{"id":11911,"date":"2023-08-10T10:13:17","date_gmt":"2023-08-10T08:13:17","guid":{"rendered":"https:\/\/fondation-farm.org\/?p=11911"},"modified":"2023-08-22T12:22:16","modified_gmt":"2023-08-22T10:22:16","slug":"secheresses-en-mediterranee-quels-leviers-dadaptation-pour-lagriculture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fondation-farm.org\/en\/secheresses-en-mediterranee-quels-leviers-dadaptation-pour-lagriculture\/","title":{"rendered":"Droughts in the Mediterranean: what adaptation levers for agriculture?"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"texte-image pictogrammes texte blanc \">\n\n    \n    <div class=\"bloc-main container\">  \n\n                <div class=\"contenu\">            \n            <div class=\"colonne\">\n                <p><strong>Les <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/secheresses-mediterranee-agriculture-impacts\/\">s\u00e9cheresses et vagues de chaleur en M\u00e9diterran\u00e9e<\/a> poussent les agriculteurs \u00e0 mettre en place des strat\u00e9gies d\u2019adaptation afin de diminuer leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 et assurer leurs rendements. Plusieurs options ont \u00e9merg\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es reposant sur une gestion de l\u2019offre et de la demande en eau ainsi que sur des changements de pratiques. Pour faire face \u00e0 ces s\u00e9cheresses, il n\u2019existe cependant pas une solution unique mais bien un ensemble de leviers \u00e0 adapter localement. La Fondation FARM propose une analyse de ces solutions et des controverses qui les entourent.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong style=\"font-size: 19.2px;\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-11916 size-large\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"683\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-300x200.jpg 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-768x512.jpg 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-1500x1000.jpg 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/robnit-eau-secheresse-med-2000x1333.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Plus de ressources en mobilisant les eaux non conventionnelles\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Dans les pays confront\u00e9s \u00e0 un fort stress hydrique, voire \u00e0 des p\u00e9nuries d\u2019eau, des techniques ont \u00e9merg\u00e9 pour augmenter la disponibilit\u00e9 en eau notamment, <em>via<\/em> la mobilisation des eaux non conventionnelles<sup><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/sup>. Parmi elles, la d\u00e9salinisation d\u2019eau de mer et la r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es trait\u00e9es (REUT) se d\u00e9veloppent sur le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en depuis ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-11914\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-1024x724.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"724\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-1024x724.png 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-300x212.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-768x543.png 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-1536x1086.png 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-2048x1448.png 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-1500x1061.png 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-REUT-2000x1414.png 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p><strong>Les eaux us\u00e9es<\/strong> sont des eaux alt\u00e9r\u00e9es par l\u2019activit\u00e9 humaine (domestique, municipale, industrielle, agricole). Elles peuvent \u00eatre trait\u00e9es et rejet\u00e9es dans le milieu naturel aquatique, ou \u2013 de mani\u00e8re informelle \u2013 \u00eatre directement r\u00e9utilis\u00e9es sans avoir \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es. Pierre-Louis Mayaux, chercheur en politique de l\u2019eau au CIRAD et co-auteur d\u2019un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue <a href=\"https:\/\/www.water-alternatives.org\/index.php\/alldoc\/articles\/vol16\/v16issue2\/714-a16-2-15\"><em>Water Alternatives<\/em> sur les eaux non-conventionnelles<\/a> pr\u00e9cise d\u2019ailleurs\u00a0que \u00ab\u00a0<em>la grande majorit\u00e9 de la r\u00e9utilisation se fait encore sur des eaux us\u00e9es non