{"id":29320,"date":"2024-07-26T15:07:42","date_gmt":"2024-07-26T13:07:42","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=29320"},"modified":"2024-07-26T15:10:14","modified_gmt":"2024-07-26T13:10:14","slug":"transitions-agricoles-quelles-conditions-pour-le-deploiement-des-financements-episode-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/transitions-agricoles-quelles-conditions-pour-le-deploiement-des-financements-episode-3\/","title":{"rendered":"Agricultural transitions: what conditions for the deployment of financing? (Episode 3)"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Lors de la Conf\u00e9rence internationale de la Fondation FARM, il a \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quemment soulign\u00e9 par les intervenants et les participants que le d\u00e9ploiement de ces financements pour la transformation des agricultures ne serait possible qu\u2019\u00e0 certaines conditions. Nous avons tent\u00e9 de les r\u00e9sumer ici autour de 5 axes principaux, qui donneront mati\u00e8re \u00e0 d\u00e9battre.<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_29311\" aria-describedby=\"caption-attachment-29311\" style=\"width: 800px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-29311\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"533\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-300x200.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-768x512.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-1500x1000.jpg 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR3-2000x1333.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29311\" class=\"wp-caption-text\">TR3 : comment d\u00e9ployer des financements align\u00e9s sur les ODD ?<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Labellisation et taxonomie : \u00e9valuer le caract\u00e8re agro\u00e9cologique des financements<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs intervenants ont insist\u00e9 lors de la derni\u00e8re table ronde de la conf\u00e9rence internationale de la Fondation FARM sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019adopter une m\u00e9thodologie commune pour labelliser les financements agro\u00e9cologiques des banques ou des acteurs publics et priv\u00e9s du financement. A la mani\u00e8re de la taxonomie verte de la Commission europ\u00e9enne, les pan\u00e9listes souhaitent voire \u00e9merger un r\u00e9f\u00e9rentiel et des indicateurs pour guider les actions des banques dans le financement de l\u2019agriculture et de projets agro\u00e9cologiques. <strong>Oliver Oliveros<\/strong> <strong>coordinateur de <\/strong>\u00e9voque la cr\u00e9ation d\u2019un outil d\u2019\u00e9valuation des investissements pour l\u2019agro\u00e9cologie (<em>agroecology finance assessment tool<\/em>). L\u2019Agroecology coalition est partie du constat selon lequel des investissements publics et priv\u00e9s plus importants \u00e9taient n\u00e9cessaires pour le d\u00e9veloppement de syst\u00e8mes agricoles durables et qu\u2019un certain nombre de financements devaient \u00eatre \u00ab d\u00e9vi\u00e9s \u00bb (<em>shifting existing funds in the right directions<\/em>). En s\u2019appuyant sur les 13 principes fondamentaux de l\u2019agro\u00e9cologie d\u00e9velopp\u00e9s par le HLPE, ils ont \u00e9labor\u00e9 une \u00a0<a href=\"https:\/\/agroecology-coalition.org\/agroecology-finance-assessment-tool\/\">m\u00e9thodologie<\/a> et un outil d\u2019\u00e9valuation des projets et des portefeuilles d\u2019institutions financi\u00e8res.<\/p>\n<p>Cependant, dans beaucoup de pays du Sud, des investissements lourds dans les fili\u00e8res et les outils de transformation agroalimentaires seront n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre \u00e0 la hausse de la demande et \u00e0 l\u2019imp\u00e9ratif de souverainet\u00e9 alimentaire. Or ces investissements (transformation du lait, fabrication d\u2019engrais, etc.) sont fortement carbon\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils exigent des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre significatifs pour \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s. Ils pourraient donc \u00eatre moins prioris\u00e9s par les financeurs eux-m\u00eames engag\u00e9s dans la r\u00e9duction de l\u2019empreinte carbone de leur portefeuille. Ces dilemmes du financement pourraient \u00eatre dans le futur un obstacle pour la construction de fili\u00e8res agricoles et alimentaires, notamment pour d\u00e9velopper la transformation agroalimentaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Susciter