{"id":12195,"date":"2023-08-30T15:01:48","date_gmt":"2023-08-30T13:01:48","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=12195"},"modified":"2023-09-01T16:16:58","modified_gmt":"2023-09-01T14:16:58","slug":"sante-sols-afrique-cote-ivoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/sante-sols-afrique-cote-ivoire\/","title":{"rendered":"How to improve soil health in West Africa?"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Les agriculteurs d\u2019Afrique de l\u2019Ouest sont confront\u00e9s \u00e0 une perte de fertilit\u00e9 chronique des sols agricoles. Leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 s\u2019accentue dans un contexte toujours plus complexe\u00a0: demande croissante en produits agricoles, instabilit\u00e9 g\u00e9opolitique, changement climatique\u2026 Quelles solutions concr\u00e8tes peuvent \u00eatre diffus\u00e9es pour am\u00e9liorer la r\u00e9silience des agricultures foresti\u00e8res ouest-africaines\u00a0? La Fondation FARM s\u2019est rendue en C\u00f4te d\u2019Ivoire \u00e0 la rencontre de plusieurs acteurs de terrain.<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_12196\" aria-describedby=\"caption-attachment-12196\" style=\"width: 688px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12196\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/article-sols-afrique-de-louest.png\" alt=\"La Fondation FARM s\u2019est rendue en C\u00f4te d\u2019Ivoire \u00e0 la rencontre de plusieurs acteurs de terrain.\" width=\"688\" height=\"452\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/article-sols-afrique-de-louest.png 688w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/article-sols-afrique-de-louest-300x197.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 688px) 100vw, 688px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-12196\" class=\"wp-caption-text\">La Fondation FARM s\u2019est rendue en C\u00f4te d\u2019Ivoire \u00e0 la rencontre de plusieurs acteurs de terrain.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Sant\u00e9 des sols, sant\u00e9 humaine : les moteurs d\u2019un changement de pratiques<\/strong><\/p>\n<p>La fertilit\u00e9 des sols forestiers \u00e9tait au c\u0153ur des \u00e9changes du <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/actualite\/4p1000-seminaire-sols-cote-ivoire\/\">s\u00e9minaire organis\u00e9 en C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/a> en mai dernier, \u00e0 l\u2019initiative de \u00ab\u00a04 pour 1000\u00a0\u00bb, du minist\u00e8re d\u2019Etat de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement rural de C\u00f4te d\u2019Ivoire et du CIRAD. La Fondation FARM a particip\u00e9 \u00e0 ce s\u00e9minaire et a pu, \u00e0 cette occasion aller \u00e0 la rencontre de mara\u00eechers ainsi que de producteurs de cacao et de banane.<\/p>\n<p>Dans les pays c\u00f4tiers d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, les cultures foresti\u00e8res d\u2019exportation &#8211; cacao, caf\u00e9, h\u00e9v\u00e9a, palmier &#8211; jouent aujourd\u2019hui un r\u00f4le \u00e9conomique et social cl\u00e9. Le cacao en C\u00f4te d\u2019Ivoire en est l\u2019exemple le plus embl\u00e9matique. L\u2019histoire de cette fili\u00e8re est li\u00e9e \u00e0 un important processus d\u2019immigration et elle joue depuis des d\u00e9cennies un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans les revenus d\u2019exportation<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Son d\u00e9veloppement \u2013 tout comme celui des autres cultures foresti\u00e8res \u2013 s\u2019est en grande partie construit sur la mise en culture de for\u00eats naturelles<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> et sur la richesse des sols issus de cette d\u00e9forestation. La superficie des for\u00eats en C\u00f4te d\u2019Ivoire a ainsi r\u00e9gress\u00e9 de 80% depuis 1955<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>Mais, sans entretenir la fertilit\u00e9 des sols