{"id":12900,"date":"2023-10-12T10:05:52","date_gmt":"2023-10-12T08:05:52","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=12900"},"modified":"2023-10-12T12:02:35","modified_gmt":"2023-10-12T10:02:35","slug":"cacao-cote-ivoire-ghana-filiere-evolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/cacao-cote-ivoire-ghana-filiere-evolution\/","title":{"rendered":"Ivory Coast-Ghana: A fairer and more sustainable cocoa sector with the DRD?"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un revenu d\u00e9cent pour les producteurs est devenu une priorit\u00e9 de la fili\u00e8re cacao, notamment en C\u00f4te d\u2019Ivoire et au Ghana, les deux premiers exportateurs mondiaux. Les gouvernements de ces pays en ont pris conscience en adoptant, en octobre 2020, le Diff\u00e9rentiel de revenu d\u00e9cent (DRD), une prime de 400 $\/tonne de cacao vendu enti\u00e8rement revers\u00e9e aux producteurs. Trois ans apr\u00e8s, les effets ont-ils \u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fiques ? Apr\u00e8s un rappel du contexte, FARM donne la parole \u00e0 <\/strong><a href=\"https:\/\/www.nitidae.org\/\"><strong>Nitidae<\/strong><\/a><strong>, une ONG sp\u00e9cialiste du d\u00e9veloppement des fili\u00e8res et de la pr\u00e9servation de l\u2019environnement. Leurs experts plaident pour un \u00ab\u00a0new deal\u00a0\u00bb du Cacao.<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_12901\" aria-describedby=\"caption-attachment-12901\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-12901 size-large\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-1024x768.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"768\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-300x225.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-768x576.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-2048x1536.jpg 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-1500x1125.jpg 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Photo-cacao-article-DRD-Nitidae-2000x1500.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-12901\" class=\"wp-caption-text\">Le cacao, l&rsquo;or brun de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>C\u00f4te d\u2019Ivoire-Ghana\u00a0: deux poids lourds du march\u00e9 mondial<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>En 2022, la production mondiale de cacao s\u2019\u00e9levait <a href=\"https:\/\/www.ecologie.gouv.fr\/sites\/default\/files\/Rapport_IFCD_041022.pdf\">\u00e0 pr\u00e8s de 5 millions de tonnes <\/a>et pr\u00e8s de <strong>80% d\u2019entre elle<\/strong> provenait de <strong>plantations familiales <\/strong><a href=\"https:\/\/www.businesscoot.com\/fr\/etude\/le-marche-du-cacao-france\">inf\u00e9rieures \u00e0 10 hectares<\/a>. La C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Ghana sont les premiers producteurs et participent pour plus de 60 % \u00e0 la commercialisation des f\u00e8ves de cacao.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-12902 \" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Top-5-producteurs-mondiaux-de-cacao-de-2019-a-2022.png\" alt=\"\" width=\"733\" height=\"733\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Top-5-producteurs-mondiaux-de-cacao-de-2019-a-2022.png 1080w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Top-5-producteurs-mondiaux-de-cacao-de-2019-a-2022-300x300.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Top-5-producteurs-mondiaux-de-cacao-de-2019-a-2022-1024x1024.png 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Top-5-producteurs-mondiaux-de-cacao-de-2019-a-2022-150x150.png 150w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Top-5-producteurs-mondiaux-de-cacao-de-2019-a-2022-768x768.