{"id":29271,"date":"2024-07-26T15:06:59","date_gmt":"2024-07-26T13:06:59","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=29271"},"modified":"2024-07-26T15:09:44","modified_gmt":"2024-07-26T13:09:44","slug":"sortir-le-financement-de-lagriculture-et-des-filieres-de-limpasse-episode-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/sortir-le-financement-de-lagriculture-et-des-filieres-de-limpasse-episode-2\/","title":{"rendered":"Breaking the deadlock in financing agriculture and related sectors (Episode 2)"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Dans un contexte de tr\u00e8s fortes contraintes financi\u00e8res, climatiques et g\u00e9opolitiques, les discussions lors de la conf\u00e9rence internationale de la Fondation FARM ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le financement agricole est globalement inadapt\u00e9 aux r\u00e9alit\u00e9s et aux besoins des unit\u00e9s de production, en particulier ceux des agricultures familiales en Afrique subsaharienne. Les modes de financements actuels sont le plus souvent sous-dimensionn\u00e9s ou inadapt\u00e9s pour relever les objectifs de transformation agro\u00e9cologique et \u00e9conomique structurelle et de durabilit\u00e9 sociale dans les syst\u00e8mes agricoles et alimentaires. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Episode 2 de la synth\u00e8se des d\u00e9bats et discussions de la conf\u00e9rence FARM 2024<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_29310\" aria-describedby=\"caption-attachment-29310\" style=\"width: 810px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-29310\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"810\" height=\"540\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-300x200.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-768x512.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-2048x1366.jpg 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-1500x1000.jpg 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/TR2-2000x1334.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 810px) 100vw, 810px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29310\" class=\"wp-caption-text\">TR2 : Mobiliser les financements priv\u00e9s (FARM, 2024)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le soutien financier public ou priv\u00e9 \u00e0 l\u2019agriculture, en particulier dans les pays du sud, demeure insuffisant et souvent parcellaire. Ce constat fait malheureusement consensus et il s\u2019inscrit dans une continuit\u00e9 d\u2019impasses\u00a0: celles du financement par les banques agricoles ou des march\u00e9s, celles de la microfinance mais aussi celles des d\u00e9penses publiques et aujourd\u2019hui de la finance verte<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Un secteur (encore) sous-financ\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elina Amadhila, \u00e9conomiste \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Namibie,<\/strong> a partag\u00e9 des chiffres sur ces \u00e9carts de financement (<em>finance gap)<\/em> lors de la premi\u00e8re table ronde de la journ\u00e9e. Selon des calculs de la Fondation internationale pour la science, en 2022, le d\u00e9ficit de financement de la production primaire et de la transformation d\u00e9passait les 300 milliards $ \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. A titre de comparaison, la m\u00eame ann\u00e9e, selon l\u2019OCDE, l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement (APD) consentie par les pays membres du Comit\u00e9 d\u2019aide au d\u00e9veloppement (CAD) s\u2019est mont\u00e9e \u00e0 204 milliards $. L\u2019\u00e9cart est donc abyssal entre les besoins de financement, en particulier dans les pays du Sud, et les capacit\u00e9s <em>\u00e0 minima<\/em> des acteurs publics \u00e0 y r\u00e9pondre.<\/p>\n<p><strong>Kako Nubukpo<\/strong>, <strong>Commissaire pour l\u2019agriculture, l\u2019environnement et les ressources en eau \u00e0 l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA)<\/strong> a point\u00e9 du doigt un paradoxe dans les \u00e9conomies d\u2019Afrique subsaharienne. Malgr\u00e9 le poids significatif de l\u2019agriculture dans l\u2019\u00e9conomie africaine (33 % du PIB) et son r\u00f4le majeur dans l\u2019emploi (60 % de la population active), elle reste sous-financ\u00e9e, avec seulement 3 % des cr\u00e9dits \u00e0 l\u2019\u00e9conomie allou\u00e9s \u00e0 ce secteur, dont 80 % se limitent \u00e0 des financements court terme. En Afrique subsaharienne, moins du tiers des petites et moyennes entreprises agricoles ont acc\u00e8s au cr\u00e9dit selon la chercheure namibienne, <strong>Elina Amadhila<\/strong>.