{"id":1728,"date":"2022-04-12T10:00:00","date_gmt":"2022-04-12T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=1728"},"modified":"2022-07-08T10:10:06","modified_gmt":"2022-07-08T08:10:06","slug":"guerre-en-ukraine-les-agricultures-africaines-ne-decouvrent-pas-les-crises-alimentaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/guerre-en-ukraine-les-agricultures-africaines-ne-decouvrent-pas-les-crises-alimentaires\/","title":{"rendered":"War in Ukraine: African farmers are not discovering food crises"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\"><\/div><\/div>\n\n\n\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>L\u2019ann\u00e9e 2022 s\u2019annonce, pour l\u2019agriculture et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale, des plus difficiles, et d\u00e9j\u00e0 les inqui\u00e9tudes grandissent pour l\u2019ann\u00e9e 2023. Comme les temp\u00eates et les s\u00e8cheresses qui se r\u00e9v\u00e8lent de plus en plus graves d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, les crises sur les march\u00e9s agricoles caus\u00e9es par des chocs g\u00e9opolitiques, climatiques ou logistiques chassent les pr\u00e9c\u00e9dentes et sont de plus en plus s\u00e9rieuses. Les op\u00e9rations militaires lanc\u00e9es par la Russie en Ukraine ont des r\u00e9percussions agricoles et alimentaires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 ces lignes sont \u00e9crites, le continent africain ressent d\u00e9j\u00e0 les cons\u00e9quences \u00e9conomiques, agricoles et alimentaires de l\u2019invasion russe en Ukraine. Les capacit\u00e9s des \u00c9tats et la r\u00e9silience des soci\u00e9t\u00e9s en Afrique sont mises \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019un choc de l\u2019offre qui augmente le risque de famine. Parall\u00e8lement, les d\u00e9bats se polarisent sur les transformations agricoles en Afrique, mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, tandis que les enjeux de souverainet\u00e9 et de d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du continent reviennent en haut de l\u2019agenda. Si les risques d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire sont bien r\u00e9els pour les m\u00e9nages africains, il ne faut cependant pas que la crise en Europe de l\u2019Est fasse \u00e9cran aux vrais d\u00e9fis de l\u2019agriculture et de l\u2019alimentation en Afrique. Les solutions qui visent \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la demande en produisant plus ailleurs, notamment en Europe, ne peuvent \u00eatre que des pansements court-termistes, voire contre-productifs si l\u2019on ne s\u2019attaque pas aux d\u00e9fis de la production agricole, de l\u2019adaptation au changement climatique et de la construction de fili\u00e8res r\u00e9silientes.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2918 size-large\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"683\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-300x200.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-768x513.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-2048x1367.jpg 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-1500x1001.jpg 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/ukraine-2000x1335.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p><em><strong>Un choc mondial de l\u2019offre\u00a0et ses cons\u00e9quences<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Un demi-milliard de personnes d\u00e9pend, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, de la production agricole ukrainienne et plus encore de celle de Russie. Or, en raison de l\u2019invasion russe, le bl\u00e9, le ma\u00efs et le tournesol (huile\/tourteaux) ne sont plus charg\u00e9s sur les bateaux ni ne quittent les ports de la mer Noire pour \u00eatre achemin\u00e9s vers les pays qui aujourd\u2019hui en d\u00e9pendent. Dans les pays du Sud, la consommation de bl\u00e9 et de produits issus de la transformation du bl\u00e9 a beaucoup augment\u00e9, en particulier dans les villes. La farine de bl\u00e9 pr\u00e9sente l\u2019avantage d\u2019\u00eatre facilement panifiable \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019autres c\u00e9r\u00e9ales locales comme le sorgho ou le millet, sans compter que la consommation de pain de bl\u00e9 est socialement valoris\u00e9e et consid\u00e9r\u00e9e comme plus commode. La baguette est ainsi largement ancr\u00e9e dans les pratiques de consommation des m\u00e9nages urbains des capitales africaines. La production de bl\u00e9 en Afrique reste cependant tr\u00e8s faible et n\u2019a pas connu de hausse significative ces derni\u00e8res ann\u00e9es en raison notamment de sa trop faible comp\u00e9titivit\u00e9 par rapport aux