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px\" \/>Le march\u00e9 mondial du cacao est caract\u00e9ris\u00e9 \u00e0 la fois par une <strong>hausse r\u00e9guli\u00e8re des volumes <\/strong>de consommation et de production (4,8 millions de tonnes en 2020-2021 contre 3,6 millions de tonnes en 2008-2009) ainsi qu\u2019une forte variabilit\u00e9 des prix du cacao dans une <strong>tendance g\u00e9n\u00e9rale baissi\u00e8re<\/strong> (-2% par an depuis 1960) alors que le prix de la barre de chocolat \u00e9volue ind\u00e9pendamment de ce march\u00e9. La quantit\u00e9 croissante de cacao produite et disponible sur les march\u00e9s, conjugu\u00e9e \u00e0 la baisse du prix a eu des <strong>cons\u00e9quences sur les revenus des producteurs<\/strong>. La plupart d\u2019entre eux vivent d\u2019ailleurs <strong>en dessous du seuil de pauvret\u00e9<\/strong> et ont le plus souvent peu d\u2019activit\u00e9s alternatives g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus.<\/p>\n<p>Une <strong>dizaine de grandes entreprises internationales<\/strong> (europ\u00e9ennes et am\u00e9ricaines, principalement) se partagent pr\u00e8s <strong>de 80 % du march\u00e9 mondial des \u00e9changes de cacao<\/strong>. Ce dernier est un march\u00e9 de commodit\u00e9s (mati\u00e8res premi\u00e8res standardis\u00e9es, peu ou pas transform\u00e9es et \u00e9chang\u00e9es dans de gros volumes) et non de produits de \u00ab\u00a0sp\u00e9cialit\u00e9s\u00a0\u00bb. Les \u00ab crus \u00bb (Am\u00e9rique latine, Madagascar) et les labels (Equitable, Bio) repr\u00e9sentent toujours une petite part des \u00e9changes mondiaux (<strong>moins de 5% selon l\u2019ONG Max Havelaar<\/strong>), malgr\u00e9 une progression sur les march\u00e9s europ\u00e9ens.<\/p>\n<p><strong>Focus \u2013 Le cacao, l\u2019or brun de la C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-12903 \" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Le-cacao-lor-brun-de-la-Cote-dIvoire.png\" alt=\"\" width=\"678\" height=\"678\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Le-cacao-lor-brun-de-la-Cote-dIvoire.png 1080w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Le-cacao-lor-brun-de-la-Cote-dIvoire-300x300.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Le-cacao-lor-brun-de-la-Cote-dIvoire-1024x1024.png 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Le-cacao-lor-brun-de-la-Cote-dIvoire-150x150.png 150w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Le-cacao-lor-brun-de-la-Cote-dIvoire-768x768.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 678px) 100vw, 678px\" \/><\/p>\n<p><strong>C\u00f4te d\u2019Ivoire-Ghana\u00a0: le r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant des pouvoirs publics<\/strong><\/p>\n<p>En C\u00f4te d\u2019Ivoire et au Ghana, <strong>la fili\u00e8re cacao est administr\u00e9e par les pouvoirs publics. <\/strong>Ces derniers jouent plusieurs r\u00f4les, notamment celui de contr\u00f4ler l\u2019acc\u00e8s des op\u00e9rateurs priv\u00e9s (nationaux et internationaux) aux diff\u00e9rentes fonctions\/m\u00e9tiers de la fili\u00e8re, de l\u2019achat <strong>bord champ <\/strong>(directement au paysan) \u00e0 l\u2019exportation en passant par la transformation et la fourniture d\u2019intrants.<\/p>\n<p>Ils \u00e9tablissent \u00e9galement des r\u00e9f\u00e9rences sur les prix et les marges des maillons de la fili\u00e8re, financent des d\u00e9penses d\u2019int\u00e9r\u00eat commun et g\u00e8rent des fonds de r\u00e9serve permettant de lisser les prix aux producteurs d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre.<\/p>\n<p><strong>En C\u00f4te d\u2019Ivoire, <\/strong>les exportateurs sont des compagnies priv\u00e9es qui ont acquis aupr\u00e8s du Conseil caf\u00e9 cacao (CCC) des licences d\u2019exportation pour un volume et \u00e0 un prix de r\u00e9f\u00e9rence, avant la campagne principale (octobre \u00e0 mars). Les exportateurs ach\u00e8tent le cacao directement aupr\u00e8s de coop\u00e9ratives ou d\u2019autres op\u00e9rateurs agr\u00e9\u00e9s par le CCC pour couvrir les contrats\/licences d\u2019exportation accord\u00e9s par le CCC. Des ventes anticip\u00e9es permettent au CCC de fixer en d\u00e9but de campagne un <strong>prix moyen de vente anticip\u00e9<\/strong> (comprenant le co\u00fbt, l\u2019assurance et le fret &#8211; CAF) \u00e0 partir duquel est d\u00e9fini un prix collecte bord champ minimum. L\u2019objectif est un prix bord champ de 50 \u00e0 60 % du prix CAF.