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents intervenants et notamment <strong>Elina Amadhila<\/strong> et <strong>Jyotsna Puri<\/strong>, <strong>Vice-pr\u00e9sidente du FIDA<\/strong>, ont mis en avant plusieurs facteurs qui limitent l\u2019acc\u00e8s aux financements bancaires agricoles, et notamment\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>la faible inclusion financi\u00e8re des ruraux, \u00e0 peine 5 % des adultes vivant en zones rurales dans les pays en d\u00e9veloppement ont re\u00e7u un pr\u00eat d\u2019une institution financi\u00e8re formelle,<\/li>\n<li>les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s, la port\u00e9e limit\u00e9e des services financiers pour les exploitations agricoles en raison de la dispersion territoriale des emprunteurs, un aspect sur lequel le FIDA s\u2019engage,<\/li>\n<li>la faible taille des montants unitaires \u00e0 g\u00e9rer pour les diff\u00e9rentes transactions, une probl\u00e9matique que la microfinance n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 traiter<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>,<\/li>\n<li>les obstacles rencontr\u00e9s par les petits agriculteurs pour fournir des garanties et n\u00e9gocier des prix \u00e9quitables en raison de leur manque de pouvoir de march\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les deux \u00e9conomistes ont aussi insist\u00e9 sur les risques climatiques qui constituent un d\u00e9fi suppl\u00e9mentaire pour financer les agriculteurs en raison de l\u2019incertitude qu\u2019ils impliquent. <strong>Jyotsna Puri<\/strong> a rappel\u00e9 que les besoins pour financer l\u2019adaptation des agricultures aux impacts du changement climatique \u00e9taient plus de 10 \u00e0 15 fois sup\u00e9rieurs aux flux financiers publics actuels.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc172301970\"><\/a><strong>\u00ab\u00a0Plus de financements publics ne suffira pas\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Les financements publics sont en de\u00e7\u00e0 des attentes pour esp\u00e9rer atteindre les ODD en 2030. Selon un rapport de la FAO, du PNUD et du PNUE, 87 % des 540 milliards de dollars de soutien aux producteurs agricoles seraient d\u2019ailleurs compos\u00e9s de mesures souvent inefficaces et in\u00e9quitables et engendreraient des distorsions dommageables \u00e0 l\u2019environnement<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Selon <strong>Rachel Bezner Kerr<\/strong> qui a cit\u00e9 les travaux conduits en 2019 du Panel d\u2019experts de haut niveau sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition (HLPE), l\u2019investissement public pour les approches agro\u00e9cologiques demeure extr\u00eamement limit\u00e9. Les experts l\u2019estiment entre 1 et 1,5 % des budgets totaux consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019agriculture<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. En outre, comme l\u2019a montr\u00e9 <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/observatoire\/accueil\/\"><strong>l\u2019Observatoire des soutiens publics de la Fondation FARM<\/strong><\/a>, en Afrique subsaharienne, non seulement les d\u00e9penses publiques sont tr\u00e8s faibles en comparaison des autres pays du monde mais surtout elles contribuent de mani\u00e8re indirecte au d\u00e9veloppement agricole et sont aussi parfois annul\u00e9es par des politiques commerciales exposant les agriculteurs \u00e0 la concurrence des march\u00e9s internationaux<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, <strong>Jyotsna Puri<\/strong> a rappel\u00e9 que l\u2019augmentation des financements publics \u00e0 l\u2019agriculture et \u00e0 des syst\u00e8mes alimentaires durables est n\u00e9cessaire mais insuffisante pour combler ce foss\u00e9 (<em>gap<\/em>) qui ne cesse de s\u2019\u00e9largir. Elle a plaid\u00e9 pour le mixage des ressources publiques et priv\u00e9es, concessionnelles et non concessionnelles. Le FIDA entend \u00eatre un catalyseur de