forestiers, celle-ci s\u2019amenuise au cours du temps. Cette baisse naturelle de fertilit\u00e9 des sols se traduit par une plus grande fragilit\u00e9 face aux al\u00e9as climatiques et aux maladies et, par cons\u00e9quent, des rendements plus al\u00e9atoires pour les producteurs. Les agriculteurs tentent d\u2019y pallier, avec plus ou moins de succ\u00e8s, par des apports toujours plus importants d\u2019engrais. <strong>M\u00eame si les producteurs d\u2019Afrique de l\u2019Ouest utilisent 8 fois moins d\u2019engrais azot\u00e9s que la moyenne mondiale<\/strong><a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, les doses appliqu\u00e9es augmentent<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> pour tenter de maintenir les rendements, ce qui pose des questions sur le devenir de ces cultures et sur la durabilit\u00e9 \u00e9conomique des exploitations, mais aussi environnementale.<\/p>\n<p>En outre, l\u2019agriculture pratiqu\u00e9e sur ces sols est souvent intensive et sp\u00e9cialis\u00e9e autour de quelques esp\u00e8ces cultiv\u00e9es en monoculture. Ces modes de culture \u00e9puisent les sols et favorisent les plantes concurrentes et les bioagresseurs qui profitent de ces milieux homog\u00e8nes pour se d\u00e9velopper. Pour y faire face, les producteurs utilisent de mani\u00e8re croissante les intrants chimiques et notamment les pesticides.<\/p>\n<p>Entre maintien de la fertilit\u00e9 avec des engrais de synth\u00e8se et lutte contre les agresseurs avec des pesticides, les producteurs de ces cultures foresti\u00e8res se retrouvent enferm\u00e9s dans un cercle vicieux qui peut \u00eatre tr\u00e8s pr\u00e9judiciable \u00e9conomiquement pour leur exploitation. Ils d\u00e9pendent toujours plus <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/etude-hausse-prix-agricultures-africaines\/\">d\u2019intrants dont les prix et la disponibilit\u00e9 fluctuent fortement<\/a>, sans enrayer pour autant la baisse tendancielle des r\u00e9coltes.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les populations rurales ressentent de plus en plus les effets de ces produits chimiques sur leur sant\u00e9 et sur l\u2019environnement. Pour Alida N\u2019Takpe, productrice de cacao et pr\u00e9sidente de la coop\u00e9rative RASSO \u00e0 Agboville en C\u00f4te d\u2019Ivoire, <em>\u00ab\u00a0<strong>la premi\u00e8re motivation qui pousse les producteurs \u00e0 changer de pratiques agricoles, c\u2019est l\u2019impact des produits chimiques sur notre propre sant\u00e9<\/strong>\u00a0\u00bb<\/em>. Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Yamoussoukro<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> aupr\u00e8s de maraichers, <strong>60 % des producteurs interrog\u00e9s se disent contamin\u00e9s par les pesticides.<\/strong> Ils utilisent des produits phytosanitaires qui ne sont parfois pas appropri\u00e9s aux cultures vivri\u00e8res, dans des conditions d\u2019usage qui constituent un vrai risque sanitaire et environnemental<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Substituer les produits chimiques ou transformer le syst\u00e8me de production<\/strong><\/p>\n<p>Diminuer l\u2019usage de produits phytosanitaires et les substituer par d\u2019autres proc\u00e9d\u00e9s naturels est un axe de travail pour am\u00e9liorer la sant\u00e9 des sols et restaurer leur fertilit\u00e9 durablement.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9ussir \u00e0 se passer de produits phytosanitaires, la coop\u00e9rative de producteurs de <a href=\"https:\/\/www.ethiquable.coop\/fiche-producteur\/sceb-commerce-equitable-cote-divoire-cacao\">cacao SCEB<\/a>, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, a cr\u00e9\u00e9 pour ses 300 membres une unit\u00e9 de fabrication d\u2019intrants biologiques. Install\u00e9e en 2020, cette <strong>bio-fabrique d\u2019engrais et de pesticides utilise des ingr\u00e9dients locaux, \u00e0 partir de la microflore pr\u00e9sente dans le sol des