<\/p>\n<p><strong>Au Ghana<\/strong> c\u2019est la Cocoa Marketing Company (CMC), entit\u00e9 publique, qui r\u00e9ceptionne \u00e0 travers ses trois magasins de regroupement (Takoradi, Tema, Kumasi) les f\u00e8ves de cacao de toutes les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;achat agr\u00e9\u00e9es (appel\u00e9es LBC). Elle s\u2019occupe de l\u2019exportation des f\u00e8ves et approvisionne les transformateurs nationaux. Ces derniers sont libres dans leurs exportations de produits transform\u00e9s. Il y a donc une lib\u00e9ralisation r\u00e9gul\u00e9e de l&rsquo;achat bord-champ et de la transformation locale.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le DRD pour lutter contre la pauvret\u00e9 des cacaoculteurs<\/strong><\/p>\n<p>Le <strong>Diff\u00e9rentiel de revenu d\u00e9cent (DRD)<\/strong> est un m\u00e9canisme qui vise \u00e0 garantir que les producteurs ivoiriens et ghan\u00e9ens de cacao re\u00e7oivent un revenu d\u00e9cent de leur travail. Le DRD part du constat que le prix pay\u00e9 au producteur et fix\u00e9 par le march\u00e9 international est insuffisant. Le DRD permet de r\u00e9\u00e9quilibrer ce prix trop faible au profit d\u2019un prix \u00e9quitable pour leur cacao, qui refl\u00e8te les co\u00fbts r\u00e9els de production ainsi qu&rsquo;une marge de profit raisonnable.<\/p>\n<p><strong>Ce m\u00e9canisme a \u00e9t\u00e9 officiellement lanc\u00e9 en octobre 2020<\/strong> par les gouvernements ivoirien et ghan\u00e9en, en collaboration avec des entreprises chocolati\u00e8res mondiales et des organisations de d\u00e9veloppement. <strong>Ils ont ainsi instaur\u00e9 une prime de 400 USD\/tonne (328,70 euros) de f\u00e8ves d\u00e8s la campagne 2020-2021 sur tous les contrats. <\/strong>L&rsquo;objectif premier est de mettre fin \u00e0 la pauvret\u00e9 persistante des cacaoculteurs et de les prot\u00e9ger contre les fluctuations des prix mondiaux de cet or brun.<\/p>\n<p><strong>Trois ans apr\u00e8s la mise en place de ce dispositif, les producteurs ont-ils pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un meilleur revenu ? Nous avons donn\u00e9 la parole aux \u00e9quipes de Nitidae, <\/strong><strong>une ONG sp\u00e9cialiste du d\u00e9veloppement des fili\u00e8res et de la pr\u00e9servation de l\u2019environnement, pour dresser le bilan du DRD.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Fondation FARM\u00a0: Quels sont les fondements (politiques et id\u00e9ologiques) et les principes du DRD\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nitidae\u00a0<\/strong>: Pour parler du Diff\u00e9rentiel de revenus d\u00e9cent (DRD), il faut bien en comprendre le contexte. L\u2019annonce de ce dispositif en septembre 2019, et sa mise en \u0153uvre en 2020, intervient dans un contexte particulier aussi bien au niveau de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du Ghana qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle de leurs relations avec l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Depuis 2018, les deux pays n\u00e9gocient, avec le soutien de la Banque mondiale, la mise en place d\u2019un partenariat pour mieux aligner leurs politiques de r\u00e9gulation de la commercialisation int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure du cacao<a name=\"_ftnref1\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. Jusqu\u2019ici, ils ont souvent jou\u00e9 la concurrence davantage que la compl\u00e9mentarit\u00e9<a name=\"_ftnref2\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. L<strong>a campagne 2018\/2019<a name=\"_ftnref3\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>\u00a0a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des prix relativement bas<\/strong>\u00a0(750 FCFA\/kg en C\u00f4te d\u2019Ivoire, 7,6 C\u00e9dis\/kg au Ghana) et les deux institutions de r\u00e9gulation (<a href=\"http:\/\/www.conseilcafecacao.ci\/\">CCC<\/a> et <a href=\"https:\/\/cocobod.gh\/\">COCOBOD<\/a>) sont dans une situation financi\u00e8re d\u00e9licate qui ne leur permet pas de soutenir les prix d\u2019achat aux producteurs et les prix mondiaux restent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment bas. Les marges de man\u0153uvre sont donc tr\u00e8s limit\u00e9es alors que\u00a0<strong>le prix d\u2019achat du cacao influence les revenus d\u2019une \u00e9norme partie des populations rurales.