trait\u00e9es et notamment dans des contextes arides et semi-arides<\/em> \u00bb. Le terme REUT \u2013 pour r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es &#8211; renvoie donc \u00e0 une utilisation formelle en sortie de station de traitement, encadr\u00e9e et planifi\u00e9e par l\u2019Etat. En M\u00e9diterran\u00e9e, Isra\u00ebl et la Tunisie sont les pionniers de la REUT. D\u00e8s les ann\u00e9es 1960 &#8211; 1970, des stations de traitement y sont d\u00e9velopp\u00e9es afin d\u2019utiliser l\u2019eau en agriculture pour sauver la production d\u2019agrumes dans la r\u00e9gion de Soukra en Tunisie<sup><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/sup>\u00a0ou dans les cultures de l\u00e9gumes puis de coton en Isra\u00ebl<sup><a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/sup>. En M\u00e9diterran\u00e9e, la REUT se d\u00e9veloppe pour irriguer espaces verts et terrains de golf ainsi que pour des usages urbains, industriels et agricoles, voire pour recharger les nappes<sup><a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p><strong>Le dessalement<\/strong> va permettre de traiter de l\u2019eau de mer sal\u00e9e par des proc\u00e9d\u00e9s thermiques ou d\u2019osmose invers\u00e9e afin d\u2019obtenir une eau potable destin\u00e9e \u00e0 la consommation humaine, ou plus rarement, <a href=\"https:\/\/www.agenceecofin.com\/agro\/0407-109958-le-maroc-veut-irriguer-71-000-hectares-de-terres-agricoles-avec-de-l-eau-de-mer-dessalee\">\u00e0 l\u2019irrigation<\/a>. Pouvant supporter les co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques d\u2019une telle technologie, les premiers pays \u00e0 la d\u00e9velopper sont les p\u00e9tromonarchies du Golfe et les \u00c9tats-Unis. Le dessalement en M\u00e9diterran\u00e9e se d\u00e9veloppe fortement \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990-2000, en particulier en Isra\u00ebl, en Alg\u00e9rie et en Espagne, comme l\u2019indique la carte ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-11917\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-1024x724.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"724\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-1024x724.png 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-300x212.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-768x543.png 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-1536x1086.png 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-2048x1448.png 2048w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-1500x1061.png 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Carte-dessalement-2000x1414.png 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p>Cependant, ces deux technologies ne sont pas exemptes de controverses (co\u00fbt, consommation \u00e9nerg\u00e9tique et impact environnemental).<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de co\u00fbt tout d\u2019abord, en moyenne, en 2016, l\u2019eau dessal\u00e9e, produite avec les technologies actuelles, revenait quatre \u00e0 cinq fois plus cher que l\u2019eau de surface trait\u00e9e, tout en consommant 23 fois plus d\u2019\u00e9nergie<sup><a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>,<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/sup>\u00a0La REUT pour un usage agricole quant \u00e0 elle est aussi plus co\u00fbteuse car elle n\u00e9cessite souvent des traitements tertiaires suppl\u00e9mentaires. \u00ab\u00a0<em>D\u2019\u00e9normes investissements publics sont donc n\u00e9cessaires pour construire les usines de dessalement et am\u00e9liorer les syst\u00e8mes de traitement des eaux, mais \u00e9galement pour supporter les co\u00fbts d\u2019exploitation et de fourniture d\u2019eau au jour le jour<\/em> \u00bb explique Pierre-Louis Mayaux. Ainsi, le prix de vente de l\u2019eau issue de la REUT ne peut pas refl\u00e9ter son co\u00fbt r\u00e9el de production car les agriculteurs ne pourraient pas le couvrir. Dans le cas de Souss en Tunisie que le chercheur \u00e9tudie, les prix pay\u00e9s par les agriculteurs ne couvrent que 2 % du co\u00fbt d\u2019exploitation. De la m\u00eame mani\u00e8re l\u2019eau issue du dessalement a un co\u00fbt trop \u00e9lev\u00e9 pour \u00eatre utilis\u00e9 dans des productions qui ont une productivit\u00e9 \u00e9conomique de l&rsquo;eau faible, comme les c\u00e9r\u00e9ales. D\u00e8s lors, les seuls produits pour lesquels l\u2019eau