{"id":3224,"date":"2020-06-23T15:23:00","date_gmt":"2020-06-23T13:23:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=3224"},"modified":"2023-01-09T19:18:33","modified_gmt":"2023-01-09T18:18:33","slug":"lagriculture-cause-majeure-de-la-deforestation-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/lagriculture-cause-majeure-de-la-deforestation-en-afrique\/","title":{"rendered":"Agriculture, a major cause of deforestation in Africa"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Le nouveau rapport des Nations unies sur l\u2019\u00e9tat des for\u00eats dans le monde, publi\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e internationale de la diversit\u00e9 biologique, le 22 mai dernier, d\u00e9crit une situation alarmante<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Depuis 1990, la plan\u00e8te a perdu 178 millions d\u2019hectares de for\u00eats (420 millions d\u2019hectares d\u00e9bois\u00e9s, partiellement compens\u00e9s par les boisements et reboisements). M\u00eame si, globalement, la d\u00e9forestation a ralenti au cours du temps, elle contribue toujours \u00e0 l\u2019\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 et au changement climatique et, comme l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la pand\u00e9mie de Covid-19, favorise l\u2019\u00e9mergence de maladies d\u2019origine animale, transmissibles \u00e0 l\u2019homme<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Le cas de l\u2019Afrique est particuli\u00e8rement inqui\u00e9tant : sur la p\u00e9riode 2010-2020, elle a vu dispara\u00eetre chaque ann\u00e9e, en moyenne, une superficie nette de 3,94 millions d\u2019hectares de for\u00eats, un chiffre en hausse par rapport aux d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes et tr\u00e8s sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019Am\u00e9rique du Sud (2,60 millions d\u2019hectares). Le cas de l\u2019Amazonie est dramatique, mais il occulte trop souvent, dans l\u2019actualit\u00e9, la catastrophe \u00e9cologique en cours sur le continent africain.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3241 size-full\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/annie-spratt-wtk4VH8EU20-unsplash-e1660828969297.jpg\" alt=\"\" width=\"1920\" height=\"998\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/annie-spratt-wtk4VH8EU20-unsplash-e1660828969297.jpg 1920w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/annie-spratt-wtk4VH8EU20-unsplash-e1660828969297-300x156.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/annie-spratt-wtk4VH8EU20-unsplash-e1660828969297-1024x532.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/annie-spratt-wtk4VH8EU20-unsplash-e1660828969297-768x399.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/annie-spratt-wtk4VH8EU20-unsplash-e1660828969297-1536x798.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/annie-spratt-wtk4VH8EU20-unsplash-e1660828969297-1500x780.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/p>\n<p>Des \u00e9tudes d\u00e9taill\u00e9es, fond\u00e9es sur des donn\u00e9es satellitaires, mettent en \u00e9vidence la responsabilit\u00e9 majeure de l\u2019agriculture dans la d\u00e9forestation en Afrique. Selon un atlas r\u00e9alis\u00e9 par le CILSS (Comit\u00e9 permanent inter-Etats de lutte contre la s\u00e9cheresse dans le Sahel) avec l\u2019appui de l\u2019USAID (Agence des Etats-Unis pour le d\u00e9veloppement international)<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, le doublement des surfaces cultiv\u00e9es en Afrique de l\u2019Ouest, entre 1975 et 2013 (environ + 60 millions hectares), s\u2019est fait non seulement au d\u00e9triment des for\u00eats et mangroves (-\u00a015 millions d\u2019hectares) mais aussi et surtout des savanes (- 48 millions d\u2019hectares). Les surfaces couvertes par les habitations ont plus que doubl\u00e9, mais leur augmentation (+ 2 millions d\u2019hectares) ne compte que pour une part mineure dans le d\u00e9clin des for\u00eats (tableau).<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3229 size-full\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/BLOG_Occupation-des-terres-en-Afrique-de-lOuest-e1660828545510.jpg\" alt=\"\" width=\"730\" height=\"654\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/BLOG_Occupation-des-terres-en-Afrique-de-lOuest-e1660828545510.jpg 730w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/BLOG_Occupation-des-terres-en-Afrique-de-lOuest-e1660828545510-300x269.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px\" \/><\/strong><\/p>\n<p>Une autre \u00e9tude, effectu\u00e9e par des chercheurs de l\u2019universit\u00e9 du Maryland, aux Etats-Unis, jette une lumi\u00e8re crue sur la situation dans le bassin du Congo, qui abrite le deuxi\u00e8me massif forestier mondial, derri\u00e8re l\u2019Amazonie<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Ce bassin se r\u00e9partit dans six pays : Cameroun, Gabon, Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, R\u00e9publique centrafricaine, R\u00e9publique du Congo, R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo. En l\u2019espace de quinze ans (2000-2014), il a perdu 16,5 millions d\u2019hectares de for\u00eats, soit une superficie plus grande que celle du Bangladesh. Ce recul est imputable \u00e0 84 % aux petits paysans qui pr\u00e9l\u00e8vent