<\/strong>\u00a0Les deux pays d\u00e9cident donc de jouer une carte inattendue\u00a0: forcer le march\u00e9 international \u00e0 remonter en obligeant\u00a0<strong>les acheteurs de cacao \u00e0 payer une prime de 400 USD\/t (+\/-18% de la valeur au d\u00e9part des ports ivoiriens et ghan\u00e9ens en septembre 2019) pour pouvoir acc\u00e9der \u00e0 leur f\u00e8ve.<\/strong><\/p>\n<p><strong>De mars \u00e0 juin 2020, la crise du COVID provoque une nouvelle baisse des cours mondiaux du cacao<\/strong>, pour les deux gouvernements il faut donc agir et les marges de man\u0153uvre budg\u00e9taires \u00e9tant extr\u00eamement r\u00e9duites (il faut aussi financer l\u2019aide d\u2019urgence aux populations et les dispositifs de lutte contre l\u2019\u00e9pid\u00e9mie), seul l\u2019outil r\u00e9glementaire est disponible. C\u2019est dans ce contexte que les deux organes de r\u00e9gulation\u00a0<strong>imposent en juillet 2020, le paiement de cette prime sur tous les contrats de vente anticip\u00e9e<\/strong>\u00a0de la r\u00e9colte qui d\u00e9marrera en octobre 2020, juste avant les \u00e9lections.<\/p>\n<p><strong>L\u2019id\u00e9e s\u2019inspire du mod\u00e8le des f\u00e8ves \u00ab\u00a0certifi\u00e9es\u00a0\u00bb<\/strong>, pratiqu\u00e9e dans des march\u00e9s de niche (bio, label, commerce \u00e9quitable), qui pr\u00e9voit des primes pay\u00e9es aux producteurs avec une r\u00e9percussion sur les consommateurs <em>via <\/em>le prix final. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait d\u2019appliquer ce mod\u00e8le \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019ensemble de la production sur un march\u00e9 dont une grosse partie de la valeur ajout\u00e9e est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e en aval. En effet, le \u00ab\u00a0branding\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0packaging\u00a0\u00bb et le \u00ab\u00a0marketing\u00a0\u00bb du chocolat<strong> absorbe en moyenne autour de 30 % de la valeur finale d\u2019une tablette de chocolat et monte \u00e0 plus de 50 % pour un \u0153uf kinder\u00a9<\/strong>). L\u2019aval de la fili\u00e8re pourrait donc absorber une grosse partie de cette prime sans qu\u2019elle soit enti\u00e8rement r\u00e9percut\u00e9e sur les consommateurs.<\/p>\n<p>Cette prime \u00ab\u00a0impos\u00e9e\u00a0\u00bb semble d\u2019autant plus justifi\u00e9e que\u00a0<strong>30 \u00e0 40 % de la production des deux pays fait d\u00e9j\u00e0 l\u2019objet d\u2019un \u00ab\u00a0label\u00a0durable\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0(certification UTZ, Rainforest Alliance ou labels internes de la plupart des grands chocolatiers). De plus, l\u2019Union europ\u00e9enne a publi\u00e9, en juillet 2019, une communication annon\u00e7ant qu\u2019elle travaille \u00e0 un r\u00e8glement contre la d\u00e9forestation li\u00e9e \u00e0 ses importations<a name=\"_ftnref4\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Puisque l\u2019ensemble de la production doit devenir durable au sens de la pr\u00e9servation des for\u00eats tropicales, il fallait mettre le revenu des producteurs (et le PIB des pays producteurs) dans la n\u00e9gociation qui s\u2019annonce.