dessal\u00e9e peut \u00eatre envisag\u00e9e sont les produits haut de gamme, le plus souvent destin\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation, comme les fruits rouges<sup><a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Ensuite, la forte consommation \u00e9nerg\u00e9tique des usines de dessalement entra\u00eene un co\u00fbt climatique tr\u00e8s important. En effet, elles sont majoritairement aliment\u00e9es par des \u00e9nergies fossiles. Le dessalement d\u2019eau de mer par osmose invers\u00e9e \u2013 proc\u00e9d\u00e9 le plus r\u00e9pandu aujourd&rsquo;hui &#8211;\u00a0 \u00e9met entre 0,4 et 6,7 kg CO<sub>2<\/sub>eq\/m<sup>3<\/sup> quand la REUT \u00e9met entre 0,1 et 2,4 kg CO<sub>2<\/sub>eq\/m<sup>3<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/sup>. Le dessalement pourrait \u00e0 lui seul \u00e9mettre <a href=\"https:\/\/www.connaissancedesenergies.org\/tribune-actualite-energies\/le-dessalement-des-eaux-quand-lutiliser-et-quel-prix#notes\">400 millions de tonnes de CO2 en 2050<\/a><sup><a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>]<\/sup>\u00a0L\u2019industrie cherche tout de m\u00eame des solutions \u00e0 ce probl\u00e8me par l\u2019am\u00e9lioration des proc\u00e9d\u00e9s ou le recours \u00e0 des \u00e9nergies renouvelables<sup><a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/sup>\u00a0(solaires, g\u00e9othermiques, etc.). Ces derni\u00e8res ne repr\u00e9sentaient que 1 % de l\u2019\u00e9nergie d\u00e9di\u00e9e au dessalement en 2017.<\/p>\n<p>Ces deux techniques ont \u00e9galement des impacts \u00e9cologiques voire sociaux non n\u00e9gligeables. De son c\u00f4t\u00e9, le dessalement conduit \u00e0 un rejet important de saumure \u2013 des eaux tr\u00e8s charg\u00e9es en sel, polluantes et parfois chaudes \u2013 en mer. Ces eaux peuvent engendrer une pollution du littoral et affecter les \u00e9cosyst\u00e8mes marins<sup><a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a><\/sup>. De leur c\u00f4t\u00e9, les eaux utilis\u00e9es pour la REUT ne sont pas une nouvelle ressource \u00e0 la diff\u00e9rence du dessalement. Les eaux us\u00e9es trait\u00e9es sont parties int\u00e9grantes du cycle hydrologique puisque rel\u00e2ch\u00e9es dans les milieux aquatiques. Lorsqu\u2019elles n\u2019allaient pas vers le processus de traitement, elles b\u00e9n\u00e9ficiaient \u00e0 des \u00e9cosyst\u00e8mes comme les palmeraies marocaines et tunisiennes. Les projets de REUT, bien que permettant de limiter les risques sanitaires par le traitement, ne redistribuent pas l\u2019eau trait\u00e9e \u00e0 ces anciens usagers informels mais \u00e0 de nouveaux usagers, les privant ainsi d\u2019une ressource indispensable. Des in\u00e9galit\u00e9s peuvent alors se cr\u00e9er dans l\u2019allocation de la ressource.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Pierre-Louis Mayaux du CIRAD, ces projets sont aussi souvent pr\u00e9sent\u00e9s comme des instruments de substitution \u00e0 une ressource qui s\u2019\u00e9puise comme les eaux souterraines. Or, aucun moyen n\u2019est mis en place pour v\u00e9rifier que les agriculteurs cessent d\u2019utiliser leurs puits. Au lieu d\u2019\u00eatre \u00e9conomis\u00e9es, les eaux finissent donc par se cumuler, ce qui conduit \u00e0 ne pas traiter l\u2019enjeu de sobri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces diff\u00e9rents constats, il parait important de repolitiser les d\u00e9bats autour de ces techniques, en les pr\u00e9sentant comme des alternatives parmi d\u2019autres, et non pas allant de soi, sous peine de tomber dans la maladaptation<sup><a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/sup>. En effet, les technologies de dessalement et la REUT se r\u00e9v\u00e8leront indispensables dans certains contextes de p\u00e9nurie d\u2019eau mais des alternatives peuvent \u00eatre plus adapt\u00e9es dans d\u2019autres cas. Le chercheur cite par exemple l\u2019utilisation de r\u00e9cup\u00e9rateurs d\u2019eau de pluie qui ont fait leur preuve au Br\u00e9sil, avec la pose de millions de citernes dans les ann\u00e9es 2000. Il est \u00e9galement possible de diriger les investissements vers une agriculture et des techniques d\u2019irrigation moins gourmandes en eau, comme abord\u00e9e dans les paragraphes suivants.