bl\u00e9s subventionn\u00e9s produits en Europe de l\u2019Ouest ou de l\u2019Est. Les pays africains produisent entre 22 et 25 millions de tonnes de bl\u00e9 et en importent pr\u00e8s de 55 dont un peu plus de la moiti\u00e9 va en Afrique du Nord pourtant moins peupl\u00e9<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>La Russie et l\u2019Ukraine sont des fournisseurs tr\u00e8s importants pour une bonne partie des pays africains. La mer Noire approvisionne fortement l\u2019Afrique du Nord et le Moyen-Orient. L\u2019\u00c9gypte, plus gros importateur mondial, re\u00e7oit 60 % de ses importations de bl\u00e9 de Russie et 20 % d\u2019Ukraine. Au sud du Sahara, la Somalie (100 %), le B\u00e9nin (100 %), le Soudan (75 %), la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, le S\u00e9n\u00e9gal, la Tanzanie, le Rwanda, Madagascar et le Congo d\u00e9pendent \u00e0 plus de 60 % des deux pays pour leurs approvisionnements en bl\u00e9 selon la CNUCED<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. En Afrique de l\u2019Est, 85 % de la demande en bl\u00e9 est satisfaite <em>via <\/em>l\u2019importation qui vient dans une large proportion de Russie ou d\u2019Ukraine. M\u00eame si les quantit\u00e9s sont bien moindres en Afrique subsaharienne par rapport au Maghreb, la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l\u2019Ukraine et de la Russie sur le bl\u00e9, mais aussi sur l\u2019huile de tournesol, reste forte. Il est cependant important de noter que les villes, ainsi que les campagnes, ne se nourrissent pas uniquement de bl\u00e9 ou de riz import\u00e9s, mais aussi de productions locales de c\u00e9r\u00e9ales, de tubercules ou de plantains qui ne font pas l\u2019objet d\u2019un soutien suffisant pour rivaliser avec les productions import\u00e9es. La d\u00e9pendance, vis-\u00e0-vis de l\u2019ext\u00e9rieur, qui d\u00e9pend d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre dans les Afriques<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, est donc une source d\u2019inqui\u00e9tudes \u00e0 une heure o\u00f9 la situation agricole et alimentaire est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9e.<\/p>\n<p><em><strong>Hausse des prix et risques accrus d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019inqui\u00e9tude provient du fait que les exportations de c\u00e9r\u00e9ales de la mer Noire sont aujourd\u2019hui bloqu\u00e9es et que les pays importateurs doivent rapidement trouver des alternatives pour satisfaire la demande locale. Ainsi l\u2019\u00c9gypte, l\u2019\u00c9thiopie, le Soudan ou encore le Kenya cherchent d\u2019autres sources d\u2019approvisionnements \u00e0 une heure o\u00f9 les cours des mati\u00e8res premi\u00e8res s\u2019emballent et que certains pays exportateurs de denr\u00e9es alimentaires envisagent de restreindre leurs \u00e9changes pour prot\u00e9ger leur march\u00e9. Ces difficult\u00e9s d\u2019approvisionnements sur certaines c\u00e9r\u00e9ales comme le bl\u00e9 font craindre une hausse des prix sur d\u2019autres cours. En effet, avec les possibles restrictions \u00e0 l\u2019exportation et la hausse g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des prix des intrants et du fret (voir infra), le prix d\u2019autres c\u00e9r\u00e9ales comme le riz pourrait lui aussi conna\u00eetre une hausse difficilement amortissable pour les \u00c9tats et les m\u00e9nages, en Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p>L\u2019indice des prix de la FAO conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 de nouveaux records. Ceux de 2008 ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 atteints en 2021 et ils ont explos\u00e9 depuis l\u2019invasion russe en Ukraine. Entre 2019 et le mois de mars 2022, le prix des c\u00e9r\u00e9ales au niveau mondial a augment\u00e9 de 48 %, ceux du gasoil de 85 % et ceux des intrants de 35 %. En Afrique subsaharienne, les effets de ces hausses des prix ne sont pas les m\u00eames, en fonction des capacit\u00e9s locales de production, de la structure des \u00e9conomies (p\u00e9troli\u00e8re\/gazi\u00e8re ou non), de la taille des march\u00e9s, de l\u2019importance des produits c\u00e9r\u00e9aliers dans la consommation quotidienne, en particulier dans les villes, et des niveaux de d\u00e9pendance aux importations.