<\/p>\n<p>Et c\u2019est tout \u00e0 fait logique et justifi\u00e9\u00a0! <strong>Le moteur du DRD pourrait donc \u00eatre r\u00e9sum\u00e9 ainsi : \u00ab\u00a0vous voulez que nous contr\u00f4lions mieux les externalit\u00e9s environnementales n\u00e9gatives de notre production, alors payez pour \u00e7a\u00a0! En plus nous assurerons qu\u2019une partie de ces revenus ira directement aux producteurs\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Fondation FARM\u00a0: Le\u00a0DRD a-t-il fonctionn\u00e9 comme annonc\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nitidae\u00a0<\/strong>: Malheureusement, on peut dire que le DRD n\u2019a pas fonctionn\u00e9. Comme le montre\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cahiersagricultures.fr\/articles\/cagri\/pdf\/2022\/01\/cagri210154.pdf\">le chercheur Fran\u00e7ois RUF<\/a>\u00a0qui confirme notre suivi continu du march\u00e9 dans le cadre du\u00a0<a href=\"https:\/\/www.nkalo.com\/\">service N\u2019kal\u00f4<\/a>,\u00a0<strong>les producteurs n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la hausse des prix esp\u00e9r\u00e9e<\/strong>, et pendant la campagne 2020\/2021,\u00a0<strong>ils ont m\u00eame perdu des revenus<\/strong>\u00a0du fait de la mise en place confuse du dispositif.<\/p>\n<p>De notre point de vue, il n\u2019y a eu qu\u2019<strong>un seul r\u00e9el point positif du DRD\u00a0<\/strong>: en soustrayant 400 USD\/t<a name=\"_ftnref5\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>\u00a0aux syst\u00e8mes de pr\u00e9l\u00e8vement (taxes et pr\u00e9l\u00e8vement obligatoires) du CCC et du COCOBOD,\u00a0<strong>le DRD a eu pour effet direct de r\u00e9duire la fiscalit\u00e9 sur l\u2019exportation de cacao<\/strong>. C\u2019est donc en quelque sorte un transfert fiscal de l\u2019Etat vers les producteurs et, concr\u00e8tement, \u00e7a correspond \u00e0 une hausse d\u2019entre 4 et 8 % du revenu des producteurs.<\/p>\n<p><strong>Le probl\u00e8me du DRD vient surtout d\u2019une mauvaise prise en compte du fonctionnement de l\u2019aval de la fili\u00e8re cacao<\/strong>. Il part du postulat que les co\u00fbts de branding\/packaging\/marketing des chocolatiers sont facilement r\u00e9ductibles. Ce n\u2019est pas vrai. Vendre du chocolat, c\u2019est globalement vendre des confiseries \u00e0 un prix nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la majorit\u00e9 des autres confiseries.<\/p>\n<p>On ne parle pas d\u2019un petit \u00e9cart\u2026 il suffit d\u2019aller se balader sur le site d\u2019un supermarch\u00e9, le chocolat MDD\u00a0<em>(ndlr\u00a0: marque de distributeur)<\/em>\u00a0co\u00fbte entre 10 et 25 \u20ac\/kg, alors que des confiseries \u00e0 base de sucre se situe entre 4 et 8 \u20ac\/kg. Pour convaincre les consommateurs, il faut investir dans le marketing, m\u00eame dans des pays o\u00f9 le chocolat est bien implant\u00e9 dans les habitudes de consommation. Alors, quand les prix montent, tous les chocolatiers r\u00e9duisent la taille des tablettes (cela peut aller jusqu\u2019\u00e0 75g au lieu de 100g).<\/p>\n<p>Ensuite, on part du principe que les grandes marques, sensibles \u00e0 leur image, vont \u00ab\u00a0faire des efforts\u00a0\u00bb si on les accuse de ne pas payer le prix juste. Mais les acheteurs de cacao ne sont pas des marques de chocolat connues des consommateurs\u00a0!\u00a0<strong>Plus de 75 % des f\u00e8ves sont achet\u00e9es par des broyeurs<\/strong>, ces derniers les vendent ensuite\u00a0<strong>\u00e0 des centaines, voire des milliers de grandes, moyennes et petites entreprises de chocolat,<\/strong>\u00a0mais \u00e9galement \u00e0 des biscuiteries, des confiseries, des restaurateurs, des p\u00e2tissiers, etc.<\/p>\n<p>Certes, il y a une concentration d\u2019acteurs dans les fili\u00e8re cacao \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des broyeurs \u2013les 10 plus grandes entreprises effectuent 80 % des broyages mondiaux \u2013\u00a0 mais ces derniers sont des interm\u00e9diaires, soumis \u00e0 concurrence par une multitude de clients qui travaillent sur une multitude de march\u00e9s et pour qui le prix de l\u2019ingr\u00e9dient phare (le cacao) est un fort d\u00e9terminant des co\u00fbts de production et de marge.<\/p>\n<p>Le contexte technologique a fait du\u00a0<strong>cacao un produit ultra-transform\u00e9.