la <em>blended finance<\/em> et la France, par la voix de <strong>Christophe Guilhou, directeur du d\u00e9veloppement durable au minist\u00e8re fran\u00e7ais de l\u2019Europe et des Affaires \u00e9trang\u00e8res,<\/strong> entend contribuer. Paris sera l\u2019un des premiers contributeurs du FIDA pour le prochain cycle de financement. <strong>Shanti Bobin, sous-directrice des affaires financi\u00e8res multilat\u00e9rales et du d\u00e9veloppement du minist\u00e8re de l\u2019Economie et des finances<\/strong>, a r\u00e9affirm\u00e9 l\u2019importance de l\u2019impulsion financi\u00e8re des institutions publiques nationales ou internationales par un effet levier sur les financements priv\u00e9s. Dans cette optique, elle a mentionn\u00e9 le nouveau pacte financier mondial ainsi que le <a href=\"https:\/\/pactedeparis.org\/\">Pacte de Paris pour les peuples et la plan\u00e8te<\/a> (4P), qui r\u00e9pond \u00e0 une volont\u00e9 de combinaison des fonds publics et priv\u00e9s. Elle a aussi rappel\u00e9 la mise en \u0153uvre du volet financement de l\u2019initiative Food and agriculture resilience mission du Pr\u00e9sident Macron qui est pilot\u00e9 par PROPARCO et Bpi France. Le financement initial de 40 millions \u20ac est cependant faible au regard des besoins. Il vise \u00e0 fournir un financement direct aux entreprises agroalimentaires qui rencontrent des difficult\u00e9s \u00e0 acc\u00e9der au cr\u00e9dit, ainsi qu&rsquo;aux PME agricoles et aux micro-entreprises. Il s&rsquo;agira de financer des partenaires bancaires et des institutions de microfinance afin qu&rsquo;ils puissent r\u00e9pondre aux besoins des petits emprunteurs.<\/p>\n<p>Le secteur agro-alimentaire doit donc surmonter des d\u00e9fis tels que la conciliation entre rentabilit\u00e9 \u00e9conomique et durabilit\u00e9 environnementale, ainsi que la n\u00e9cessit\u00e9 de promouvoir des pratiques commerciales \u00e9quitables et inclusives. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une conclusion marquante qui \u00e9mane des diff\u00e9rentes s\u00e9quences de la Conf\u00e9rence, \u00e0 savoir une conditionnalit\u00e9 de plus en plus forte des financements au respect des crit\u00e8res ESG (environnement, soci\u00e9t\u00e9, gouvernance) par les entreprises et les acteurs \u00e9conomiques. Des conditions d\u00e9crites comme un d\u00e9fi de taille assorti de vraies difficult\u00e9s pour concilier ces attentes avec les performances financi\u00e8res des entreprises, comme l\u2019a soulign\u00e9 <strong>Bhavin Vyas<\/strong>, <strong>responsable ESG de ARISE Integrated Industrial Partners<\/strong>. Le groupe bas\u00e9 dans diff\u00e9rents pays africains (Togo, Gabon et B\u00e9nin notamment), con\u00e7oit, finance, construit et exploite <em>via <\/em>des Partenariats publics priv\u00e9s (PPP) des zones industrielles int\u00e9gr\u00e9es. Selon Bhavin Vyas, l\u2019objectif pour l\u2019entreprise est d\u2019augmenter la transformation locale des produits agricoles africains qui sont aujourd\u2019hui export\u00e9s bruts pour cr\u00e9er de la valeur \u00e9conomique sur le continent. Bhavin Vyas a plaid\u00e9 pour l\u2019int\u00e9gration des crit\u00e8res ESG dans les PPP pour le d\u00e9veloppement des cha\u00eenes de production agricole. Selon lui, avec les indicateurs ad\u00e9quats et de bons outils de mesure et de suivi-\u00e9valuation, cela pourrait constituer un levier de transformation des agricultures et des syst\u00e8mes alimentaires. Il a insist\u00e9 sur deux dimensions centrales dans la mesure de l\u2019impact\u00a0: le carbone et l\u2019inclusion sociale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>D\u00e9velopper l\u2019acc\u00e8s aux cr\u00e9dits pour les producteurs et les acteurs \u00e9conomiques de la transition<\/strong><\/p>\n<p>Des solutions ont \u00e9t\u00e9 discut\u00e9es tout au long de la journ\u00e9e pour le d\u00e9veloppement de l\u2019offre de cr\u00e9dit de la part des banques publiques avec, comme l\u2019a soulign\u00e9 <strong>Elina Amadhila,<\/strong> deux pistes\u00a0principales :<\/p>\n<ul>\n<li>Augmenter la part des pr\u00eats agricoles accord\u00e9s par les banques publiques de d\u00e9veloppement \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9riques\u00a0\u00bb, au moyen d\u2019instruments incitatifs tels que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat bonifi\u00e9s, les garanties de pr\u00eats accord\u00e9s par des banques classiques ou encore des instruments \u00ab\u00a0obligatoires\u00a0\u00bb comme des quotas de cr\u00e9dits pour l\u2019agriculture (l\u2019exemple du Cr\u00e9dit agricole du Maroc, aujourd\u2019hui banque universelle est \u00e9clairant)\u00a0;<\/li>\n<li>Cr\u00e9er des banques publiques de d\u00e9veloppement agricoles (NABARD en Inde et d\u2019autres cas en Am\u00e9rique du Sud) dont les services financiers seraient d\u00e9di\u00e9s et adapt\u00e9s aux acteurs des fili\u00e8res agricoles et \u00e0 leurs probl\u00e9matiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>A titre d\u2019exemple de banque agricole, <strong>Hakob Andreasyan, Directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019ACBA<\/strong>, a pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019\u00e9volution de la banque arm\u00e9nienne, n\u00e9e de la volont\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne en 1994. Con\u00e7ue au d\u00e9part comme une <a href=\"https:\/\/old.fondation-farm.org\/IMG\/pdf\/Farm_synthese__microfinance_.pdf\">institution de microfinance<\/a>, elle est aujourd\u2019hui banque de r\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019agriculture. ACBA s\u2019est constitu\u00e9e d\u2019une part en s\u2019appuyant sur un socle sur 60 associations villageoises qui ont cr\u00e9\u00e9 des comit\u00e9s de cr\u00e9dit et d\u2019autre part, sur des agriculteurs qui, en contrepartie d\u2019une modeste cotisation, , sont devenus administrateurs. Si aujourd\u2019hui, elle n\u2019a plus \u00a0uniquement des clients agriculteurs, la banque a toutefois gard\u00e9 son mode de fonctionnement mutualiste, ce qui lui permet une meilleure gestion du risque et des taux de d\u00e9faut quasi nuls selon son directeur g\u00e9n\u00e9ral. Le cas d\u2019ACBA en Arm\u00e9nie illustre comment une institution de microfinance est devenue une banque mutualiste d\u2019envergure, avec le soutien de fonds publics (UE) et priv\u00e9s (Groupe Cr\u00e9dit agricole en France).<\/p>\n<p>Entre les institutions de microfinance qui, par leur proximit\u00e9, peuvent financer des m\u00e9nages agricoles petits et moyens et des banques ou des fonds \u00e0 impact dont les volumes de financement sont plus importants, une partie de l\u2019\u00e9conomie agricole souffre d\u2019un d\u00e9ficit de financements adapt\u00e9s \u00e0 des besoins interm\u00e9diaires. Il s\u2019agit notamment des entreprises de transformation agroalimentaire ou des fournisseurs de services et d\u2019intrants. <strong>Frank Eyhorn<\/strong>, <strong>directeur g\u00e9n\u00e9ral de la fondation suisse Biovision<\/strong> a expliqu\u00e9 au cours de la conf\u00e9rence que beaucoup d\u2019entreprises peinent \u00e0 trouver des pr\u00eats de 10 \u00e0 15\u00a0000 euros, une \u00ab\u00a0zone grise\u00a0\u00bb qui n\u2019est souvent pas combl\u00e9e par les acteurs classiques du financement. Pour r\u00e9pondre \u00e0 ce besoin, la Fondation met en \u0153uvre un acc\u00e9l\u00e9rateur au Kenya et en Ouganda, <a href=\"https:\/\/neychaaccelerator.co\/\">Neycha<\/a>, qui cible sp\u00e9cifiquement des entreprises agro\u00e9cologiques avec de l\u2019assistance technique et des pr\u00eats allant de 10 \u00e0 50\u00a0000 $. Dans cette optique, <strong>Frank Eyhorn<\/strong> a partag\u00e9 des exemples concrets illustrant cette initiative, notamment l\u2019entreprise <a href=\"https:\/\/safiorganics.co.ke\/\">Safi Organics<\/a> au Kenya qui organise la production d\u00e9centralis\u00e9e d\u2019engrais biologiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Engager les cha\u00eenes de valeurs et l\u2019ensemble des acteurs pour une transformation syst\u00e9mique<\/strong><\/p>\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s du secteur financier et bancaire, les acteurs des cha\u00eenes de valeur peuvent \u00e9galement \u00eatre mobilis\u00e9es pour financer les transformations agricoles. En effet, comme l\u2019ont montr\u00e9 les <a href=\"https:\/\/www.inter-reseaux.org\/wp-content\/uploads\/synthesegroupetravail.pdf\">travaux conduits par la Fondation FARM<\/a> sur le sujet, les fili\u00e8res structur\u00e9es et organis\u00e9es sont un levier essentiel pour relever les d\u00e9fis qui se posent aux agricultures et notamment l\u2019atteinte des ODD.