la demande de financements orient\u00e9s vers la transition<\/strong><\/p>\n<p><strong>Oliver Oliveros<\/strong> a insist\u00e9 lors de la derni\u00e8re table ronde de la journ\u00e9e sur la n\u00e9cessit\u00e9 de garantir l\u2019acc\u00e8s des plus vuln\u00e9rables, et notamment les agricultures familiales, aux financements sp\u00e9cifiquement orient\u00e9s vers l\u2019adoption de pratiques plus durables. Si ces financements existent bel et bien, ils doivent \u00eatre appropri\u00e9s par les producteurs et les acteurs des fili\u00e8res, voire cibler celles et ceux qui en sont aujourd\u2019hui exclus. <strong>Oliver Oliveros<\/strong> craint que les crit\u00e8res d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 et le co\u00fbt de l\u2019analyse des projets n\u2019excluent les plus pr\u00e9caires. Les \u00e9changes ont conclu sur la n\u00e9cessit\u00e9 de co-construire les crit\u00e8res d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 avec les professionnels pour qu\u2019ils constituent un levier plut\u00f4t qu\u2019un frein \u00e0 l\u2019adoption de bonnes pratiques et qu\u2019ils soient pertinents. Pour les experts, la transparence et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information est cl\u00e9 , ils ont \u00e9galement insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de simplifier les crit\u00e8res d\u2019acc\u00e8s aux fonds climat en mobilisant les institutions de microfinance rurale ou en s\u2019inspirant de leur fonctionnement.<\/p>\n<p><strong>Gifty Narh<\/strong>, directrice du Corade a insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er un \u00e9cosyst\u00e8me d\u2019appui et de conseil viable, en particulier \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des institutions de financement. L\u2019experte en formation et en conseil du Burkina Faso a \u00e9galement rappel\u00e9 l\u2019importance de susciter la demande des consommateurs et du march\u00e9 sans quoi les producteurs ne s\u2019engageront pas sur le long terme.<\/p>\n<p>Pour susciter cette demande, les organisations de producteurs et en particulier les coop\u00e9ratives ont un r\u00f4le cl\u00e9 \u00e0 jouer. Elles peuvent ouvrir et consolider l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des march\u00e9s pour les producteurs, comme dans le cas des coop\u00e9ratives de cacao (SCEB en C\u00f4te d\u2019Ivoire qui vend du cacao issu de l\u2019agriculture biologique). Dans les pays du Nord, comme en France, les coop\u00e9ratives peuvent aussi, par leurs engagements de groupe, tirer la transformation des exploitations et des syst\u00e8mes agricoles en suscitant l\u2019adh\u00e9sion de leurs membres autour de projets collectifs susceptibles de garantir une r\u00e9mun\u00e9ration en contrepartie des efforts r\u00e9alis\u00e9s. On pensera par exemple \u00e0 la coop\u00e9rative normande Agrial et son Plan Climat 2035, certifi\u00e9 par l\u2019organisation internationale Science Based Target Initiative (SBTI).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019agro\u00e9cologie pour rassurer les march\u00e9s financiers et mieux g\u00e9rer les risques<\/strong><\/p>\n<p>Pour les acteurs de l\u2019aval des fili\u00e8res agricoles, engager les agricultures familiales dans des mod\u00e8les plus r\u00e9silients face aux effets du changement climatique qui limitent leur empreinte sur la biodiversit\u00e9 ou les sols pr\u00e9sentent aussi un avantage en termes de gestion des risques op\u00e9rationnels et financiers \u00e0 moyen et long terme. Avec l\u2019\u00e9volution des r\u00e8glementations (clauses miroirs, lutte contre la d\u00e9forestation import\u00e9e, m\u00e9triques bas carbone ou net z\u00e9ro, etc.), les engagements des entreprises de l\u2019aval pour assurer un <em>sourcing<\/em> durable vont \u00eatre de plus en plus scrut\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 civile, mais aussi par les banques et institutions financi\u00e8res qui auront, elles aussi, \u00e0 assurer la durabilit\u00e9 de leur portefeuille. Comme l\u2019a rappel\u00e9 <strong>Francesca Nugnes<\/strong>, de la <a href=\"https:\/\/www.ifad.org\/fr\/parm\">Plateforme pour la gestion des risques agricoles<\/a> de la Plateforme de gestion du risque en agriculture (PARM), la mise en exergue des risques associ\u00e9s aux investissements agricoles est un outil puissant pour aiguiller les financements vers des pratiques agricoles favorisant l\u2019adaptation et la r\u00e9silience des agricultures. En effet, l\u2019experte rattach\u00e9e au FIDA a mis en avant le fait que, de plus en plus, une prise en compte globale du risque se d\u00e9veloppait au-del\u00e0 du risque financier, En d\u2019autres termes, les investisseurs et financeurs de l\u2019agriculture et des fili\u00e8res sont de plus en plus sensibles aux risques extra financiers, par exemple, la mani\u00e8re dont un projet \u00e0 financer g\u00e8re son exposition au risque climatique.