<\/strong>\u00a0Les industriels du broyage et de la transformation en beurre (les \u00ab\u00a0beurriers\u00a0\u00bb) mettent en march\u00e9 des produits \u00e0 base de cacao \u00ab\u00a0pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi\u00a0\u00bb pour les fabricants (ou marques) connues du grand public, qu\u2019ils soient industriels ou artisans.\u00a0<strong>La majorit\u00e9 d\u2019entre eux n\u2019ont donc aucun lien d\u2019affaire direct avec des producteurs (ou leurs organisations), ce qui accentue la dilution des responsabilit\u00e9s sur la d\u00e9finition et mise en place d\u2019un \u00ab\u00a0prix juste\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Enfin, r\u00e9guler les march\u00e9s agricoles sur le long terme par la seule coercition (loi, r\u00e8glementation et\/ou p\u00e9nalit\u00e9s) ne fonctionne pas ou peu, surtout \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des \u00e9changes internationaux. Au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne, on peut penser aux fameuses\u00a0<a href=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/replay-radio\/histoires-d-info\/quand-les-agriculteurs-manifestaient-contre-les-quotas-laitiers-1984_1774893.html\">montagnes de beurre du d\u00e9but des ann\u00e9es 80<\/a>, ou aux Accords internationaux du caf\u00e9 qui n\u2019ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 stabiliser le march\u00e9.\u00a0<strong>La loi de l\u2019offre et de la demande prend toujours et inlassablement le dessus.<\/strong>\u00a0Un op\u00e9rateur plus malin que les autres ou mieux inform\u00e9 trouvera syst\u00e9matiquement un moyen de contourner le dispositif et les autres lui emboiteront le pas.<\/p>\n<p><strong>Fondation FARM\u00a0: En 2023, on a pu constater que\u00a0le prix du cacao a\u00a0augment\u00e9\u00a0sur le march\u00e9 international. Pourquoi ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nitidae\u00a0<\/strong>: En effet, la campagne 2022\/2023 est la seule o\u00f9 le m\u00e9canisme du DRD a connu un semblant d\u2019efficacit\u00e9. Les gouvernements de C\u00f4te d\u2019Ivoire et du Ghana ont forc\u00e9 les plus grandes compagnies de broyage et chocolatiers majeurs\u00a0<strong>\u00e0 signer un accord dans lequel<\/strong>\u00a0<strong>elles s\u2019engageaient \u00e0 respecter le principe initial du DRD<\/strong>, \u00e0 savoir\u00a0<strong>le paiement du prix du march\u00e9 international en plus de la prime.<\/strong>\u00a0Et non le prix du march\u00e9 international, prime incluse, comme cela \u00e9tait le cas dans les campagnes pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p>Cette campagne s\u2019inscrit dans un contexte de relative stabilit\u00e9, voire d\u2019une l\u00e9g\u00e8re baisse de la production mondiale. Du coup, les autres pays producteurs se sont plus facilement align\u00e9s sur les conditions propos\u00e9es par la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Ghana.<\/p>\n<p>Cela pose un point int\u00e9ressant\u00a0: en p\u00e9riode de sous-offre, des \u00c9tats ou des organes de r\u00e9gulation peuvent potentiellement \u00ab\u00a0acc\u00e9l\u00e9rer\u00a0\u00bb la hausse des prix aux producteurs en r\u00e9gulant les conditions de contractualisation. Mais cela ne r\u00e8gle malheureusement pas le probl\u00e8me principal\u00a0: comment fait-on pour prot\u00e9ger les producteurs contre les baisses de prix\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Fondation FARM\u00a0: Selon vous, quelles\u00a0politiques publiques\u00a0pourraient v\u00e9ritablement assurer les objectifs du DRD, \u00e0 savoir stabiliser les prix mondiaux du cacao \u00e0 un niveau moyen plus \u00e9lev\u00e9 qu&rsquo;au cours des d\u00e9cennies 2000 et 2010 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nitidae\u00a0<\/strong>: Il y a dans l\u2019histoire des politiques agricoles, et en particulier dans celle des cultures p\u00e9rennes, au moins un outil (d\u00e9clin\u00e9 sous diff\u00e9rentes formes) qui a fait ses preuves en termes de lutte contre la surproduction et la baisse des prix.