for\u00eats. <\/strong>En effet, l\u2019humus contient naturellement les micro-organismes utile aux arbres pour se d\u00e9velopper et se d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>Le retour d\u2019exp\u00e9rience de Georges Nguessan, qui coordonne le d\u00e9veloppement de cette innovation au sein de la coop\u00e9rative, est positif. <em>\u00ab\u00a0Un cacaoyer bien nourri est en bonne sant\u00e9 et sait bien mieux se d\u00e9fendre. On voit que les arbres sont plus vigoureux, notamment en cas de s\u00e9cheresse. On constate aussi que nos cacaoyers vivent plus longtemps\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>La mise en place d\u2019un tel syst\u00e8me requiert des comp\u00e9tences techniques pointues et un accompagnement des producteurs. Pour ce faire, la coop\u00e9rative a notamment pu compter sur le soutien du programme Equit\u00e9, co-pilot\u00e9 par les \u00e9quipes locales d\u2019AVSF et Commerce Equitable France. Equit\u00e9 a permis de professionnaliser la fabrication de bio-intrants et de participer \u00e0 la diffusion des connaissances entre organisations de producteurs en C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p>D\u2019autres pratiques peuvent aussi \u00eatre utilis\u00e9es par les producteurs au niveau du syst\u00e8me de production. Lucie Temgoua, professeure \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Dschang au Cameroun, a insist\u00e9 lors du s\u00e9minaire d\u2019Abidjan sur les b\u00e9n\u00e9fices environnementaux et \u00e9conomiques de l\u2019agroforesterie. Elle part du constat que la monoculture fragilise et appauvrit le sol. <strong>Dans ces contextes, le sol stocke jusqu\u2019\u00e0 4 fois moins de carbone qu\u2019une for\u00eat naturelle<\/strong><a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Le principe de l\u2019agroforesterie est de r\u00e9introduire une diversit\u00e9 d\u2019arbres dans une parcelle de production pour <strong>recr\u00e9er un \u00e9cosyst\u00e8me forestier complexe<\/strong>, ce qui permet de restaurer le stock de carbone dans le sol. L\u2019agroforesterie est une association, sur une m\u00eame parcelle, de cultures (cacao, caf\u00e9) et de plus grands arbres dits de services. Par leur pr\u00e9sence ces derniers b\u00e9n\u00e9ficient \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, notamment en termes d\u2019ombrage et de fertilit\u00e9 des sols. Globalement les cultures r\u00e9sistent ainsi mieux \u00e0 la s\u00e9cheresse et la lutte biologique est favoris\u00e9e. Ils peuvent \u00e9galement apporter des avantages suppl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019agriculteur \u00e0 travers un usage des autres arbres pour des productions alimentaires, m\u00e9dicinales, ou comme source de bois de chauffage.<\/p>\n<p>Lors du <a href=\"http:\/\/www.terri4sol.org\">s\u00e9minaire international<\/a>, la <a href=\"https:\/\/maxhavelaarfrance.org\/actualites\/a-la-une\/a-la-rencontre-des-producteurs-de-cacao-en-cote-divoire-1\">coop\u00e9rative de Camay\u00e9<\/a> en C\u00f4te d\u2019Ivoire a partag\u00e9 son exp\u00e9rience de la culture de cacao en agroforesterie. Accompagn\u00e9e par l\u2019ONG fran\u00e7aise <a href=\"https:\/\/www.avsf.org\/fr\/\">AVSF<\/a>, elle a mesur\u00e9 rapidement les b\u00e9n\u00e9fices d\u2019un syst\u00e8me pluri-fonctionnel, bas\u00e9 sur la pr\u00e9sence de grands arbres associ\u00e9s aux cacaoyers.<\/p>\n<p>La r\u00e9ussite de la conduite de cultures en agroforesterie d\u00e9pend de deux \u00e9l\u00e9ments fondamentaux\u00a0: le choix des esp\u00e8ces associ\u00e9es et la densit\u00e9 de plantation. Les arbres de services doivent \u00eatre choisis pour apporter un int\u00e9r\u00eat socio-\u00e9conomique. Les producteurs de la coop\u00e9rative Camay\u00e9 ont ainsi implant\u00e9 dans leurs cacaoy\u00e8res d\u2019autres esp\u00e8ces d\u2019arbres fruitiers pour assurer une source de revenu suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>Ensuite, se pose la question de la densit\u00e9 de plantation. Un \u00e9quilibre doit \u00eatre trouv\u00e9 entre les cultures et les arbres de service, qui puisse maintenir un rendement convenable sur le long terme. Selon les \u00e9tudes conduites par le CIRAD, pour la culture de cacao au Cameroun<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> <strong>une densit\u00e9 de 136 arbres de services par hectare de cacaoy\u00e8re serait le meilleur compromis entre rendement en cacao et effets positifs sur l\u2019environnement.