<\/p>\n<p>Les fili\u00e8res agricoles ont longtemps \u00e9t\u00e9 le principal vecteur de financement dans certaines zones rurales, en particulier pour les fili\u00e8res d\u2019exportation (coton, caf\u00e9, cacao etc.). Le financement est ici structur\u00e9 au profit des activit\u00e9s de commercialisation des produits. Il est propos\u00e9 par diff\u00e9rents acteurs qui deviennent des fournisseurs de services financiers (fournisseurs d\u2019intrants, acheteurs, transformateurs, interm\u00e9diaires, etc.). Il est souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme une solution face aux difficult\u00e9s pour les producteurs agricoles dans les pays du Sud d\u2019acc\u00e9der aux cr\u00e9dits et <a href=\"https:\/\/www.inter-reseaux.org\/wp-content\/uploads\/gds72_chaines_de_valeur.pdf\">recouvre des r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes<\/a>. Le financement par les cha\u00eenes de valeur (<em>value chain finance<\/em>) renvoie aux m\u00e9canismes de coop\u00e9ration entre les acteurs des fili\u00e8res permettant l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit, en esp\u00e8ce ou en nature, accord\u00e9 directement ou <em>via <\/em>des institutions financi\u00e8res, en contrepartie d\u2019un engagement de vente de la production \u00e0 des conditions le plus souvent pr\u00e9d\u00e9finies. L\u2019organisation de ce financement passe par la contractualisation, quipermet ainsi l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des intrants, des cr\u00e9dits ou de l\u2019assistance technique, La contractualisation est un moteur important de transformation des agricultures, n\u2019a-t-il pas permis dans certains contexte le d\u00e9veloppement du recours aux intrants (engrais et pesticides) parfois dans des proportions n\u00e9fastes pour l\u2019environnement et les soci\u00e9t\u00e9s humaines\u00a0? Mais, en miroir la contractualisation peut aussi \u00eatre un moteur des transitions, comme l\u2019illustre l\u2019engagement de distributeurs ou de transformateurs m\u00eame si une minorit\u00e9 de producteurs. On pensera par exemple \u00e0 l\u2019engagement d\u2019acteurs en aval dans des fili\u00e8res de commerce \u00e9quitable comme Ethiquable que FARM a interrog\u00e9 lors de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=T69FSFiLx2Q&amp;t=500s\">l\u2019\u00e9pisode 5 de Transition(s)<\/a> \u00a0l\u2019\u00e9mission de la Fondation FARM consacr\u00e9 aux d\u00e9fis de l\u2019agriculture dans le monde.<\/p>\n<p>Au cours de la conf\u00e9rence, <strong>Hugo Marin Brenes<\/strong>, <strong>responsable adjoint du d\u00e9veloppement des producteurs pour l\u2019Am\u00e9rique centrale chez Walmart<\/strong>, a pr\u00e9sent\u00e9 un programme d\u2019accompagnement des producteurs dans l\u2019adoption de pratiques durables. <a href=\"https:\/\/www.walmartcentroamerica.com\/empresa-regenerativa\/oportunidad\">Le programme Tierra Fertil<\/a> propose du financement, de l\u2019assistance technique et surtout la cr\u00e9ation de relations commerciales \u00e0 long terme. Il propose deux types de financements pour soutenir les producteurs.<\/p>\n<ul>\n<li>Le financement direct qui cible des projets cl\u00e9s adapt\u00e9s aux besoins sp\u00e9cifiques des agriculteurs pour prot\u00e9ger leurs r\u00e9coltes des al\u00e9as climatiques. La multinationale am\u00e9ricaine a investi\u00a0275 millions de dollars dans cinq pays\u00a0pour d\u00e9velopper de tels projets, avec un remboursement pr\u00e9vu sous deux ans. Si c\u2019est un engagement fort, nous pouvons aussi nous interroger sur la capacit\u00e9 de remboursement des producteurs, par exemple en cas d\u2019al\u00e9as climatiques \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. Il est probable que seuls les plus r\u00e9silients et disposant de ressources puissent s\u2019engager dans ce programme.<\/li>\n<li>Le financement indirect qui implique un accord entre Walmart et des banques priv\u00e9es, o\u00f9 Walmart garantit la capacit\u00e9 de remboursement des b\u00e9n\u00e9ficiaires.