<\/p>\n<p>Le prix d\u2019un grand nombre de produits alimentaires de base est en hausse en Afrique subsaharienne, c\u2019est le cas de la farine de bl\u00e9, du sucre, de l\u2019huile ou encore des pommes de terre. Les villes sont les premi\u00e8res touch\u00e9es, ce qui poussent les organisations internationales et certains gouvernements \u00e0 parler de possibles p\u00e9nuries, voire de crises alimentaires ravivant le spectre d\u2019instabilit\u00e9s politiques et de mouvements sociaux contre la vie ch\u00e8re. Il faut insister sur le fait que la guerre en Ukraine et la hausse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles sont un facteur cumulatif d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire en Afrique. Elle n\u2019est pas la raison unique des vuln\u00e9rabilit\u00e9s agricoles ou alimentaires que connaissent certains pays africains aujourd\u2019hui. Les cons\u00e9quences \u00e9conomiques de la pand\u00e9mie, la pr\u00e9carit\u00e9 des m\u00e9nages urbains et ruraux, les impacts du changement climatique ainsi que les conflits locaux ou r\u00e9gionaux sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui pr\u00e9existaient \u00e0 la guerre en Europe de l\u2019Est. Une r\u00e9ponse en terme d\u2019offre suppl\u00e9mentaire provenant de l\u2019ext\u00e9rieur du continent n\u2019est donc pas une solution viable sur le long terme. D\u2019autant plus que le nombre de personnes ne disposant pas des moyens \u00e9conomiques pour se nourrir (entre 800 millions et un milliard) est reparti \u00e0 la hausse depuis 5 ans, bien avant que Vladimir Poutine ne lance son offensive sur l\u2019Ukraine. \u00c0 ce propos, il faut rappeler que la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire est un ph\u00e9nom\u00e8ne multidimensionnel qui n\u2019est pas uniquement li\u00e9 \u00e0 la quantit\u00e9 de produits agricoles disponibles mais aussi, voire surtout, \u00e0 la capacit\u00e9 des individus \u00e0 acheter (ou \u00e0 produire) leur nourriture. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019alimentation est donc un \u00e9l\u00e9ment essentiel que les chocs g\u00e9opolitiques, climatiques ou \u00e9conomiques viennent contraindre. De plus, si l\u2019acc\u00e8s aux produits c\u00e9r\u00e9aliers est une donn\u00e9e importante de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire car ils jouent un r\u00f4le crucial dans l\u2019apport calorique quotidien, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la viande, aux fruits et l\u00e9gumes, aux l\u00e9gumineuses est tout aussi important. Le prix de ces produits est \u00e0 la hausse et pourrait augmenter encore plus dans le futur, rendant leur acc\u00e8s encore plus difficile qu\u2019il n\u2019est aujourd\u2019hui. La forte hausse des prix des c\u00e9r\u00e9ales au niveau mondial ne doit donc pas occulter la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9velopper les fili\u00e8res et productions locales (c\u00e9r\u00e9ales et autres), mais aussi de faciliter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces denr\u00e9es indispensables \u00e0 la dimension nutritionnelle de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p><em><strong>Des souverainet\u00e9s agricoles et industrielles en question<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Un autre choc de disponibilit\u00e9, interne au continent cette-fois, pourrait advenir dans le futur avec la hausse du prix des engrais et menacer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Ce facteur est intimement li\u00e9 \u00e0 la situation en Ukraine et en Russie puisque cette derni\u00e8re est le premier exportateur mondial d\u2019ur\u00e9e, le deuxi\u00e8me de potasse et d\u2019ammoniac n\u00e9cessaires \u00e0 la production d\u2019engrais azot\u00e9. Cette d\u00e9stabilisation des march\u00e9s des engrais intervient alors que leurs prix ont d\u00e9j\u00e0 augment\u00e9 en 2021 en raison de la flamb\u00e9e des cours du gaz naturel, p\u00e9nalisant la production d\u2019ammoniac. Avec des prix des engrais multipli\u00e9s par presque 2 depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 2021, les producteurs ne peuvent les acqu\u00e9rir et les \u00c9tats africains ne pourront pas augmenter les subventions qu\u2019ils allouent aux producteurs consid\u00e9rant leur situation \u00e9conomique et financi\u00e8re. M\u00eame s\u2019ils en importent moins que d\u2019autres puissances agricoles, les cons\u00e9quences sur la production locale risquent d\u2019\u00eatre significatives. En effet, en 2020, les pays d\u2019Afrique subsaharienne ont import\u00e9 5,6 millions de tonnes de fertilisants azot\u00e9s, contre 12 millions pour le Br\u00e9sil ou 10 millions pour l\u2019Inde. Le recours aux engrais organiques ou de synth\u00e8se est bien plus faible en Afrique subsaharienne qu\u2019en Asie ou dans d\u2019autres r\u00e9gions du monde, et ce malgr\u00e9 les engagements d\u2019augmentation de l\u2019utilisation des engrais pris au sein de l\u2019Union africaine au sommet d\u2019Abuja en 2006. L\u2019Afrique du Sud, l\u2019\u00c9thiopie, le Malawi et le Kenya sont les principaux importateurs et