<\/strong> Dans ces conditions, on peut trouver presque autant d\u2019arbres de services que de cacaoyers sur la parcelle, pour un rendement en cacao similaire \u00e0 celui d\u2019une monoculture.<\/p>\n<p>Ainsi les producteurs de la coop\u00e9rative Camay\u00e9 ont t\u00e9moign\u00e9 de la robustesse d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique bas\u00e9 sur l\u2019agroforesterie, gr\u00e2ce \u00e0 des rendements de cacao comparables \u00e0 ceux du conventionnel et des sources de revenus diversifi\u00e9s toute l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Une transformation des pratiques agricoles sous quatre conditions \u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Rentabiliser<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ce changement de pratiques agricoles ne peut pas se faire au d\u00e9triment du revenu du producteur. Si les producteurs sont sensibles \u00e0 l\u2019argument \u00ab\u00a0sant\u00e9\u00a0\u00bb, nombreux sont ceux qui n\u2019osent pas changer leurs habitudes de peur d\u2019une hausse des co\u00fbts de production. Selon Fulbert Dago, Responsable adjoint d\u2019AVSF en C\u00f4te d\u2019Ivoire, le co\u00fbt du travail manuel verrouille, dans l\u2019esprit des producteurs, l\u2019adoption de ces nouvelles pratiques plus intensives en main d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>En effet, \u00e0 la facilit\u00e9 d\u2019usage des pesticides s\u2019oppose un accroissement de travail de d\u00e9sherbage, bien souvent manuel dans le cas d\u2019une agriculture tr\u00e8s peu m\u00e9canis\u00e9e. De m\u00eame, ce changement de pratique implique davantage de temps pass\u00e9 \u00e0 la surveillance pied par pied et aux actions curatives cibl\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour S\u00e9bastien de Ricaud, Directeur des op\u00e9rations \u00e0 la SCB (filiale ivoirienne du groupe Compagnie Fruiti\u00e8re engag\u00e9e dans une politique de transition agro\u00e9cologique), l\u2019utilisation des bio-intrants doit \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 des technologies d\u2019agriculture de pr\u00e9cision qui n\u00e9cessitent de nouvelles comp\u00e9tences. Il nous a indiqu\u00e9 lors d\u2019une visite de plantation de bananes que <strong>cette alternative aux traitements chimiques peut en d\u00e9finitive co\u00fbter 5 fois plus cher.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Organiser<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Alida N\u2019Takpe (Coop\u00e9rative RASSO)\u00a0nous a confi\u00e9 qu\u2019une des cl\u00e9s pour r\u00e9ussir ces transformations r\u00e9side dans l\u2019organisation collective des producteurs. Selon elle, \u00ab\u00a0<em>les producteurs rejoignent les coop\u00e9ratives car ils y trouvent des solutions pour mieux s\u2019organiser entre eux, en plus d\u2019un accompagnement technique, de formations et d\u2019une valorisation des produits\u00a0<\/em>\u00bb. Sa coop\u00e9rative cacaoy\u00e8re est d\u2019ailleurs pass\u00e9e de 100 \u00e0 plus de 1600 membres en l\u2019espace de 8 ans. L\u2019organisation des producteurs en groupements permet d\u2019apporter une r\u00e9ponse collective \u00e0 l\u2019enjeu du besoin de main d\u2019\u0153uvre. En outre, dans des territoires souvent touch\u00e9s par l\u2019exode rural, le d\u00e9veloppement de syst\u00e8mes de production plus intenses en main d\u2019\u0153uvre peut aussi pr\u00e9senter une opportunit\u00e9 d\u2019emploi.