<\/p>\n<p>La PARM du FIDA adresse cet enjeu et accompagne les Etats et les op\u00e9rateurs des fili\u00e8res pour mettre en \u0153uvre des \u00e9valuations des risques en englobant les risques de production, de march\u00e9, financiers, tout en tenant compte des dimensions sociales, institutionnelles et de genre. Autant d\u2019aspects qui sont pr\u00e9sents dans l\u2019approche agro\u00e9cologique mis en avant par la FAO et le HLPE, comme l\u2019a rappel\u00e9 <strong>Rachel Bezner Kerr<\/strong>. Si le signal est encore faible, l\u2019intensification agro\u00e9cologique, qui prend en compte l\u2019ensemble des dimensions techniques, environnementales, \u00e9conomiques et sociales, pourrait \u00eatre vue demain, non comme une contrainte, mais comme un argument de couverture du risque face aux pressions climatiques et environnementales.<\/p>\n<p>En tant que pourvoyeurs de financement pour l\u2019\u00e9conomie, les banques jouent un r\u00f4le crucial dans la transition vers des pratiques plus respectueuses de l\u2019environnement. \u00ab\u00a0Elles sont un passeur de financement et de transition financi\u00e8re vers une \u00e9conomie plus verte\u00a0\u00bb, explique <strong>Guillaume Lefebvre, le directeur de l\u2019IFCAM<\/strong>, l\u2019universit\u00e9 professionnelle du groupe Cr\u00e9dit agricole. Cela se concr\u00e9tise \u00e0 travers divers m\u00e9canismes, tels que les pr\u00eats verts, destin\u00e9s \u00e0 soutenir des projets \u00e9cologiquement responsables et les pr\u00eats index\u00e9s, o\u00f9 les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sont ajust\u00e9s en fonction de la performance environnementale ou sociale. Mesurer cette performance repose sur des indicateurs souvent convenus entre l\u2019emprunteur et le pr\u00eateur, permettant un suivi personnalis\u00e9 et un alignement des int\u00e9r\u00eats. Le reporting extra-financier rev\u00eat ainsi une importance capitale, en identifiant les principaux moteurs de la performance et en orientant les d\u00e9cisions vers la durabilit\u00e9. Cette approche, selon <strong>Guillaume Lefebvre<\/strong>, favorise une \u00ab\u00a0logique d\u2019int\u00e9r\u00eat partag\u00e9\u00a0\u00bb, o\u00f9 des performances environnementales et sociales accrues se traduisent par des avantages financiers pour les emprunteurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le cl\u00e9 des politiques publiques nationales et europ\u00e9ennes<\/strong><\/p>\n<p>Les politiques publiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites par les pan\u00e9listes comme des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s dans le d\u00e9ploiement de financements permettant de transformer les syst\u00e8mes agricoles et alimentaires. Les politiques publiques peuvent offrir des incitations fiscales et des subventions, permettre la mise en place de garanties et de fonds de garantie afin de r\u00e9duire le risque per\u00e7u par les banques commerciales. Le <strong>commissaire pour l\u2019Agriculture de l\u2019UEMOA, Kako Nubukpo<\/strong> a rappel\u00e9 \u00e0 ce sujet les actions mises en \u0153uvre par l\u2019institution r\u00e9gionale <em>via <\/em>le fonds r\u00e9gional de d\u00e9veloppement agricole (FRDA) qui a notamment pour objectif de permettre la bonification des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats pour que les producteurs, puissent acc\u00e9der \u00e0 des financements \u00e0 des taux concessionnels.<\/p>\n<p>Les politiques publiques ont aussi un r\u00f4le \u00e0 jouer dans la cr\u00e9ation d\u2019une demande et donc d\u2019un march\u00e9 en produits issus d\u2019une agriculture durable <em>via <\/em>la commande publique. <strong>Gifty Narh <\/strong>a mentionn\u00e9 le cas du Burkina Faso o\u00f9 un <a href=\"https:\/\/www.alimenterre.org\/system\/files\/2019-10\/1164-batailles-consommer-local-interview-premier-ministre-burkina.pdf\">d\u00e9cret gouvernemental<\/a> a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en 2017 pour prioriser les produits locaux dans les cantines scolaires et transf\u00e9rer ces march\u00e9s aux collectivit\u00e9s. Le pays a d\u2019ailleurs publi\u00e9 en 2023 une <a href=\"https:\/\/faolex.fao.org\/docs\/pdf\/bkf217823.pdf\">strat\u00e9gie