l\u2019Europe et le Moyen-Orient les fournisseurs les plus importants. L\u2019Afrique subsaharienne notamment importe relativement peu d\u2019engrais et son niveau de d\u00e9pendance envers la Russie reste limit\u00e9 mais les capacit\u00e9s locales de production sont tr\u00e8s faibles. Comme le rappelle Kako Nubukpo<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, en Afrique de l\u2019Ouest, aucun pays ne produit d\u2019engrais except\u00e9 le Nigeria. L\u2019impact de la hausse des prix des intrants sera donc diff\u00e9renci\u00e9 en fonction des pays, des syst\u00e8mes de production et du niveau d\u2019utilisation des engrais. Dans certains pays les producteurs devront absorber le co\u00fbt de l\u2019augmentation des intrants, s\u2019ils le peuvent, quand ailleurs d\u2019autres n\u2019auront d\u2019autre choix que d\u2019en acheter moins, ce qui aura des cons\u00e9quences sur les rendements de certaines cultures. Un tel sc\u00e9nario met en cause la capacit\u00e9 des pays africains \u00e0 \u00eatre souverains sur le plan alimentaire. Alors que la d\u00e9pendance aux march\u00e9s internationaux s\u2019accro\u00eet tendanciellement (la part des importations dans la consommation est pass\u00e9e de 10 % en 1975 \u00e0 20 \u00e0 25 % aujourd\u2019hui), le d\u00e9fi de l\u2019augmentation de la production se pose avec une plus forte acuit\u00e9, en particulier dans la perspective des changements alimentaires d\u2019une population appel\u00e9e \u00e0 presque doubler \u00e0 l\u2019horizon 2050<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>La solidarit\u00e9 promue par les gouvernements et au premier rang desquels celui de la France avec l\u2019initiative (\u00e0 ne pas confondre avec la Fondation du m\u00eame nom\u00a0!) FARM \u00ab\u00a0Food and Agriculture Resilience Mission\u00a0\u00bb lanc\u00e9e par le Pr\u00e9sident Macron peut \u00eatre une solution d\u2019urgence pour amortir les chocs, financer les solutions \u00e0 la crise ou encore assurer l\u2019approvisionnement du Programme alimentaire mondial (PAM). Cependant, demain, d\u2019autres crises &#8211; climatiques, g\u00e9opolitiques ou \u00e9conomiques &#8211; pourraient \u00e9clater et les syst\u00e8mes alimentaires en Afrique ne seraient pas mieux pr\u00e9par\u00e9s en d\u00e9pendant toujours plus de l\u2019ext\u00e9rieur. La transformation en profondeur des syst\u00e8mes productifs agricoles, en Afrique ou ailleurs, demandera du temps, de la mobilisation politique et des financements. Les experts du GIEC nous ont rappel\u00e9 que le temps risque de manquer<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, esp\u00e9rons que nous saurons en gagner en nous mobilisant largement pour construire des fili\u00e8res agricoles durables.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Le continent importe environ 17 millions de tonnes de riz et en produit 38 (FAOStat, 2020).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> CNUCED, <em>The impact on trade and development of the war in Ukraine<\/em>, UNCTAD Rapid Assesment, 16 mars 2022.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Pierre Janin, \u00ab\u00a0L\u2019autonomisation alimentaire de l\u2019Afrique en perspective\u00a0\u00bb, dans <em>Le D\u00e9m\u00e9ter 2021 &#8211; Produire et se nourrir\u00a0: le d\u00e9fi quotidien d\u2019un monde d\u00e9boussol\u00e9<\/em>, sous la direction de S\u00e9bastien Abis et Matthieu Brun, IRIS Editions, 2021.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00ab\u00a0L\u2019enjeu est d\u2019augmenter la production agricole en Afrique\u00a0\u00bb, Interview de Kako Nubukpo dans <em>Le Monde<\/em>, 1<sup>er<\/sup> avril 2022.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Voir \u00e0 ce sujet l\u2019\u00e9tude conduite par l\u2019INRAE \u00e0 la demande de FARM, <a href=\"https:\/\/www.inrae.fr\/sites\/default\/files\/pdf\/INRAE_Synth%C3%A8se_AFRIAGRI2050_FARM_191021.pdf\">Comment assurer les disponibilit\u00e9s alimentaires du continent africain \u00e0 l\u2019horizon 2050 ? (inrae.fr)<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Lire le troisi\u00e8me volet du 6<sup>\u00e8me<\/sup> rapport d\u2019\u00e9valuation du GIEC publi\u00e9 le 4 avril 2022 (<em>AR6 Climate change 2022\u00a0: Mitigation of climate change<\/em>) <a href=\"https:\/\/www.ipcc.ch\/report\/sixth-assessment-report-working-group-3\/\">AR6 Climate Change 2022: Mitigation of Climate Change \u2014 IPCC<\/a>.<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>With the war in Ukraine, the capacities of states and the resilience of societies in Africa are being tested by a supply shock that increases the risk of food insecurity. 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