<\/p>\n<p>Le regroupement et l\u2019organisation des producteurs en coop\u00e9rative est de plus en plus visible en <strong>C\u00f4te d\u2019Ivoire qui compte aujourd\u2019hui plus de 2000 coop\u00e9ratives, dont 90 % dans les fili\u00e8res cacao et caf\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p><strong><em>Accompagner<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Si ce syst\u00e8me de production peut \u00eatre effectivement rentable \u00e0 terme pour le producteur, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il doit assumer un risque \u00e9lev\u00e9 pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es. <strong>La transition demande donc des efforts de formation et d\u2019accompagnement technique<\/strong> adapt\u00e9s aux conditions sp\u00e9cifiques de chaque parcelle.<\/p>\n<p><strong><em>Financer<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Mais comment financer, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des agriculteurs, un projet de plantation qui mobilise entre une et quatre ann\u00e9es de chiffre d\u2019affaires, ou du mat\u00e9riel pour la fabrication d\u2019intrants naturel ? Et comment g\u00e9rer les risques de rendement les premi\u00e8res ann\u00e9es avant de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier des services\u00a0\u00e9cosyst\u00e9miques li\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sence des grands arbres\u00a0?<\/p>\n<p>Pour les producteurs ou leur coop\u00e9rative, les solutions de financement de l\u2019investissement initial et de portage du risque associ\u00e9 restent peu diffus\u00e9es. <em>\u00ab En plus des co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la replantation (achat des arbres), les agriculteurs prennent des risques en changeant leur pratique. Ils doivent se s\u00e9curiser. Pour cela, des outils existent, comme l\u2019am\u00e9lioration de la gestion de l\u2019eau avec l\u2019irrigation. Mais il faut pouvoir acc\u00e9der plus facilement au cr\u00e9dit \u00bb<\/em>, <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/josephine-francis-afrique-agroforesterie\/\">nous explique Jos\u00e9phine Francis,<\/a> productrice au Liberia et Vice-pr\u00e9sidente du R\u00e9seau des organisations paysannes et des producteurs d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (ROPPA).<\/p>\n<p>Les <strong>organisations de producteurs<\/strong> sont un maillon essentiel de la chaine de financement pour envisager un d\u00e9ploiement \u00e0 grande \u00e9chelle des pratiques agroforesti\u00e8res. Des coop\u00e9ratives, comme celles accompagn\u00e9es par AVSF, exp\u00e9rimentent des pr\u00eats aux agriculteurs sur 1 \u00e0 4 ans, financ\u00e9s par des fonds ou des institutions de microfinance.<\/p>\n<p>Les <strong>acteurs de la fili\u00e8re<\/strong> \u2013 transformateurs, industriels, distributeurs &#8211; ont aussi un r\u00f4le \u00e0 jouer \u00e0 travers la valorisation des produits, par exemple <strong>au moyen d\u2019une contractualisation pluriannuelle et d\u2019un prix minimum garanti au producteur. <\/strong>Les fili\u00e8res de commerce \u00e9quitable sont un autre <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/actualite\/emission-transitions-commerce-agroecologie\/\">levier efficace<\/a> qui a permis aux 300 producteurs de la coop\u00e9rative SCEB d\u2019adopter les bio-intrants et de d\u00e9velopper l\u2019agroforesterie.