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Parall\u00e8lement au financement, Tierra Fertil fournit un soutien technique aux agriculteurs, notamment des conseils agronomiques, un acc\u00e8s \u00e0 la technologie et des formations sur le recyclage et l\u2019utilisation de sous-produits de la ferme pour r\u00e9duire les co\u00fbts. A noter que les producteurs s\u2019ils ont un contrat avec l\u2019entreprise peuvent aussi d\u00e9cider de vendre leur production \u00e0 d\u2019autres acheteurs. Pour aller plus loin et mettre ces initiatives \u00e0 l\u2019\u00e9chelle, une transformation syst\u00e9mique des <em>business model<\/em> des distributeurs et du fonctionnement des march\u00e9s est n\u00e9cessaire pour une meilleure valorisation des produits issus de l\u2019agriculture durable.<\/p>\n<p>Cet exemple illustre la n\u00e9cessit\u00e9 de garantir aux producteurs l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un march\u00e9 et de s\u00e9curiser des d\u00e9bouch\u00e9s commerciaux sur la dur\u00e9e, condition <em>sine qua non<\/em> de leur engagement dans une trajectoire de transformation. Cet \u00e9l\u00e9ment a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 par <strong>Iris Vilchez Paucar, directrice de la coop\u00e9rative de cr\u00e9dits p\u00e9ruvienne Etica<\/strong>, intervenue \u00e0 distance. Comme elle l\u2019a rappel\u00e9, les producteurs sont des acteurs \u00e9conomiques et sans garantie d\u2019un march\u00e9 pour leur production ils finiront par se d\u00e9sengager de ces trajectoires, en particulier lorsqu\u2019il y a des investissements, m\u00eame minimes \u00e0 r\u00e9aliser. <strong>Francesca Nugnes<\/strong>, <strong>sp\u00e9cialiste en d\u00e9veloppement des capacit\u00e9s et du secteur priv\u00e9 \u00e0 la Plateforme de gestion du risque en agriculture (PARM)<\/strong> illustre cela avec le cas de la Tunisie<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, o\u00f9 \u00ab\u00a0des efforts sont d\u00e9ploy\u00e9s dans les fili\u00e8res ol\u00e9icoles et c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res pour promouvoir la production organique et valoriser sa commercialisation\u00a0\u00bb. Cette d\u00e9marche de valorisation cr\u00e9e des opportunit\u00e9s sur un march\u00e9 particuli\u00e8rement dynamique, incitant ainsi \u00e0 l\u2019adoption de pratiques agro\u00e9cologiques et \u00e0 des investissements dans ce domaine.<\/p>\n<p>Les quelques exemples d\u00e9velopp\u00e9s au cours de la conf\u00e9rence illustrent que l\u2019agriculture contractuelle peut faciliter l\u2019int\u00e9gration de pratiques durables au travers de cahiers des charges (fertilisation organique, utilisation raisonn\u00e9e des pesticides ou d\u00e9veloppement d\u2019alternatives, agroforesterie, etc.), tout en assurant l\u2019acc\u00e8s aux intrants et aux \u00e9quipements n\u00e9cessaires \u00e0 ces pratiques et en offrant des revenus stables et dignes aux producteurs, \u00e0 condition bien entendu que les produits r\u00e9pondent \u00e0 une demande et soient achet\u00e9s par les consommateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les intervenants au cours de la journ\u00e9e ont aussi insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en \u0153uvre des instruments financiers qui r\u00e9pondent aux objectifs de rendements et de productivit\u00e9 mais aussi de pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes. Ils ont mis en avant le manque de m\u00e9canismes financiers bien \u00e9tablis qui s\u2019adressent \u00e0 des projets de transformation ou d\u2019intensification agro\u00e9cologique dans les pays du Sud. Ces pratiques ou projets ne produisent g\u00e9n\u00e9ralement leur plein effet qu\u2019\u00e0 moyen ou long terme. Cela demande donc aux acteurs financiers qu\u2019ils se positionnent plus activement et acceptent de financer des projets durables qui souvent auront des rendements plus faibles \u00e0 courts termes et qui pourraient produire des effets \u00e0 plus longs termes. On peut donc s\u2019interroger sur la capacit\u00e9 des acteurs financiers (banques mais aussi plus g\u00e9n\u00e9ralement fonds d\u2019investissement) \u00e0 soutenir de mani\u00e8re ad\u00e9quate ces transitions<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> du fait de leur complexit\u00e9. <strong>Elizabeth O\u2019Reilly, fondatrice d\u2019Avondale Alternative Advisors<\/strong>, a, en revanche, fait valoir que les fonds dits \u00ab\u00a0\u00e0 impact\u00a0\u00bb qui s\u2019impliquent dans le financement des syst\u00e8mes agricoles, peuvent \u00eatre des acteurs cl\u00e9s dans ces transitions du fait de