<\/p>\n<p><strong>La micro-irrigation pour consommer moins d\u2019eau\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 la baisse des pr\u00e9cipitations totales li\u00e9e au changement climatique en M\u00e9diterran\u00e9e, l\u2019irrigation a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e dans la r\u00e9gion comme une solution permettant d\u2019assurer la production. En fonction des pays du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, l\u2019irrigation est plus ou moins d\u00e9velopp\u00e9e, comme l\u2019indique le graphique ci-dessous. Si l\u2019am\u00e9lioration de ces techniques peut \u00eatre un levier pour limiter le stress hydrique des plantes, elles demeurent toujours soumises \u00e0 un enjeu de taille, la rar\u00e9faction des ressources.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-11915\" src=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Graphique-Irrigation-1024x622.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"622\" srcset=\"https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Graphique-Irrigation-1024x622.png 1024w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Graphique-Irrigation-300x182.png 300w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Graphique-Irrigation-768x466.png 768w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Graphique-Irrigation-1536x932.png 1536w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Graphique-Irrigation-1500x911.png 1500w, https:\/\/fondation-farm.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Graphique-Irrigation.png 1738w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p>Certains programmes de d\u00e9veloppement agricole, \u00e0 l\u2019image du Plan Maroc vert (2008-2020)<sup><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/sup>, encouragent les agriculteurs \u00e0 adopter des techniques d\u2019irrigation \u00e9conomes en eau. Ces agriculteurs se tournent alors davantage vers la micro-irrigation, comme le goutte-\u00e0-goutte, plut\u00f4t que vers l\u2019irrigation par \u00e9coulement de surface. Cette derni\u00e8re, \u00e9galement appel\u00e9e irrigation gravitaire, repose sur une distribution de l\u2019eau <em>via<\/em> des canaux sous effet de la gravit\u00e9. Ali Hatimy, charg\u00e9 de projet agriculture et march\u00e9s \u00e0 Nitid\u00e6 et co-fondateur du site de vulgarisation <a href=\"https:\/\/nechfate.ma\/\">Nechfate<\/a> nous explique qu\u2019\u00ab<em>\u00a0au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, l\u2019irrigation gravitaire \u00e9tait fortement critiqu\u00e9e pour ses inefficiences\u00a0<\/em>\u00bb. L\u2019inondation de parcelles pendant un temps court entra\u00eenerait des pertes d\u2019eau li\u00e9es \u00e0 une forte \u00e9vaporation. De son c\u00f4t\u00e9, la micro-irrigation, telle que le goutte-\u00e0-goutte, consiste \u00e0 emmener l\u2019eau au pied de la plante de mani\u00e8re tr\u00e8s localis\u00e9e, contr\u00f4l\u00e9e et selon ses besoins. En th\u00e9orie, le goutte-\u00e0-goutte affiche une efficience d\u2019irrigation (EI)<sup><a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a><\/sup>\u00a0de plus de 90 % contre 40 \u00e0 60 % pour l\u2019irrigation gravitaire. Sur la base de ces r\u00e9sultats, le Plan Maroc vert proposait des subventions pour l\u2019achat d\u2019\u00e9quipement en goutte-\u00e0-goutte aux agriculteurs souhaitant s\u2019y convertir.<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019\u00e9conomie d\u2019eau esp\u00e9r\u00e9e par la conversion au goutte-\u00e0-goutte n\u2019est pas toujours optimale. Elle peut m\u00eame parfois \u00eatre n\u00e9gative et contribuer \u00e0 la surexploitation des ressources en eaux souterraines<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.\u00a0 \u00c0 l\u2019\u00e9chelle du bassin, \u00ab\u00a0<em>l\u2019irrigation gravitaire permet en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 l\u2019eau de se r\u00e9-infiltrer dans les nappes et d\u2019\u00eatre potentiellement r\u00e9utilis\u00e9e par d\u2019autres agriculteurs, selon les contextes, ce que le goutte-\u00e0-goutte ne permet pas<\/em> \u00bb explique Ali Hatimy. Les 90 % d\u2019efficience du goutte-\u00e0-goutte seraient \u00e9galement \u00e0 relativiser, selon l\u2019expert, n\u2019existant que dans un contexte parfait, avec une utilisation optimale du mat\u00e9riel et o\u00f9 l\u2019agriculteur est correctement form\u00e9 \u00e0 son utilisation, ce qui n\u2019est pas toujours le cas. En effet, selon lui, ces derniers ont une tendance \u00e0 