du bois \u00e0 des fins \u00e9nerg\u00e9tiques et, surtout, d\u00e9frichent de petites parcelles \u00e0 la machette pour produire de quoi se nourrir, \u00e9puisent ainsi les sols puis poursuivent leurs cultures itin\u00e9rantes : des pratiques dont les causes profondes sont la croissance d\u00e9mographique et l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9, sur fond de tensions ethniques et de conflits arm\u00e9s. Un autre facteur de la d\u00e9forestation r\u00e9side dans les coupes de bois ill\u00e9gales, rendues possibles par la corruption massive des gouvernements<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Les d\u00e9frichements m\u00e9caniques r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019agro-industrie pour cr\u00e9er des plantations et des p\u00e2tures pour le b\u00e9tail ne sont responsables, sur la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, que de 1 % de la perte de for\u00eats, mais ils s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent. Au total, si les tendances actuelles ne sont pas fortement infl\u00e9chies, le bassin du Congo, o\u00f9 la population devrait quintupler d\u2019ici \u00e0 2100, pourrait \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9bois\u00e9 \u00e0 la fin du si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Face au d\u00e9sastre annonc\u00e9, il n\u2019y a pas de recette miracle. Les solutions ne pourront venir que des actions conjugu\u00e9es des pouvoirs publics et des acteurs des fili\u00e8res, consommateurs compris. L\u2019\u00e9tude prospective r\u00e9cemment r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019INRAe, \u00e0 la demande de Pluriagri, alerte sur les tensions fonci\u00e8res pr\u00e9visibles en Afrique subsaharienne d\u2019ici \u00e0 2050, malgr\u00e9 les surfaces cultivables disponibles, et sur les risques environnementaux qui en d\u00e9coulent, m\u00eame dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une hausse substantielle des rendements des cultures, dont les conditions ne sont pas aujourd\u2019hui r\u00e9unies<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Dans ce contexte, l\u2019Union europ\u00e9enne a un r\u00f4le particulier \u00e0 jouer : elle doit tout \u00e0 la fois promouvoir une r\u00e9duction de la \u00ab d\u00e9forestation import\u00e9e \u00bb, via par exemple la demande de cacao ; contribuer \u00e0 all\u00e9ger le besoin d\u2019expansion des surfaces cultiv\u00e9es dans les autres r\u00e9gions importatrices, en se positionnant comme un fournisseur fiable de denr\u00e9es ; enfin, soutenir, en Afrique, le d\u00e9veloppement de cha\u00eenes de valeur efficaces et durables, int\u00e9grant les petits producteurs qui forment la grande majorit\u00e9 de la population agricole. S\u2019il revient d\u2019abord aux Africains de choisir leur avenir, les enjeux sont tels qu\u2019ils requi\u00e8rent l\u2019implication de l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 internationale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> FAO and UNEP, 2020. The State of the World\u2019s Forests 2020. Forests, biodiversity and people.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Selon la Fondation pour la recherche sur la biodiversit\u00e9 (FRB), \u00ab la science met en \u00e9vidence de fa\u00e7on croissante des corr\u00e9lations entre changements environnementaux globaux, perte de biodiversit\u00e9 et des services de r\u00e9gulation associ\u00e9s et \u00e9mergence, ou augmentation, de la pr\u00e9valence de maladies infectieuses (\u2026). Le risque zoonotique peut \u00eatre accru par l\u2019\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 via des facteurs \u00e9cologiques, \u00e9pid\u00e9miologiques, adaptatifs et \u00e9volutifs et anthropiques. Il existe ainsi un fort consensus en faveur d\u2019un lien entre d\u00e9forestation, dans ses diff\u00e9rentes dimensions, et multiplication des zoonoses, en Asie, Afrique et Am\u00e9rique du Sud \u00bb (source : \u00ab Mobilisation de la FRB par les pouvoirs publics fran\u00e7ais sur les liens entre Covid-19 et biodiversit\u00e9 \u00bb, 15 mai 2020).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> CILSS (2016). Les paysages de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Une fen\u00eatre sur un monde en pleine \u00e9volution.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Tyukavina, A. et al. (2018). \u00ab Congo Basin forest loss dominated by increasing smallholder clearing \u00bb, Sci. Adv. 4, eaat2993.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00ab La RDC, deuxi\u00e8me front de la d\u00e9forestation mondiale \u00bb, Le Monde, 27 avril 2019.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Voir l\u2019article du blog de FARM \u00ab Prospective 2050 : forte pression sur les terres en Afrique \u00bb, 24 f\u00e9vrier 2020, <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/prospective-2050-forte-pression-sur-les-terres-en-afrique\/\">https:\/\/fondation-farm.org\/prospective-2050-forte-pression-sur-les-terres-en-afrique\/<\/a><\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The new United Nations report on the state of the world&#039;s forests, released on the occasion of the International Day for Biological Diversity on May 22, describes an alarming situation. 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