l\u2019importance qu\u2019ils accordent aux rendements extra-financiers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour retrouvez le replay de la conf\u00e9rence internationale et des tables rondes, <a href=\"https:\/\/youtube.com\/playlist?list=PL5FOb_jF0SdUkrtKBLzWAHAEHQyvFYDk4&amp;si=v0PPtA_MHRKobYUh\">cliquez ici<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Voir \u00e0 ce sujet le num\u00e9ro 254 de la <em>Revue internationale des \u00e9tudes du d\u00e9veloppement<\/em> consacr\u00e9 au th\u00e8me <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/ried\/10160\">\u00ab\u00a0Financer les transformations agricoles et alimentaires\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Voir \u00e0 ce sujet Fran\u00e7ois Doligez <em>et ali<\/em>, 2008 \u00ab\u00a0Financer les transitions agricoles et rurales\u00a0\u00bb, dans<em> D\u00e9fis agricoles africains, <\/em>Afd\/Karthala.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> FAO, UNDP &amp; UNEP. 2021. <em>A multi-billion-dollar opportunity \u2013 Repurposing agricultural support to transform food systems<\/em>. Rome, FAO.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> HLPE. 2019. <em>Approches agro\u00e9cologiques et autres approches novatrices pour une agriculture et des syst\u00e8mes alimentaires durables propres \u00e0 am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition<\/em>. Rapport du Groupe d\u2019experts de haut niveau sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition du Comit\u00e9 de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale, Rome<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Abdoul Fattah Tapsoba et Matthieu Brun. 2023. <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/soutien-observatoire-agriculture-alimentation\/\"><em>Le soutien total \u00e0 l\u2019agriculture et \u00e0 l\u2019alimentation\u00a0: un paysage mondial contrast\u00e9<\/em><\/a><em>.<\/em> Publications de la Fondation FARM (en ligne).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Bessais, R. 2024, 1 mars. <em>La PARM appuie le gouvernement tunisien dans l\u2019\u00e9valuation des risques pour les cha\u00eenes de valeur \u00ab Ol\u00e9icole et C\u00e9r\u00e9ali\u00e8re \u00bb<\/em>. Webmanagercenter. <a href=\"https:\/\/www.webmanagercenter.com\/2024\/03\/01\/521433\/la-parm-appuie-le-gouvernement-tunisien-dans-levaluation-des-risques-pour-les-chaines-de-valeur-oleicole-et-cerealiere\/\">https:\/\/www.webmanagercenter.com\/2024\/03\/01\/521433\/la-parm-appuie-le-gouvernement-tunisien-dans-levaluation-des-risques-pour-les-chaines-de-valeur-oleicole-et-cerealiere\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> J\u00e9zabel Couppey-Soubeyran et \u00c9tienne\u00a0Espagne. 2022. \u00ab\u00a0La transition \u00e9cologique\u00a0: vers\u00a0un\u00a0changement de paradigme mon\u00e9taire et financier\u00a0? Introduction\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue \u00e9conomique<\/em>, vol. 73, no. 2.<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Episode 2: Current financing methods are most often undersized or unsuitable for meeting the objectives of agroecological and structural economic transformation and social sustainability in agricultural and food systems.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":29310,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[81,89],"thematique":[134],"annee":[77],"class_list":["post-29271","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers","tag-agriculture","tag-financement","thematique-conference-internationale","annee-2024-2024"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29271","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29271"}],"version-history":[{"count":49,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29271\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29340,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29271\/revisions\/29340"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29310"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29271"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29271"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29271"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=29271"},{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=29271"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}