sur-irriguer volontairement en transposant cette habitude, provenant de l\u2019irrigation gravitaire, \u00e0 l\u2019irrigation au goutte-\u00e0-goutte. Cette pratique pouvait \u00eatre optimale pour de l\u2019irrigation gravitaire car pratiqu\u00e9e sur un temps court, alors qu\u2019avec le goutte-\u00e0-goutte qui se fait de mani\u00e8re continue, elle conduit \u00e0 la sur-irrigation. Les agriculteurs peuvent \u00e9galement poss\u00e9der du mat\u00e9riel d\u00e9faillant ou mal entretenu, qu\u2019ils compensent par plus d\u2019irrigation<sup><a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>,<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>]<\/sup>\u00a0L\u2019efficience observ\u00e9e du goutte-\u00e0-goutte se situerait donc plut\u00f4t entre 25 et 107 %, selon les pratiques et les cultures. En effet, d\u2019apr\u00e8s des \u00e9tudes de cas men\u00e9es au Maroc par Benouniche et al. (<a href=\"https:\/\/alternatives-rurales.org\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/AltRur2GoutteAGouttePourImp.pdf\">2014<\/a>), l\u2019efficience d\u2019irrigation d\u00e9pend des logiques des agriculteurs. Les auteurs prennent l\u2019exemple des grands agriculteurs qui ont une EI entre 46 et 66 %. Ces derniers sont dans des logiques d\u2019extension, avec une pratique et un entretien de l\u2019irrigation peu optimaux, coupl\u00e9s \u00e0 un certain confort hydrique, ils pratiquent donc la sur-irrigation pour assurer les rendements. De leur c\u00f4t\u00e9, les agriculteurs maraichers ont une EI entre 65 et 107 %. Ils entretiennent davantage le mat\u00e9riel, am\u00e9liorent le syst\u00e8me au fil du temps, et pratiquent une irrigation que les experts jugent\u00a0\u00e9conome en eau, puisque relativement plus soumise aux p\u00e9nuries.<\/p>\n<p>La micro-irrigation se confronte \u00e9galement au paradoxe de Jevons voire \u00e0 l\u2019effet rebond. La conversion au goutte-\u00e0-goutte, cens\u00e9 permettre d\u2019\u00e9conomiser l\u2019eau, s\u2019accompagne d\u2019une intensification au niveau de l\u2019exploitation et d\u2019une diversification voire d\u2019une reconversion vers des cultures \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e, plus r\u00e9mun\u00e9ratrices, mais \u00e9galement plus gourmandes en eau<sup><a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a><\/sup>. La notion m\u00eame d\u2019\u00e9conomie d\u2019eau peut \u00e9galement \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e tr\u00e8s diff\u00e9remment selon les acteurs et selon les \u00e9chelles\u00a0: s\u2019agit-il de r\u00e9duire les pertes, d\u2019augmenter la productivit\u00e9 par m<sup>3<\/sup> d\u2019eau utilis\u00e9e ou encore de diminuer les pr\u00e9l\u00e8vements ? Dans le cas du Plan Maroc vert par exemple, l\u2019introduction du goutte-\u00e0-goutte a eu finalement pour objectif premier l\u2019intensification agricole, et non l\u2019\u00e9conomie d\u2019eau. En effet, aucun compteur n\u2019a accompagn\u00e9 l\u2019installation des infrastructures de goutte-\u00e0-goutte y compris celles subventionn\u00e9es. Il n\u2019y a donc aucun moyen de s\u2019assurer d\u2019une baisse r\u00e9elle de la consommation d\u2019eau. Une police de l\u2019eau effective permettant de r\u00e9guler l\u2019utilisation des ressources reste \u00e9galement difficilement envisageable par manque de moyens des agences de bassin<sup><a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a><\/sup>\u00a0ou en raison des jeux d\u2019influence existants au niveau local, et ce, dans la plupart des pays m\u00e9diterran\u00e9ens.<\/p>\n<p>Ali Hatimy insiste\u00a0tout de m\u00eame sur le fait que\u00a0l\u2019irrigation au goutte-\u00e0-goutte a permis de grandes avanc\u00e9es au Maroc, en particulier en termes d\u2019intensification agricole, qui n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 possible \u2013 \u00e0 cette hauteur \u2013 avec le simple usage du gravitaire. La promotion de cette technologie en M\u00e9diterran\u00e9e devra cependant s\u2019accompagner d\u2019un volet sobri\u00e9t\u00e9. Comme le souligne le chercheur, l\u2019eau est pour l\u2019instant rarement une variable d\u2019ajustement pour les agriculteurs ayant un acc\u00e8s plus ou moins illimit\u00e9 aux eaux souterraines <em>via<\/em> des puits, en particulier chez les grands agriculteurs. Ces derniers sont davantage contraints par le march\u00e9. En introduisant l\u2019imp\u00e9ratif de sobri\u00e9t\u00e9, les strat\u00e9gies agricoles vont se complexifier, en termes de diversit\u00e9 de cultures par exemple.