de promotion de l\u2019agro\u00e9cologie<\/a>afin de garantir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des march\u00e9s aux agriculteurs qui se sont engag\u00e9s dans des pratiques durables. Cela repr\u00e9sente une avanc\u00e9e significative mais appelle malgr\u00e9 tout \u00e0 une r\u00e9elle mise en \u0153uvre sur le terrain. Le r\u00f4le de l\u2019Etat dans la r\u00e9gulation des march\u00e9s et des intrants est \u00e9galement crucial, avec un potentiel important pour soutenir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des intrants alternatifs (pesticides, engrais) <em>via<\/em> des soutiens adapt\u00e9s. Pour que les Etats jouent pleinement leur r\u00f4le de catalyseur dans la mobilisation de financements publics et priv\u00e9s, ils doivent construire et mettre en oeuvre des plans d\u2019investissement pour le d\u00e9veloppement des fili\u00e8res. C\u2019est le sens de l\u2019accompagnement propos\u00e9 par la PARM en Tunisie ou \u00e0 Madagascar par exemple.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat a aussi conduit \u00e0 interroger les moyens dont disposent les Etats, notamment en Afrique, pour mettre en \u0153uvre ces politiques ambitieuses. Comme mentionn\u00e9 plus haut, les soutiens publics \u00e0 l\u2019agriculture demeurent extr\u00eamement faibles sur le continent. C\u2019est la raison pour laquelle <strong>Kako Nubukpo<\/strong> pr\u00e9conise la promotion de la taxe carbone pour stimuler le d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture durable en Afrique. Il a rappel\u00e9 que l\u2019Afrique ne contribue qu\u2019\u00e0 hauteur de 4% des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, mais compte 17% de la population mondiale, tandis que les pays occidentaux demeurent les principaux pollueurs de la plan\u00e8te, ce depuis la r\u00e9volution industrielle. Il plaide ainsi en faveur de la cr\u00e9ation d\u2019un \u00ab\u00a0fonds de convergence climatique\u00a0\u00bb pour att\u00e9nuer cette injustice et partager de mani\u00e8re plus \u00e9quitable la responsabilit\u00e9 du changement climatique entre les nations.<\/p>\n<p>En outre, l\u2019intervention de <strong>St\u00e9phane Bijoux<\/strong>, <strong>d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en du groupe Renew Europe<\/strong> <strong>et vice-pr\u00e9sident de la commission d\u00e9veloppement du Parlement<\/strong>, a permis de rappeler le r\u00f4le des politiques europ\u00e9ennes dans les transformations des agricultures comme le r\u00e8glement sur la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes ou celui sur la lutte contre la d\u00e9forestation import\u00e9e. Ces politiques ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es afin de r\u00e9duire les \u00e9missions de dioxyde de carbone de 55 % d\u2019ici 2030 et la neutralit\u00e9 carbone en 2050 de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ces r\u00e8glementations entra\u00eeneront des changements pour les agricultures dans les pays du Sud, notamment pour les produits de consommation (cacao, caf\u00e9, etc.) mais aussi pour les produits agricoles et forestiers non alimentaires. Le d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en a insist\u00e9 sur l\u2019importance d\u2019accompagner les pays du Sud pour que ces r\u00e8glementations ne p\u00e8sent pas en termes sociaux et \u00e9conomiques sur les producteurs les plus vuln\u00e9rables. Il a appel\u00e9 l\u2019UE \u00e0 \u00eatre un partenaire fiable pour une coop\u00e9ration efficace au service de l\u2019atteinte des Objectifs de d\u00e9veloppement durable. <strong>Guillaume Lefebvre<\/strong>, directeur de l\u2019IFCAM, a \u00e9galement not\u00e9 que les politiques europ\u00e9ennes issues du Pacte Vert ou de Fit for 55 sont scrut\u00e9es par les banques qui financent les entreprises. En tant que financeurs de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle, les banques surveillent les actifs \u00ab\u00a0bruns\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> des entreprises qu\u2019elles financent \u00e0 la lumi\u00e8re de leurs propres engagements de d\u00e9carbonation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mesurer l\u2019impact des financements et \u00e9viter l\u2019\u00ab impact washing \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Les enjeux de la transformation de l\u2019agriculture dans les pays du Sud sont tels qu\u2019il appara\u00eet n\u00e9cessaire de conditionner le plus possible le financement des investissements de la transformation des agricultures \u00e0 des \u00e9valuations d\u2019impact. Des <a href=\"https:\/\/www.annualreviews.org\/docserver\/fulltext\/resource\/15\/1\/annurev-resource-101722-082519.pdf?expires=1716203344&amp;id=id&amp;accname=guest&amp;checksum=B473ABF7593BB8B009F741D50C0188C5\">m\u00e9thodologies rigoureuses<\/a> sont d\u2019ailleurs attendues par les financeurs. Des travaux universitaires, comme ceux de Esther <a href=\"https:\/\/www.annualreviews.org\/content\/journals\/10.1146\/annurev.economics.050708.143235\">Duflo et Abhijit Banerjee<\/a>, ont conduit \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de m\u00e9thodologies complexes. Selon les op\u00e9rateurs et les financeurs des syst\u00e8mes agricoles, ces m\u00e9thodes devraient \u00eatre compl\u00e9t\u00e9es par des cadres de suivi-\u00e9valuation pragmatiques et faciles \u00e0 mettre en place, afin de mobiliser le plus grand nombre d\u2019interm\u00e9diaires financiers. La mise en \u0153uvre d\u2019une comptabilit\u00e9 environnementale ou extra financi\u00e8re des entreprises et des exploitations agricoles serait un premier pas pour concilier durabilit\u00e9 environnementale et \u00e9conomique. Mais, dans les pays du Sud sa mise en \u0153uvre est encore limit\u00e9e et pose de nombreux d\u00e9fis.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation de l\u2019impact social et environnemental des investissements et des financements demeure essentielle et ce th\u00e8me a suscit\u00e9 de nombreux d\u00e9bats et questionnements que la Fondation souhaite traiter. <strong>Frank Eyhorn<\/strong> a mentionn\u00e9 l\u2019outil <a href=\"https:\/\/www.biovision.ch\/fr\/story\/b-act\/\">B-ACT<\/a>, d\u00e9velopp\u00e9 par la Fondation Biovision, qui permet d\u2019\u00e9valuer ces impacts de fa\u00e7on claire et didactique \u00e0 partir des 13 principes de l\u2019agro\u00e9cologie.<\/p>\n<p>Une discussion approfondie sur l\u2019\u00e9valuation d\u2019impact semble n\u00e9cessaire, ne serait-ce que pour \u00e9viter l\u2019\u00ab\u00a0impact washing\u00a0\u00bb d\u00e9crit par la <strong>vice-pr\u00e9sidente du FIDA<\/strong>, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la tendance de fonds \u00e0 impact \u00e0 revendiquer des r\u00e9sultats sociaux et environnementaux qui ne seraient pas directement dus \u00e0 l&rsquo;investissement. De plus, l&rsquo;absence d&rsquo;indicateurs harmonis\u00e9s et reconnus pour mesurer l&rsquo;impact environnemental et social de ces pratiques durables pose un autre probl\u00e8me. Sans donn\u00e9es claires sur les effets positifs de ces pratiques, il est plus difficile de convaincre les investisseurs et les institutions financi\u00e8res d&rsquo;engager des fonds. <strong>Ces sujets essentiels seront trait\u00e9s dans les prochains mois par la Fondation et au cours de sa prochaine conf\u00e9rence internationale le 28 janvier 2025.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour voir le replay de la table ronde 3 consacr\u00e9e \u00e0 ce sujet, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=NqocghZiz1c&amp;list=PL5FOb_jF0SdUkrtKBLzWAHAEHQyvFYDk4&amp;index=8\">cliquez ici<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Par opposition aux actifs verts, qui sont des investissements r\u00e9alis\u00e9s dans les \u00e9nergies renouvelables et les projets \u00e9cologiques au sens large, les actifs bruns sont, eux,\u00a0intimement li\u00e9s aux \u00e9nergies fossiles ou n\u00e9fastes \u00e0 l\u2019environnement.<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Episode 3: How to generate demand for financing that will transform agriculture, what role for public policies?<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":29311,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"thematique":[134],"annee":[77],"class_list":["post-29320","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers","thematique-conference-internationale","annee-2024-2024"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29320","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29320"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29320\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29342,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29320\/revisions\/29342"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29311"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29320"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29320"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=29320"},{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=29320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}