<\/p>\n<p>Une des solutions pr\u00e9sent\u00e9es par des acteurs des fili\u00e8res lors du s\u00e9minaire d\u2019Abidjan consiste \u00e0 s\u2019appuyer sur les m\u00e9canismes de la vente de <strong>cr\u00e9dits carbone<\/strong> pour financer des projets de r\u00e9habilitation de parcelles agricoles foresti\u00e8res. Cela suscite de tr\u00e8s fortes attentes de la part des producteurs mais aussi beaucoup d\u2019interrogations quant aux conditions et aux modalit\u00e9s de leur mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p><strong>En conclusion<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ainsi, devant le d\u00e9fi de la fertilit\u00e9 et de la protection des sols, plusieurs types de solutions existent<\/strong> bas\u00e9es sur la <strong>substitution de techniques<\/strong> trop nuisibles \u00e0 la sant\u00e9 des populations ou de l\u2019environnement, ou sur <strong>l\u2019agroforesterie<\/strong>. La mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de ces solutions en Afrique de l\u2019Ouest passe cependant par <strong>un travail collectif indispensable<\/strong> entre d\u00e9cideurs, producteurs, chercheurs et acteurs des fili\u00e8res. Mais les agricultures africaines sont parmi celles <strong>qui <\/strong><a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/observatoire-depenses-agriculture-soutiens\/\"><strong>b\u00e9n\u00e9ficient le moins de soutiens publics<\/strong><\/a>. Un <strong>renforcement des politiques publiques<\/strong> en agriculture est n\u00e9cessaire pour soutenir les acteurs des fili\u00e8res, et en premier lieu les producteurs, dans cette transition. Afin qu\u2019elles soient coh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale et r\u00e9gionale, les bases de ces actions gouvernementales pourront \u00eatre pos\u00e9es \u00e0 travers des espaces de collaboration public\/priv\u00e9 et interdisciplinaires. C\u2019est \u00e0 ces conditions qu\u2019elles pourront se d\u00e9ployer sans contradictions aupr\u00e8s des producteurs et des acteurs de fili\u00e8res.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Ruf. 2020. <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-des-etudes-du-developpement-2020-3-page-199.htm\">Au c\u0153ur des cycles du cacao et des conflits en Afrique de l\u2019Ouest, Le triangle C\u00f4te d\u2019Ivoire, Ghana et Burkina Faso.<\/a> \u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/ried.243.0199\">\u00a0<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> La FAO d\u00e9finit les for\u00eats naturelles comme \u00e9tant uniquement compos\u00e9es d\u2019arbres indig\u00e8nes, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s par l\u2019homme. En d\u2019autres termes ces for\u00eats excluent les plantations.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Source <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/faostat\/en\/#data\/RFN\/visualize\">FAO<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> L\u2019utilisation d\u2019engrais azot\u00e9s en Afrique de l\u2019Ouest a augment\u00e9 de +211% entre 2002 et 2021 &#8211; <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/faostat\/en\/#data\/RFN\/visualize\">FAOSTAT<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Tiembr\u00e9 <em>et al<\/em>. 2016. <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S0398762016305806?via%3Dihub\">Impact environnemental et sanitaire de l\u2019utilisation des pesticides dans le mara\u00eechage urbain et p\u00e9riurbain dans la zone de Yamoussoukro, C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[8]<\/a> Voir l\u2019\u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019IRD et la FAO, notamment au Benin\u00a0: Chevallier et al. 2020.\u00a0<a id=\"OWA18ee390e-6226-c3c5-4910-bb4296e2f460\" class=\"OWAAutoLink ContentPasted0\" href=\"https:\/\/www.editions.ird.fr\/produit\/583\/9782709928380\/Carbone%20des%20sols%20en%20Afrique\">Carbone des sols en Afrique. Impacts des usages des sols et des pratiques agricoles<\/a>.<i class=\"ContentPasted0\">\u00a0<\/i><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Jagoret et al. 2020. <a href=\"https:\/\/revues.cirad.fr\/index.php\/perspective\/article\/view\/31915\">Cacaoculture agroforesti\u00e8re en Afrique\u00a0: l\u2019art de concilier production durable et services \u00e9cologiques<\/a>.<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>West African farmers are facing chronic soil fertility loss. 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