<\/p>\n<p><strong>Des esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s mieux adapt\u00e9es pour diminuer les besoins en eau\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Pour faire face aux stress hydrique et thermique sur le long terme, certains agriculteurs m\u00e9diterran\u00e9ens se tournent vers des esp\u00e8ces et des vari\u00e9t\u00e9s plus adapt\u00e9es. Ils cherchent ainsi des plantes plus tol\u00e9rantes aux chaleurs et aux \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse, par exemple gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me racinaire profond, des cycles de cultures plus courts ou pr\u00e9coces, ou encore des capacit\u00e9s \u00e0 limiter la transpiration ou \u00e0 stocker l\u2019eau. Les agriculteurs et s\u00e9lectionneurs de semences peuvent ainsi introduire des esp\u00e8ces cultiv\u00e9es dans des climats arides telles que le sorgho ou r\u00e9introduire des esp\u00e8ces traditionnelles plus r\u00e9sistantes<sup><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/sup>, parfois tomb\u00e9es en d\u00e9su\u00e9tude. L\u2019am\u00e9lioration des plantes cultiv\u00e9es peut \u00e9galement \u00eatre une option pour transmettre un ou plusieurs caract\u00e8res d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 une nouvelle vari\u00e9t\u00e9. Cette s\u00e9lection existe depuis le d\u00e9but de la domestication des plantes il y a 10\u00a0000 ans et prend aujourd&rsquo;hui diverses formes (semences paysannes s\u00e9lectionn\u00e9es \u00e0 la ferme, semences s\u00e9lectionn\u00e9es par des entreprises semenci\u00e8res, Nouvelles techniques de s\u00e9lection (NBT), etc.). La Fondation FARM a consacr\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019articles et d\u2019interviews au secteur des semences en Afrique qui reviennent sur les leviers d\u2019am\u00e9lioration du patrimoine semencier du continent en donnant la parole \u00e0 <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/semences-afrique-securite-alimentaire\/\">Million Belay de l\u2019AFSA<\/a>, <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/semences-afrique-cooperation-semae-filieres\/\">SEMAE<\/a> et <a href=\"https:\/\/fondation-farm.org\/semences-afrique-acteurs-prives-filieres\/\">Justin Rakotoarisaona de l\u2019AFTSA<\/a>.<\/p>\n<p>Si l\u2019am\u00e9lioration et la s\u00e9lection vari\u00e9tale sont un levier int\u00e9ressant, \u00ab\u00a0<em>il est parfois difficile de trouver une vari\u00e9t\u00e9 \u00e9conome en eau et qui soit au niveau des rendements actuels<\/em>\u00a0\u00bb alerte Ali Hatimy. Le chercheur pr\u00e9cise que, dans le contexte marocain, en l\u2019absence d\u2019une gestion plus forte de la demande d\u2019eau et d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 dont le rendement est maximal, il est peu probable que les producteurs de tomates adoptent une vari\u00e9t\u00e9 dont la productivit\u00e9 sera inf\u00e9rieure de 15 %.<\/p>\n<p>Pour introduire et r\u00e9introduire de nouvelles esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s, il est indispensable de construire une r\u00e9flexion \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des fili\u00e8res et des march\u00e9s afin de permettre une valorisation de ces nouvelles productions et de garantir des rendements et des revenus aux producteurs. La p\u00e9rennisation de ces fili\u00e8res passe par l\u2019existence de circuits de distribution et de transformation. Il faut \u00e9galement s\u2019assurer de l\u2019\u00e9mergence d\u2019une demande pour ces produits, passant \u00e0 la fois par un int\u00e9r\u00eat nutritionnel et gustatif pour le produit et des prix raisonnables, selon la cible. Dans ce contexte, les soutiens publics, comme les subventions, peuvent s\u2019av\u00e9rer pertinents pour accompagner la fili\u00e8re. Des politiques alimentaires sont aussi n\u00e9cessaires pour assurer la promotion de ces produits. Comme le souligne Serge Zaka, agro-climatologue\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il faut faire \u00e9voluer en parall\u00e8le production et consommation. Si on ne change rien \u00e0 la consommation, personne ne va acheter ce qui sera produit par les agriculteurs. C\u2019est le r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat d\u2019investir et c\u2019est aussi le r\u00f4le des consommateurs de soutenir cette transition <\/em>\u00bb. S\u2019ajoute \u00e0 cela, le r\u00f4le des industries agroalimentaires dans la valorisation et la transformation de ces produits. Il est donc indispensable de corr\u00e9ler politiques agricoles et politiques alimentaires.