\u00a0<strong>Il s\u2019agit de la r\u00e9gulation de l\u2019offre, et notamment les primes \u00e0 l\u2019arrachage<\/strong>\u00a0(ou au renouvellement\/ \u00e0 la conversion). C\u2019est un outil co\u00fbteux mais il a une efficacit\u00e9 certaine. Les exemples de r\u00e9ussite sont nombreux, aussi bien en Europe, notamment dans la vigne ou dans certaines fili\u00e8res arboricoles, qu\u2019en Asie dans le secteur du caoutchouc et de l\u2019huile de palme.<\/p>\n<p><strong>Dans le contexte de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du Ghana, une telle politique pourrait avoir un fort impact social.<\/strong>\u00a0Parmi les producteurs de cacao, ceux qui sont g\u00e9n\u00e9ralement les plus vuln\u00e9rables, sont les\u00a0<strong>propri\u00e9taires de plantations vieillissantes<\/strong>.\u00a0<strong>Leurs rendements baissent ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e<\/strong>, leurs revenus aussi et ils subissent un v\u00e9ritable d\u00e9classement. Il est extr\u00eamement difficile pour de petites exploitations familiales de renoncer \u00e0 une partie de leurs revenus pour replanter des arbres\u00a0<strong>qui ne rapporteront des revenus \u00e9quivalent aux revenus actuels qu\u2019apr\u00e8s 5, 6 voire 7 ans.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Aider ces producteurs\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 abattre leurs vieux cacaoyers, soit pour en replanter de nouveaux, soit pour planter autre chose (des produits vivriers, de l\u2019h\u00e9v\u00e9a, du palmier \u00e0 huile)\u00a0et diversifier leurs exploitations\u00a0serait probablement le meilleur moyen de r\u00e9guler l\u2019offre\u00a0et d\u2019aider les producteurs les plus pr\u00e9caires.<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 fait des calculs et des propositions \u00e0 ce sujet, on parle d\u2019un co\u00fbt en dizaines de millions d\u2019euros par an. Ce n\u2019est pas rien mais\u00a0<strong>c\u2019est clairement faisable \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des deux pays.<\/strong>\u00a0Il faudrait alors\u00a0<strong>un r\u00e9el engagement des gouvernements des pays producteurs, du secteur priv\u00e9 et des partenaires techniques et financiers,<\/strong>\u00a0\u00e0 commencer par l\u2019Union europ\u00e9enne dont l\u2019ambition est la durabilit\u00e9 de la fili\u00e8re cacao. Au regard des montants habituellement consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement, aux programmes de durabilit\u00e9 des op\u00e9rateurs priv\u00e9s, un tel programme ambitieux de r\u00e9gulation de l\u2019offre est r\u00e9aliste. Il serait un genre de <strong>\u00ab\u00a0New deal\u00a0\u00bb du cacao<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Fondation FARM\u00a0: Le DRD vise \u00e0 am\u00e9liorer la durabilit\u00e9 \u00e9conomique de la culture du cacao, qu\u2019en est-il de la durabilit\u00e9 sociale et environnementale des modes de production dans la fili\u00e8re, notamment pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019enjeu de lutte contre la d\u00e9forestation\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nitidae\u00a0<\/strong>: Aujourd\u2019hui, les programmes de \u00ab\u00a0durabilit\u00e9\u00a0\u00bb de la majorit\u00e9 des chocolatiers sont centr\u00e9s sur le niveau d\u2019utilisation d\u2019engrais min\u00e9raux et de traitements phytosanitaires. Toutes actions sur ces deux \u00e9l\u00e9ments alourdissent, de fait, les co\u00fbts de production et a donc un impact sur les revenus des producteurs. Ces derniers assument tous les risques et cela ne r\u00e8gle aucun probl\u00e8me sur le long terme\u00a0: l\u2019arbre vieillit et s\u2019affaiblit ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, le capital du producteur se d\u00e9pr\u00e9cie.