\u00eetre. En outre, l&rsquo;Asie conna\u00eet un plateau dans sa consommation de phosphates depuis 2012, laissant peut-\u00eatre entrevoir une possible r\u00e9orientation des flux vers l\u2019Afrique de l\u2019Ouest\u00a0? Les investissements du Maroc et du Groupe OCP dans sa capacit\u00e9 de production et dans les relations commerciales et industrielles avec l\u2019Afrique de l\u2019Ouest pourraient aussi offrir une opportunit\u00e9 au renforcement du secteur des phosphates dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p><strong>Si cette th\u00e9matique vous int\u00e9resse, retrouvez l\u2019analyse de FARM sur <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/lafrique-de-louest-face-au-defi-de-lazote-dynamiques-dependances-et-opportunites\/\">l\u2019azote<\/a> et <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/dependance-aux-importations-de-potasse-comment-lafrique-de-louest-peut-elle-renforcer-sa-resilience-agricole\/\">le potassium<\/a>.<\/strong><\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Phosphorus, symbolized by the &quot;P&quot; in the NPK formulation of mineral fertilizers, is essential for agricultural production, particularly for root development and plant maturation. 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