<\/p>\n<p>Finalement, les trois experts en viennent \u00e0 la m\u00eame conclusion : l\u2019agriculture m\u00e9diterran\u00e9enne doit se transformer profond\u00e9ment face \u00e0 la rar\u00e9faction des ressources en eau et au stress thermique. Les strat\u00e9gies d\u2019adaptation doivent \u00e0 la fois encourager la sobri\u00e9t\u00e9 dans l\u2019usage de l\u2019eau et garantir la production agricole. Pour cela, il sera n\u00e9cessaire de mobiliser plusieurs leviers en fonction des contextes et de concilier des r\u00e9flexions sur le court et le long terme. En outre, d\u2019autres leviers d\u2019adaptation compl\u00e9mentaires existent en agriculture tels que la couverture v\u00e9g\u00e9tale des sols, la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale des cultures<sup><a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a><\/sup>\u00a0ou l\u2019agroforesterie. L\u2019adaptation de l\u2019agriculture n\u00e9cessite aujourd&rsquo;hui une mobilisation de l\u2019ensemble des acteurs, des agriculteurs aux consommateurs en passant par les pouvoirs publics, tout en s\u00e9lectionnant, hi\u00e9rarchisant et adaptant localement la palette des leviers existants. Cela passera par un large d\u00e9bat politique qui <em>\u00ab\u00a0doit permettre de mettre en lumi\u00e8re les diff\u00e9rents choix, de les discuter collectivement et de d\u00e9lib\u00e9rer sur les options \u00e0 mettre en \u0153uvre\u00a0\u00bb<\/em> conclut Pierre-Louis Mayaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cette notion peut \u00e9galement int\u00e9grer des eaux issues de la r\u00e9cup\u00e9ration des eaux de pluie, du brouillard, du transports d\u2019icebergs etc. (<a href=\"https:\/\/publications.cirad.fr\/une_notice.php?dk=605253%22%20\\l%20%22:~:text=Unconventional%20waters%3A%20A%20critical%20understanding%20of%20desalination%20and,2023.%20Water%20Alternatives%2C%2016%20%282%29%20%3A%20p.%20429-443.\">Williams et al. 2023<\/a>)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Hamdane. 2021. <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/349349475_Developpement_et_gestion_de_l'irrigation_en_Tunisie#pf6\"><em>D\u00e9veloppement et gestion de l\u2019irrigation en Tunisie<\/em><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Juanico. 2008. <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/292320772_Israel_as_a_Case_Study_-_Wastewater_Reclamation_and_Reuse_-_2008\"><em>Israel as a case study \u2013 Wasterwater Reclamation and Reuse<\/em><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Condom et al. 2012. <a href=\"http:\/\/85.31.222.100\/alexandrie-7\/dyn\/portal\/index.seam?page=alo&amp;aloId=5782\"><em>La r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es trait\u00e9es en M\u00e9diterran\u00e9e: retour d&rsquo;exp\u00e9riences et aide \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de projets<\/em><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> World Bank. 2016. <a href=\"https:\/\/www.worldbank.org\/en\/topic\/water\/publication\/high-and-dry-climate-change-water-and-the-economy\"><em>High and Dry: Climate Change, Water, and the Economy<\/em>.<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> De Waal et al. 2023. <a href=\"https:\/\/openknowledge.worldbank.org\/server\/api\/core\/bitstreams\/6d4cbe0d-4156-4a9f-ad2f-57f100f411c6\/content\"><em>The Economics of Water Scarcity in the MENA: Institutional Solutions<\/em><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> De Waal et al. 2023. <a href=\"https:\/\/openknowledge.worldbank.org\/server\/api\/core\/bitstreams\/6d4cbe0d-4156-4a9f-ad2f-57f100f411c6\/content\"><em>The Economics of Water Scarcity in the MENA: Institutional Solutions<\/em><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Carnejo et al. 2014. \u201c<a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/277676134_Carbon_footprint_of_water_reuse_and_desalination_A_review_of_greenhouse_gas_emissions_and_estimation_tools\/link\/5665c7c308ae192bbf9267f5\/download\">Carbon footprint of water reuse and desalination: review of emissions and tools<\/a>\u201d.