<\/p>\n<p><strong>Sur l\u2019enjeu de la d\u00e9forestation, la priorit\u00e9 est d\u2019abord de prot\u00e9ger les for\u00eats encore existantes, relancer les fili\u00e8res sylvicoles pour augmenter la plantation d\u2019arbres et r\u00e9duire la pression sur les arbres restants<\/strong>. Dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, la d\u00e9forestation li\u00e9e au cacao risque de se concentrer au Liberia, en Sierra Leone, en Equateur et, dans une moindre mesure, en Afrique Centrale. Au lieu de d\u00e9forester, on pourrait tout \u00e0 fait intensifier les politiques de prime \u00e0 l\u2019abattage en privil\u00e9giant l\u2019agroforesterie sur les parcelles \u00e0 fort potentiel. La mise en jach\u00e8re et la production sylvicole des vieilles cacaoy\u00e8res permettraient \u00e9galement de r\u00e9duire la pression fonci\u00e8re sur les derni\u00e8res for\u00eats primaires. Il y a beaucoup de possibilit\u00e9s comme la \u00ab\u00a0prime arbre\u00a0\u00bb, un syst\u00e8me de paiement pour \u00ab\u00a0services environnementaux\u00a0\u00bb que nous avons test\u00e9 avec un chocolatier en p\u00e9riph\u00e9rie de la r\u00e9serve Mabi-Yaya dans l\u2019Est de la C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p>Enfin, sur la durabilit\u00e9 sociale de la production de cacao, le principal enjeu est clairement\u00a0<strong>l\u2019am\u00e9lioration du syst\u00e8me de sant\u00e9.<\/strong>\u00a0M\u00eame le travail des enfants y est directement li\u00e9 car les accidents de la vie et les maladies qui immobilisent un ou plusieurs actifs sont\u00a0<strong>l\u2019un des principaux facteurs de d\u00e9scolarisation.<\/strong>\u00a0Sur ce point, il s\u2019agit d\u2019une politique publique plus large qui n\u00e9cessitera la mise en place d\u2019une <strong>assurance accident puis d\u2019une s\u00e9curit\u00e9 sociale des cacaoculteurs<\/strong>.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn1\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>\u00a0Les deux pays r\u00e9gulent fortement la commercialisation int\u00e9rieure et stabilisent les prix nationaux en s\u2019appuyant sur une vente anticip\u00e9e, partielle et \u00e9tal\u00e9e, de leur production.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>\u00a0Le Ghana garde rancune \u00e0 la C\u00f4te d\u2019Ivoire de lui \u00eatre pass\u00e9 devant en termes de production \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et d\u2019avoir r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9velopper la plus grosse industrie de transformation mondiale\u00a0; la C\u00f4te d\u2019Ivoire appr\u00e9cie peu que le Ghana (qui taxe moins ses exportations de cacao) r\u00e9cup\u00e8re en contrebande et exporte une partie de sa production certaines ann\u00e9es. Pour une analyse plus historique, et notamment l\u2019aspect institutionnel\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-des-etudes-du-developpement-2020-3-page-199.htm?ref=doi\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-des-etudes-du-developpement-2020-3-page-199.htm?ref=doi<\/a><\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>\u00a0Les campagnes de commercialisation du cacao commencent officiellement en octobre (la grande r\u00e9colte d\u00e9marre g\u00e9n\u00e9ralement entre fin ao\u00fbt et mi-septembre)<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>\u00a0<a href=\"https:\/\/commission.europa.eu\/publications\/eu-communication-2019-stepping-eu-action-protect-and-restore-worlds-forests_en\">https:\/\/commission.europa.eu\/publications\/eu-communication-2019-stepping-eu-action-protect-and-restore-worlds-forests_en<\/a><\/p>\n<p><a name=\"_ftn5\"><\/a><a href=\"https:\/\/webmail.mail.ovh.net\/owa\/?bFS=1#_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>\u00a0L\u2019un des principes de la cr\u00e9ation du DRD est que la prime de 400 USD\/t doit \u00eatre directement revers\u00e9e aux producteurs donc qu\u2019elle sort de l\u2019assiette de taxation de l\u2019exportation du cacao.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>In recent years, access to a decent income for producers has become a priority in the cocoa industry, particularly in C\u00f4te d&#039;Ivoire and Ghana, the world&#039;s two leading exporters. 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