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Eyl-Mazzega et Cassignol. 2022. \u201c<a href=\"https:\/\/www.ifri.org\/sites\/default\/files\/atoms\/files\/eyl-mazzega_cassignol_geopolitique_dessalement_eau_mer_2022.pdf\">G\u00e9opolitique du dessalement d\u2019eau de mer<\/a>\u201d. <em>\u00c9tude<\/em> <em>de l\u2019Ifri<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Bundschuh et al. 2021. \u201c<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S0011916421001065\">State-of-the-art of renewable energy sources used in water desalination<\/a>\u201d.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Jones et al. 2019. \u201c<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S0048969718349167\">The state of desalination and brine production: A global outlook<\/a>\u201d.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Pierre-Louis Mayaux d\u00e9finit ici la maladaptation comme \u00ab\u00a0toute mesure qui r\u00e9duit la capacit\u00e9 d\u2019adaptation d\u2019une collectivit\u00e9 dans le futur\u00a0\u00bb. Cette notion est <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/357508978_The_politics_of_defining_maladaptation_enduring_contestations_over_three_maladaptive_water_projects_in_France_Spain_and_South_Africa\">en d\u00e9bat<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Nechfate propose une analyse des <a href=\"https:\/\/nechfate.ma\/comment-leconomie-deau-a-asseche-le-maroc\/\">politiques d\u2019\u00e9conomie d\u2019eau au Maroc<\/a> dans le cadre du Plan Maroc vert.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> L\u2019efficience d\u2019irrigation (EI) est le rapport entre besoins de la plante et dose d\u2019irrigation. Plus EI est faible, plus les pertes d\u2019eau sont importantes. (<a href=\"https:\/\/alternatives-rurales.org\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/AltRur2GoutteAGouttePourImp.pdf\">Benouniche et al. 2014)<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> FAO. 2017. <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/3\/I7090EN\/i7090en.pdf\"><em>Does improved irrigation technology save water? <\/em><em>A review of the evidence<\/em><\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Gontard. 2020. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-sciences-eaux-et-territoires-2020-4-page-90.htm\">La recherche de l\u2019efficience maximum de l\u2019eau, un objectif \u00e0 ne pas d\u00e9connecter d\u2019une vision int\u00e9gr\u00e9e du syst\u00e8me de production<\/a>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Benouniche, Kuper et Hammani. 2014. \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/alternatives-rurales.org\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/AltRur2GoutteAGouttePourImp.pdf\">Mener le goutte-\u00e0-goutte \u00e0 l\u2019\u00e9conomie d\u2019eau : ambition r\u00e9aliste ou poursuite d\u2019une chim\u00e8re\u00a0?<\/a>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Molle et Tanouti. 2017.\u00a0\u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers18-07\/010072987.pdf\">La micro-irrigation et les ressources en eau au Maroc\u00a0: un co\u00fbteux malentendu<\/a>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Banque mondiale. 2022. <a href=\"https:\/\/openknowledge.worldbank.org\/server\/api\/core\/bitstreams\/0a549cdc-c5c8-53a0-a570-078800be7e02\/content\"><em>Rapport Climat et D\u00e9veloppement<\/em><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Bonjean, Monneveux et Zaharieva. 2019. <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/le-demeter--0011662115-page-311.htm\"><em>Les bl\u00e9s des oasis sahariennes\u00a0: des ressources g\u00e9n\u00e9tiques de premi\u00e8re importance pour affronter le changement climatique<\/em><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Thuillet et Vigouroux. 2021. <a href=\"https:\/\/www.encyclopedie-environnement.org\/vivant\/biodiversite-adaptation-des-cultures-face-changement-climatique-dans-pays-du-sud\/\"><em>Biodiversit\u00e9 et adaptation des cultures face au changement climatique dans les Pays du Sud<\/em><\/a>.<\/p>\n            <\/div>           \n        <\/div>\n        \n        \n    <\/div>\n        \n<\/section>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>In the face of drought, various adaptation solutions are being put forward. 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